‹ La Maladie HemolytiqueChapitre 14 sur 63 · L'anémie · texte numérisé non relu

L'anémie

L’anémie constitue le deuxième signe majeur, quoique également inconstant, de la maladie hémolvtique. Elle est en général assez légère et son association à l’ictère pourrait la faire aisément méconnaître. Elle lui donne cependant un caractère « d’ictère pâle » qui est assez frappant pour attirer l'attention, faire examiner attentivement les muqueuses et surtout cornpléter l'examen clinique par une numération globulaire. Parfois, au contraire, l’anémie est très marquée, faisant passer l’ictère au second pian. Quoi qu’il en soit, l’association de lictère et de l’anémie donne une impression assez particulière que l’on retrouve d’un malade à l’autre.

Ce que nous avons dit des fluctuations du degré de l'ictère chez un même malade ne peut qu'être répété au sujet de l’anémie. Ses oscillations commandent l'aspect évolutif de l’affection. Quand l’anémie est légère, elle ne gêne en rien l’existence des malades. A un degré de plus, et bien souvent par périodes, elle se manifeste par une fatigue générale, des palpitations,

de la dyspnée au moindre effort. Enfin, sous l’influence de causes parfois minimes ou même sans cause apparente, elle atteint d’une manière foudroyante la plus haute gravité dans ces crises aiguës de déglobulisation qui grèvent à elles seules le pronostic de la maladie. (Obs. VI, VID).

Lorsqu'il ne s’agit plus de crise aiguë, mais d’une destruction globulaire agissant de manière chronique et persistante, l’état du malade à pu simuler celui d’une anémie pernicieuse. (Obs. T).

L'on ne saurait trop insister sur ce que l’anémie et l’ictère ne présentent aucun parallélisme au cours de l’évolution de la maladie. Il semble en effet que si tous deux ressortissent bien à la même cause, l’hémolyse, ils dépendent quant au degré de leur manifestation du bon fonctionnement du foie, de la moelle osseuse et du rein.

III, —— Les troubles cardiaques

Ils font partie d’une manière presque constante du tableau clinique, quand celui-ci comporte de l’anémie.

Les malades se plaignent de dyspnée, d’effort, de palpitations, de tachycardie qui les gênent au moment des poussées ou même au moment des bonnes périodes.

Un souffle cardiaque est de constatation banale en dehors même des formes avec anémie marquée. On l’entend à la pointe, parfois il est mieux perçu à la base. Il a tous les caractères d’un souffle anor-

ganique, superficiel, doux, sans propagation, et variant avec les positions du malade.

Ces caractères peuvent ne pas être aussi nets et nous verrons que les diagnostics erronés d’insuffisance mitrale rhumatismale et d’endocardite maligne sont fréquemment posés.

On sait les discussions qu’a soulevé l'interprétation des souffles anémiques.

Pour Potain et les classiques, il y aurait chez les anémiques un va et vient des bords pulmonaires rythmé par un cœur petit et expansif. C’est là une explication bien peu satisfaisante.

Actuellement on croît plutôt à des modifications de l’écoulement sanguin faisant vibrer les paroïs du muscle cardiaque. Il s’agirait donc de modifications purement liquidiennes, en rapport avec la déglobulisation et la diminution de la viscosité sanguine qui en résulte.

En effet, ces troubles s’atténuent à mesure que lanémie s’améliore et que le taux de la déglobulisation s’abaisse.

Par ailleurs, à un degré de plus, peuvent s’observer un assourdissement des bruits ; une bypotension de la minima ; une augmentation du volume du cœur correspondant à des modifications du tonus et à une insuffisance du muscle cardiaque (Obs. I) qui est attribuée par M. Laubry à un défaut de nutrition qualitative du cœur.

Les tonicardiaques semblent avoir dans ces cas une influence plus heureuse que les reglobulisants.

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Quel que soit leur degré, tous ces signes cardiaques disparaissent quand l’état du malade s'améliore ; c'est là leur caractère fondamental. Cependant, les autopsies pratiquées à la suite de crises d’anémie aiguë suivies d’une issue fatale ont montré une dégénérescence graisseuse du cœur avec dilatation du ventricule gauche. |

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