LES COCCIDIES HUMAINES
Les coccidies se rencontrent avec une énorme fréquence dans le règne animal. Pas un de nos animaux domestiques, de basse-cour, de laboratoire n'y est point sujet. Cette fréquence de la coccidiose est tout aussi grande chez la plupart des vertébrés, mollusques, annelés.
L'homme lui-même n'échappe 'point à l'atteinte des coccidies. Les observations, à ce sujet, se multiplient de jour en jour. Nous avons déjà vu que la coccidie du lapin était transmissible à l'homme chez lequel elle donne lieu à des accidents hépatiques généralement très graves. Les différentes autopsies qui ont pû être faites montraient, soit des canaux biliaires distendus et ulcérés par les coccidies, soit des foies hypertrophiés, présentant tant à leur surface que dans leur profondeur, des tumeurs de volume variable (volume variant entre celui d'une noisette et celui d'un œuf), remplies d'une substance puriforme renfermant un grand nombre de coccidies enkystées.
Rivolta et Grassi ont également constaté la présence de coccidies dans les selles d'enfants et d'adultes. Railliet et Lucet (i) ont vu une femme et son enfant, tous deux atteints de diarrhée chronique, émettre des coccidies mesurant i5 sur lo /i.
Une autre coccidie : VEimeria hominis Blanchard i8ç5, a été vue à Bordeaux, par Kunstler et Pitres (2) dans un épanchement pleural, chez un individu de vingt sept ans, employé des paquebots de la ligne de Bordeaux au Sénégal.
Le premier cas de coccidiose humaine qui ait été décrit est celui de Gubler qui observa ces parasites dans le foie d'un ouvrier carrier (3). Les deux derniers appartiennent l'un à Cornil (4), l'autre à Grunow (5).
(1) Railliet et Lucet. Compte rendu Société de biologie, Paris 1891.
(2) KCiNSTLER et Pitres. Psorospermie trouvée dans une tumeur pieurétique. Journal de micrographie 1884.
(3) Davaine. Traité des Entozoaires et maladies vermineuses, 2"= édition, page 268.
(4) Académie de Médecine Paris 25 Juillet 1899.
(5) Archiv. fiir Expérimentale Pathologie und Pharmacologie XLV,i-2.
Cornil a trouvé dans une tumeur de la plante du pied des corpuscules oviformes et capsulés qu'il rapporte aux coccidies.
Grunow a décrit le cas d'une femme atteinte de diarrhée périodique, et morte après plusieurs mois ; dans le contenu intestinal, à la surface de la muqueuse intestinale, et dans les villosités elles-mêmes, se trouvaient des ookystes que l'auteur attribue au coccidium bigeminum.
Enfin, on a décrit des ookystes dans de nombreuses tumeurs cutanées que l'on a réunies sous le nom de « Epithelioma contagiosuni ».
Il importe de soumettre toutes ces observations à une critique sévère, car les confusions ont été nombreuses et variées. Il suffit de rappeler ici les relations de maladie de Paget où l'on a cru pouvoir voir comme agent causal, des coccidies.