ISOLEMENT DES QUARTIERS EUROPÉENS DANS LES COLONIES
Nous avons déjà dit précédemment que les indigènes, surtout les enfants, constituaient des sources permanentes d'mfection pour les Européens qui commettaient l'imprudence de passer la soirée ou la nuit dans leur voisinage. C'est pourquoi celui qui sera chargé de fonder une station aux colonies, devra toujours établir cette station à un kilomètre de distance de toute agglomération d'indigènes. Comme les moustiques ont le vol assez peu soutenu, les Européens habitant cette station se trouveront ainsi sûrement à l'abri des piqûres des anophélès qui se tiennent aux environs des quartiers nègres, et qui se repaissent habituellement du sang des indigènes. La fréquentation des quartiers indigènes ne présente aucun danger pendant le jour, parcequ'alors les moustiques sommeillent et restent cachés. Longtemps déjà avant qu'y fut introduite la dispensation gratuite de la quinine, Batavia avait gagné en salubrité, grâce à la mesure qui avait été prise d'éloigner les indigènes du quartier européen.
De même, les personnes qui font des voyages de plusieurs jours de durée auront soin de ne jamais établir le soir, leur campement, à proximité d'agglomérations d'indigènes. A plus forte raison, éviteront-elles de loger dans les huttes de ces derniers, huttes qui sont généralement des repaires de moustiques.
C'est dans le même ordre d'idées qu'on doit conseiller aux marins de rentrer à bord aussitôt après le coucher du soleil ; quelque peu éloignés que les bâtiments soient de la rive, les dangers d'infection y sont toujours beaucoup moindres qu'à terre.