‹ La malaria [electronic resource]Chapitre 7 sur 32 · DURÉE DU CYCLE ET DE SES DIFFÉRENTS STADES · texte numérisé non relu

DURÉE DU CYCLE ET DE SES DIFFÉRENTS STADES

Pour fixer la durée totale de l'évolution du coccidium Schubergi, et la durée de chaque stade en particulier, Schaudinn a en recours à l'infection artificielle de lithobius.

Quand on désire répéter pareille expérience, il importe d'abord, de rechercher des lithobius vierges de toute infection coccidienne quelle qu'elle soit. Les mille pattes seront immédiatement après leur capture, isolés chacun dans une plaque de Pétri dont le fond aura préalablement été couvert d'une feuille de papier filtre mouillé. Les excréments de l'animal seront examinés chaque jour au microscope ; et, si durant huit jours, on n'y découvre ni ookyste ni sporoblaste, on pourra considérer le lithobius comme non infecté. Il importe d'autre part, de rechercher des Hthobius infectés uniquement par le coccidium Schubergi. Nous verrons plus tard que deux autres coccidies habitent fréquemment le tube digestif du mille pattes; nous étudierons alors les caractères distinctifs propres à chacun.

On recueillera les excréments du lithobius infecté. Ceux-ci se conservent longtemps, sans que la vitalité des ookystes y contenus s'en trouve altérée. De cette façon, il sera aisé de procéder à n'importe quelle époque de l'année, à des infections expérimentales ; on pourra également tuer l'animal infecté et conserver le contenu intestinal.

Pour infecter un lithobius reconnu vierge de toute infection, il suffira de prélever un peu de ces excréments ou de ce contenu intestinal, de le mélanger à un morceau de verre à farine, et de le présenter au lithobius qu'on aura eu soin d'affamer préalablement.

Schaudinn a fixé comme suit la durée du cycle complet et de ses différents stades :

Après avoir noté le moment du premier repas de l'animal, il observa qu'une à deux heures après la pénétration des sporocystes dans le tube digestif, les sporozoïtes avaient déjà recouvré leur Hberté, et pénétraient dans les cellules épithéhales de l'intestin. Vingt quatre heures après, il voyait des schizontes, et déjà quelques rares mérozoïtes. Ceux-ci apparaissaient particulièrement nombreux, soit libres, soit hébergés dans les cellules épidiéliales, deux jours plus tai'd, et ne faisaient qu'augmenter avec le nombre de schizogonies jusqu'au cinquième jour de l'infection. C'est alors seulement qu'il vit apparaître les premières macrogamètes. Au 6"^ jour de l'infection, quelques rares macrogamètes sont arrivées à mâturité, tandis que les microgamétocytes sont déjà en voie de division nucléaire. A côté de quelques rares copulas, quelques microgamètes libres. Au 7^ jour, il n'existe plus que quelques rares stades de schizogonie. La plupart des macrogamètes sont fécondées ; déjà même quelques ookystes sont formés ; presque tous les macrogamètes sont libres.

C'est entre le 7e et le 8*2 jour que les ookystes apparaissent dans les excréments. Si l'on prend soin de débarrasser chaque jour la boîte de Pétri des excréments de l'animal, on peut arriver à arrêter l'infection, et à déterminer une guérison qui sera complète au bout de quinze à vingt jours.

Les copulas restent un jour sans présenter de modifications ; si on les place dans une chambre humide maintenue à une température de 180, on pourra constater au bout de quatre heures la formation de sporoblastes, et au bout de dix heures, celle des sporocystes.

Chap. il — QUELQUES AUTRES COCCIDIES.

§ I. LES COCCIDIES DU LITHOBIUS.

Le lithobius est assez rarement atteint d'infection unique par la coccidie de Schuberg. Deux autres espèces de coccidies sont fréquentes chez lui :

1° L' Adelea ovata Schneider i8y3 ; 2° Le coccidium Lacazei Lahhé i8ç5.

Un même lithobius peut être infecté simultanément par deux de ces coccidies, ou même par toutes les trois. Les mille pattes qui vivent en nombreuse société sont souvent les plus infectés. Ceux, au contraire, qui vivent à l'état isolé, ou par petites colonies, le sont moins généralement.

Les différentes coccidies du lithobius se reconnaissent facilement aux caractères suivants :

Les sporozoïtes de C. Lacazei sont deux fois plus grands que ceux de C. Schubergi. Il en est de même pour ceux d'Adelea ovata ; en plus, ceux-ci se distinguent des autres par leur forme en haricot.

Les schizontes d'Adelea ovata et de C. Lacazei sont toujours ovalaires, tandis que celles de C. Schubergi sont toujours sphériques.

Chez Adelea ovata, la schizonte, aussi bien que les mérozoïtes qui en résultent, montrent une différenciation sexuelle : schizontes comme mérozoïtes sont dimorphes.

(fig. i5)

■ Les microgamétocytes de

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