‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 33 sur 109 · RL · texte numérisé non relu

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‘Ces pas absolument empêché, Je veux me donner le bonheur de te revoir ; : à lu mari ;

rer l'inno Nous di

t de Ja co

‘aussi un service à te demander,

Ton vieux camarade,

# Comte de Bussiires. ”

— Le v:

Le signataire de cette lettre et lillustre avocat Dumoulin, dont le nom est | glorieusement attaché à tout ce qui regarde la jurisprudence du droit francis, étaient deux anciens camarades de collége,

Suivant dans la vie chacun un chemin différent ils avaient été forcément Ë

ioment de Pas P Valentine,

tion de lo quelle solli [n'aime n iplusen lu inau vais, il

séparés, et souvent pendant des années, mais sans S'oublic r, et ils se revoyuient

toujours avec ete satisfaction, cette joie, qui rappelle les souvenirs pleins de

charme de l'âge heureux.

A onze heures et demie, l'avocat entrait dans l'hôtel du comte de Bussitres, mme Bellechasse, Celuiei l'attendait, Le couvert était mis. Les deux amis se jetérent dans les bras l'un de l'autre et S'embrassèrent avec effusion, Puis, s%

fois, je vol Auprès de

grand hoin,

tant éloignés un peu, ils se regardérent, Vraiment, mon cher Nestor, dit le conte, tu ne vieillis pis : je te retrouve

ter, Quel é Jetet

Le couite

tel que je t'ai laissé il y à quatre ans, —Jl me semble, mon cher Adoiphe, que, sous ce rapport, tu n'as pas le droit

de te plaindre non plus: je te trouve une tigure magnitique, — Le plaisir de te voir, sans doute ; ne cherche pas à me flatter, c'est inutile...

— Mais q

traine sa VI Pourqu

— Eh, il :

connaitre au caulantes et

Va, je ne me fais pas illusion, bien que je n'aie que soixante cinq ans, trois ans moins que toi, Nestor, je suis loin d'avoir ta force et ta vaillance, J'ai vieilli vite,

— Aussi, pourquoi, au lieu de vivre tranquillement à Paris ou dans un de

TN

tes châteaux, passestu ta vie à courir à travers tous les mondes ? Le front du comte se rembrunit subitement.

{ — Tu me fais cette question et pourtant tu connais une partie de mes secrets! | — C'est vrai, mon ami, pardonne-moi, Tu cherches l'oubli... | |

‘hines ou ç

prétexte pou inpudiques,

Le jeu, les le Bussivres fortune et d

— Oui, je l'ai cherché partout ; mais j'ai vainement promené mes sombres souvenirs et mes douleurs d'un pôle à l'autre, je ne l'ai pas trouvé. de reviens brisé, mécontent de tout, et peut-être plus malheureux encore : vatta fois, e'oct fini... souffrir ici ou ailleurs c'est toujours la méme chose, je ne voyage plus. Je veux mourir en regardant le ciel de mon pays.

Lileureuseme:

reux est bie qu une chose

11 — As-tu des nouvelles de Mme la comtesse de Bussitres ? Vs Oui las c'en € i ; Le comte e $ — Bonnes ? Des À en juger

-je donc déjà

ugée, retnpli

consultes de

lans les mors depuis hier, ne, St tu neh : revoir jui

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it le nom est roit français,

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unis, trois ans », J'ai vieilli

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mes sombres é, Je reviens tte fois, c'est

voyage plus.

Elle ne se plaint Jamais,

Elle vit toujour dans sn terre du Nivernais ? — Où elle est respectée, aimée, Vénérte,,,

Depuis le jour où nous avons été fatalement séparés par l'événement que ut onnais, elle n'a pas quitté le vieux château où elle est née ; son renoncement ui monde à été compiet, Et cette solitude qu'elle à voulue est lu méme depuis bientôt quarante ans, Ah ! la comtesse est une femme bien étrange !.., L Elle à tenu à expier courageusement sn faute

Sa faute! murmura le comte, Je v venu à douter que Valentine ait été 1 trappe d'épouvante !

L'avocat garda le silence, faire allusion, il avait

ais te faire une confidence,

J'en suis ‘éellemment coupable, et

ce doute ne

Connuissant les faits auxquels le comte venait de toujours eu la pensée que les époux étaient l'un et autre Victimes d'une erreur, Malheureusement, iln'avait été que le confident lu mari ; il ne connaissait aucune des circonstances qui auraient pu lui démon: rer l'innocence de ]:4 comtesse,

Nous dirons plus tard à la suite ‘je « t de la comtesse de Bussières avait été

— Le vicomte voit.il quelquefois su n oment de silence,

quelle Catastrophe le bonheur du comte à jamais détruit,

ère? demanda M. Dumoulin après un

Pas plus qu'il ne voit son père, Frappé si cruellement dans mon amour pour Valentine, je n'ai pu méme trouver une Compensation, un refuge dans l'affoction de mon fils, Et tourtant Dieu sait si je l'ai aimé, Aves quelle tendresse et quelle sollicitude J'ai veillé sur son enfance, Tu sais comme il m'a récompensé, [n'aime ni son père, ni sa mére : il ne S'aime peut-être pas lui-même plus en Jui aucur bon sentiment, Esclave de ses passions, de ses nauvais, il est cavable de leur tout Sacrifier, | fois, je voulais lavoir tout à moi; j'ai cru bien faire, je me suis trompé... Auprès de l'enfant, rien ne remplace une mère. J'ai une immense fortune, un sand nom, et je dois le W'ansmettre à un homme que je juge indigne de le por- D 01. Quel écrasement pour mon orgueil !

Je te trouve bien sévère pour ton fils,

Le comte sourit améerement,

— Mais que fait:il, dis, que fait-il? Rien, Ni, viveur éhonté et sans frein, il traine sa Vie ennivée, inutile, fatale, dans toutes les fanges,

Pourquoi ne l'as-tu pas marié ?

— Eh, il ne l'apas voulu !...I connaître aucun, Cela vaut mieux slantes et de fréquenter | ‘hines ou

[n'y instincts du le séparant de sa inère, autre-

2 Mariage impose des devoirs et il n'en veut , Pour lui, de courir les boudoirs des femmes es coulisses de certains théâtres où l'on joue des magrotesques où ridicules et toujours malsaines, qui ne sont qu'un prétexte pour exliber les beautés plus où moins réelles d'un troupeau de filles inpudiques,

Le jeu, les SOUPE fins, les fe

lunes, Voila ce qui occupe et intéresse le vicomte de Bussières

Hétri, vieux avant l'âge, tel est l'héritier de ma Qten fera til? Jo n'ose iarréter à cette pensée, Heureusement, le: aieux sont morts! . Va,iln'ya plus d'espoir, le malheu- 'eux est bien pedu... Et pour la société, pour lui, pour l'honneur, je n'ai qu'une chose à désrer : c'est qu'il ne vive Pas trop longtemps ! Mais c'en est asez sur ce sujet douloureux, viens, le déjeuné est servi, Le comte et l'acat passèrent dans la salle à manger, À en juger par à haute Stature et 1

Avli, Méprisé, fortune et de mn non.

à coupe régulière de son visage, le comte

LA MALÉDICTION D'UN PÈRE RS EE ee Ve

de Bussiéres avait dû être un fort bel homme. Malgré les chagrins qui étaient Î

venus l’assaillir et dont ses traits portaient l'empreinte ineffaçable, sa physiono. ÎR R mie conservait un grand air de noblesse, d'extrême distinction. Ce qu'au premier D

abord on aurait pu prendre pour de la fierté, de la morgue, n'était qu'une trés. À

grande dignité : son sourire et son regard avaient un cachet tout particulier à da de bienveillance et de bonté, La façon gracieuse, courtoise, seulement, dont il

tenait sa main révélait le gentilhomme de race, rappelait l'élégance des cour:

royules et certains grands seiyneurs dont on retrouve les noms dans l’histoire

Le déjeuner fini, le comte emmena son ami dans son cabinet, et la, ayant 1 ne allumé chacun un cigare de la Havane, ils s'assirent en face l'un de l’autre. ; vel — Dans ma lettre, dit M. de Bussières, je te parle d'un service que j'ai à te AR demander. ten -— Comine toujours, je suis à tes ordres. De quoi S'agit-il ? ma — Il s'agit d’un homme qui à été condamné à perpétuité pour erime d'as Fr: sassinat. l Ma L'avocat resarda le comte avec étonnement, : colc — Et tu veux ? interrompit:il. An —- Je veux...je voudrais trouver la possibilité de demander et d'obtenir «1 [ grâce. lieu — Voilà qui est fort dificile, dit le jurisconsulte. Si le condamré dont il B est. s'agit es. vraiment digne d'intérêt, si sa conduite actuelle est irréprochable, s'il le r se repent, il peut obtenir une réduction de sa peine, mais non la remise enticre. Cay — Mais s'il est irinocent ! Crois-tu qu'il n°y en à pas an bagne ? don — Il y à assez d'exemples qui l'ont prouvé: cela prit exister, malheureuse. B nie 4 ment ; mais depuis que nous avons les cours d'assises, le jury, ces sortes d'er. BR Sinn reurs judiciaires deviennent extrêmement rares. Mais si le condamné dont tu & J me parles est victime d’une de ces déplorables erreurs, on peut réclamer Ja ré: R me « vision du procès, ce — Ce malheureux à été condamné en présence de preuves ‘ndiscutables de Bi de & culpabilité, il n’a cherché à détruire aucune de ces preuves : il s'est borné à È cond

protester cle son innocence, ce qui n'était pas suffisant aux yeux de ses juges À sa he — Un système pour ne rien avouer. Là Gi — Peut-être. La vérité est, —il le dit lui-même, —que pou: un motif qu'il à À

ns à < : l votre refusé de faire connaître et qu’il cache encore, il est resté muet à toutes le | s'inté interrogations. k A] — Depuis combien de temps est-il au bagne ? & ( — Depuis environ dix-huit ans ; il est actuellement dans aotre colonie pé- ditil 1 n Ve] oi À pe à .

nitentiaire de la RARE Main — Il se nomme! vouen — Jean Renaud. pe : = £ È = reste — Jean Renaud ! Il me semble que je me souviens de @ nom-là, N'ati pant « pas été condamné par les assises de la Haute-Saône ? secour

— C'est cela même, quelle admirable mémoire tu possèdes! ceur d

— Mon état exixe que je connaisse à peu près tous les procès qui ont unek «LU certaine importance, et je ne dédaigne pas les affaires crininelles. Celle def Jean Renaud, précisément, n'a frappé par son côté mystérierx, colonie

— Ne pourraistu pas me préparer sur l'affaire Jean Reraud un mémoire le hide que je soumettrais au ministre de la justice, dont, comme tu lesais, je suis l'ami “ E]

— Sans doute ; pour cela, il faut que j'aille dans la Hauti-Saône, à. VesoulË afin d'examiner toutes les pièces du proces,

— Eh bien ?

tout à

d’elles, ouvran se sent

grins qui étaient ble, sa physiono.

Ce qu'au premie était qu'une trestout particulier ulement, dont il fannce des cours s dans l’histoire et, et là, ayant un de l’autre,

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Saône, à. Vesoul,

— Tu tiens be:

Renaud ?

— Oui.

— En ce

Coup à faire une tentative en faveur du condamné Jean

as, je terminerai demain et dans trois jours Je serai à Vesoul.

— Merci, dit le comte, en tendant | — Je te conseille, toutefois, de ne — Nous verrons. Je vais te dire, ment intéressé

après-demain ma besogne pressée, et,

à Main au célèbre avocat.

Pas trop espérer, Mäalntenant, comment à ce malheureux Jean Renaud, venue de demander sa grâce, Avant de revenir en France tenu à visiter jes Guyanes Mmarquable, s: ce n'est la

je me suis si vive- Conséquence de l'idée qui m'est

» J'ai parcouru en dernier lieu | , Notr “olonie Particulièrement. 1

nierv use fécondité du sol, France de tirer un immense profit

Mais, comme J

e Brésil et j'ai tien de bien requi permettrait à Ja de cette colonie américaine si elle le voulait. ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater, le colonisation nous manque, Quelle différence, sous ce l'apport, entre nous et les Anglais ! Conine ils nous sont supérieurs !

La Guyane francaise à une Superficie d'environ soixante-dix à quatre-vingts lieues carrées : eh bien, c'est à peine si on trouverait, dans toute la colonie qui est de trente-cinq mille habitants, quatre mille blancs y compris les déportés : le reste de la population ce compose de nègres et de quelque Cayenne, sa capitale où plutôt son ch f-lie dont la population n'excède nie est arrosée par Sinnamary

Je fus très-cordialement reçu par le directeur de ] me donna très-complaisanmment tous les renseignements que Je lui demandai.

“ Monsieur, lui dis-je, je vais rentrer en France, j'ai l'honneur d'être l'ami de Son Excellence le ministre de la justice ; Si VOUS aviez parmi ces malheureux. condamnés quelqu'un qui en fût digne, je serais heureux de le recommander à S& haute bienveillance, ”

“Je n’empresse de profiter de votre généreuse protec s'intéresse à lui, ”

Alors il me parla de Jean Renaud.

“ Cet homme.n'a J'amais encouru une dit-il : jamais une plainte n’est sortie de Maintes fois il à donné à ses CoMpagnons d'infortune des preuves d'un rare dé- YOuement, Pendant une épidémie qui, l'année dernière, à afigé la colonie, il est. resté quinze jours et quinze nuits sans prendre un instant de repos, ne s’occupant que des malheureux frappés par la maladie : on le vit à leur chevet, les Secourant, les consolant, leur donner les soins avec une patience e ceur dignes d’une vraie sœur de charité,

“ Un jour, plusieurs dames se promenaien® au bord tout à coup, un mon

génie de la

S tribus indiennes.

u, est une petite ville sans importance, pas celle d’un de nos gros villages francais. La colo: plusieurs rivières et quatre beaux fleuves, entre autres le

& colonie pénitentiaire, qui

votre offre, me répondit-il, e

tje vous demande tion peur un candamné qui mérite

certainement qu'on.

Punition, pas même un reproche, me sa bouche, sa résighation est admirable.

une doudu Sinnamary, lorsque, iStrüeux crocodile, — ces amphibies sont communs dans la colonie, — sortit des roseaux et s'élançca vers Les Promeneuses parmi lesquelles le hideux lézard voulait choisir une proie.

“ Elles poussèrent de grands cris d'épouvante, et prirent la fuite, L'une d'elles, une toute Jeune femme, fit un faux Pas et tomba, Le monstre a anÇa, ouvrant sa gueule énorme, La pau\re femme terrifiée, incapable de se relever, se sentit perdue, Elle semblait destinée à un horrible festin, Mais les cris

poussés par les femmes affolées furent entendus de Jean Renaud qui, heureusement, était à peu de distance. Il accourut armé seulement d’un pieu de fer avec lequel il venait de remuer des blocs de rocher. Il se jeta entre la jeune femme et le reptile sur la tête duquel il asséna d’abord un coup formidable, Le monstre recula, mais pour preilre son élan et bondir sur son terrible ennemi. Alors, avec un sang-froid, une présence d'esprit et une audace extraordinaires Jean Renaud enfonça son pieu dans la gorge de l'animal, qui battit la terre de su queue en vomissant des flots de sang.

“ La lutte continua encore pendant quelques minutes ; mais la victoire resta à Jean Renaud. Le crocodile fut forcé de battre en retraite et de chercher un refuge dans le roseau où on le trouva mort quelques jours après.”

Tel fut, en substance, le récit que me tit le directeur, continua le comte de Bussières. Je manifestai le désir de voir le condamné, On le fit venir.

Autant que ce qu'on n'avait dit de lui, un visage honnête, sympathique, un regard franc, loyal, me prévinrent en sa faveur.

Je l’interrograi sur le crime auquel il devait sa condamnation.

‘“ C’est le crime d'un autre, me répondit-il : mais toutes les charges étaient contre moi; je ne voulus rien dire, je ne pouvais pas parler... le jury nra reconnu coupable et je suis ici.”

‘ Est-ce que vous connaissez le vrai coupable? lui demandai-je ”

‘ Oui; mais excusez-moi, monsieur, car, sur ce sujet, je ne peux pas plus vous répondre qu'aux juges. ”

Alors, je lui parlai de son pays, des parents, des amis qu'il pouvait y avoir laissés.

[ pleura, et je C'assure, mon cher Nestor, que ce n'étaient point de fausses larmes.

‘ Des amis, me dit-il amèrement, quand un homine à été condamné seulement à de la prison, il n'en a plus, à plus forte raison un forçat, Mas j'ai une femme... ah? je donnerais avec bonheur les quelques tristes années que j'ai encore à vivre pour savoir seulement si elle se porte bien.”

Je ne lui fis aucune promesse ; mais je me jurai à moi-même que, aussitôt revenu à Paris, je mettrais tout en œuvre afin d'obtenirsa grâce. Les certificats qui m'ont été remis aplaniront, je l'espère, les principales difficultés.

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