‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 42 sur 109 · XIV—LA BONNE ÉTOILE · texte numérisé non relu

XIV—LA BONNE ÉTOILE

Pour faire plaisir à son hôte, dont il était déjà devenu l'ami, Edmond se mit à table et mangea un peu. Il prit ensuite possession de sa chambre, Il ne la

Rare LE er

recon nirs c I] ; l'aube nu Ja genou n'aurs Un Son nuit !

}'—1T nétrab Si Ma :

ant !,, m'a jet sourire, je dois Mais la lumi Soud Il ent rayons Ador regarda:

suave m # Die Tout Ce n’« de chose Il n'a de l’espé sérieusen pour tou tant dan Le len:

seulemen SA route, revenait

Il suiv.

rent avec inconnus,

[ avriv l'éolise, L et des enf

ES C'est

Alors il à la esse,

Il entra Spectacle grandeur « de prier, et

1, vous devez le

ppeler, n'était

e du canton de ssais pas encore

ncontré sans le és de la même rge des épaules,

ux mouillés de royait saisir un déception. En bles ditfcultés, et si, comme su

fatalité avant

nsieur Bertaux.

belle et qu'elle

enseignements.

inutile, vous ne allait ?

où elle demeu- Jartie la nuit et inet prendre à

é qu'elle avait

Ile m'a prié de

rtaux : demain

Edmond se mit ambre, Il ne la

LA MALÉDICTION D'UN PiRE

reconnut point ; mais son imagi nirs chers à SON cœur,

Il y revit su niv, pâle, maisr. et triste, l'aubergiste venait de la lui dépeincirs, et nu la voir et qui, ilsele l'appelait ni zenoux et longue, n'autait-il pas donn:

Un sourire amer

nation n'eut Pts de peine à Ju peupler de souve.

tuais belle, trés-be!le, te aussi l'homme inconnu UN encore inaintenant, | CMOIUSSE, Qui dvait il, Lu pensée lui vint que Crispu ses lèvres, Son père? Allait-il avec cette idée nouvelle se nuit |

Ile que qui étuit veavait tenu sur ses cet homme? Pour Je Savoir que ce pouvait Ôtre son pere

plonger plus avant dans sa

: —Tout autour de moi, se disait-il, c’est l'ombre et le mystère, un voile ipénétrable qui dérobettout à mes yeux. Sj je regarde en arrière, je vois la nuit ; si ma vue se porte en avant, c’est encore les ténèbres épaisses ; Partout le né. ant... Que suis je? Rien. Et je ne puis rien être Snfant perdu, le hasard n'a jeté duns la vie Comme une raillerie à l'humanité! Mon enfance à été sans sourire, ma jeunesse est sans joie, sans plaisir, et c'est ainsi que je 4 je dois vivre.

Mais qui done me montrer la lumière ! s'écrin. til

‘leillivai, si

à la route qu'il faut suivre avec une énergie farouche, Soudain, ses traits S'animèrent, son regard s'illumina,

[l crut voir passer devant lui une forme Vaporeuse et légère rayons éblouissants,

Adorable vision ! Une bouche gracieuse lui souriait, regardaient avec une douceur infinie. Et il entendit Ssuave Murmurer à son oreille :

“ Dieu, dans sa bonté, ne vous abandonnera pas,”

Tout bas il prononça le nom de Blanche,

Ce n'était qu'un mirage des yeux une illusion de l'esprit ; mais il faut si peu de chose, Souvent, pour réconforter une âme défaillante.

[ n'avait fait qu'entrevoir cette Jeune fille qui lui apparaissait comme la fée de l'espérance, et déjà son image était gravée dans son cœur

sérieusement Sa pensée, Quelque chose lui disait qu'ils pour toujours, qu’il la reverrait et qu'elle était appelée tant dans son existence.

Le lendemain, vers onze he seulement de voir e

, Qui done me donriera

entourée de

‘eux jolis veux bleus le une voix mélodieuse et

et elle occupait n'étaient pas séparés à jouer un rôle impor-

ures, il arrivait à Frémicourt avec l'intent 6 village où sa mère avait dû s'arrêter avant SL route, par cette nuit épouvantable de vent e l'évenait sans cesse,

Il suivit la rue qui lui parut la plus belle : rent avec cette « inconnus,

ion de continuer t de neige dont le souvenir lui

deux ou trois personnes le saluèuriosité de gens qui n'ont pas l'habitude de voir des visages Il arriva sur une petite place ombragée de tilleuils en fleurs, I] était devant l'église. La voix sonore de l'orgue, à laquelle se mêlaient celles des chantres et des enfants de chœurs, frappa son oreille, — C'est aujourd'hui dimanche, pensa-t-il, Alors il e

Je l'avais oublié, omprit pourquoi le village lui av à la messe,

ait paru presque désert On était

Spectacle imposant dans sn touchante simplicité, m grandeur et la toute-puissance de Dieu. Ils ue prier, et il se mit à genoux sur un banc,

[l entra dans l'église, Il vit le prêtre à l’autel, les têtes inclinées des fidèles, ais qui lui rappelait la entit.que, lui aussi, avait besoin Recueilli, le front courbé, il pria

déni sonia à à

1930 LA MALÉDICTION D'UN PÈRE avec ferveur, Il pensa à sa mère, à sa famille inconnue, à son passé, à soi avenir incertain,

Une voix mystérieuse, cette même voix douce et charmante qu'il avait er tendue à Gray, dans la salle d'auberge, lui criait encore :

“ Prends courage et espère !”

— Oh! oui, murmura-til en se levant, oui, je veux croire et espérer,

— Celui qui ne croit pas n'espère jamais, dit gravement une voix derrière lui

Il se retourna et se trouva en face d'un vieillard ayant de longs cheveu: blancs et une longue barbe grise, qui tenait à la main un énorme bouquet d: chèvrefeuille et de jasmin,

— Il est bon de prier quelquefois, n'est-ce pas, monsieur ? dit le vieillard,

— Quand la prière console, répondit le jeune homme, :

Le prêtre, tourné vers l'assistance, chantait % /re muissa est."

Le vieillard et le jeune homme sortirent ensemble de 1 église,

Us échangèrent un salut, et Edmond s'éloigna de quelques pas pour voii sortir le monde,

Tout à coup, il poussa un cri de surprise et de joie ; il lui semblu que tout resplendissait autour de lui. ;[1 venait de voir apparaître à la porte de l'église une radieuse figure de jeune fille, C'était elle, Blanche, sa fée de l'espérance ! Oh! cette fois, ce n'était plus une vision, mais la réalité, la réalité charmant qui se présentait à ses yeux émerveillés !

— Mon Dieu, comme elle est belle ! murmura:t-il,

Et il restait immobile, le regard brillant fixé sur la jeune fille, C'était un contemplation délicieuse, dont il savourait le charme, dont son cœur palpitant s'enivrait,

Blanche s’avançuit lentement, répondant par des mouvements de tête gra cieux aux saluts et aux sourires qu'on lui adressait, Elle tenait son livre de messe dans sa main gantée, Elle paraissait rêveuse et préoccupée ; mais l'an sérieux de son ravissant visage était un charme de plus, qui augmentait enco: son incomparable beauté,

Une des servantes du Seuillon l’'accompagnait,

— Mademoiselle, dit celle-ci, votre parrain a envoyé la voiture pour nous rainener,

En effet, une voiture attendait à quelques pas, son conducteur, un garçon de ferme, tenait le cheval par la bride,

La jeune fille marcha vers la voiture.

Edmond sortit alors de son immobilité et s'élança pour se trouver sur son passage.

À ce moment, Blanche s'arrètait pour prendre le bouquet que lui présentait Mardoche. Un adorable sourire s'épanouit sur ses lèvres,

— Merci, mon bon Mardoche, dit-elle ; vous ne vous lassez pas : presque chaque jour un nouveau bouquet,

— Vous aimez les fleurs, répondit le vieillard avec émotion, et c'est tout ce qu'un pauvre homme comme moi peut vous offrir,

— Est-ce que vous ne viendrez pas au Sieullon aujourd'hui ?

— J'irai certainement, mademoiselle ; mais je suis venu jusqu'ici pour me donner la joie de vous voir sortir de l’église,

— Eh bien, à tout à l'heure, Mardoche, Séraphine mettra votre couvert.

Elle releva la tête et aperçut Edmond, qui l’enveloppait de son regard de feu. Elle éprouva un saisissement extraordinaire et un rouge vif colora subitement ses joues,

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Blanc d'Edmon Le jeu lourdeme Rappe vant Ma Le vie:

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LA MALÉDICTION D'UN PÈRE Le jeune homme vint à elle, Mardoche recula de surprise, :

— Mademoiselle, dit Edmond d'une voix mal assurée, je n'espérais pas avoie le bonheur de vous revoir si tôt : c'est ia bonne étoile qui m'a conduit ici Fe — Vous croyez donc, Maintenant, qu'il y a pour vous une bonne étoile ré pliqua la jeune tille, dont le cœur battait à se briser. P,. Ms4 — Oui, répondit.il, et c'est Vous qui me l'avez fait voir étincelante au-dessws de ma tête dans un beau ciel que je n'osuis regarder, Ah! comme un Lbramc bienfaisant, vos douces paroles sont entrées dans mon cœur pour ÿ mettre! +#pérance ! Vous souvenez vous de ce que vous m'avez dit, mademoiselle ? mr — Oui, et je vous le répéte : Dieu ne vous abondonnera ; pas ! Au revoir monsieur, — Au revoir ! cest encore une bonne parole :

[ s'inclina profondément. La jeune fille se dirigea Précipitamment vers la voiture duns laquelle” efle s'empressa de prendre place à côté de là servante. Le conducteur gr'unpa les tement sur son siége, saisit les rénes; ét la mcèhe de son fouet piqua le (lame du cheval, qui partit au galop.

oui, au revoir, à bientôt

£ Blanche n'eût que le temps de se retourner ; d'Edmond, qui était resté immobile Le jeune homme se perdait lourdement sur son épaule,

Rappelé brusquement à lui-même, } vant Mardoche,

Le vieillard semblait le dévorer des yeux,

— Eloignons-nous un peu, dit Mardoche :

je ne veux pas qu'on m'entende,

Quoique très intrigué, le jeune honime iicune observation.

Quand ils furent assez loin des personnes qui Causaient sur la place, A{xrdoche s'arrêta. Edmond l'interrogea du regard,

-— Jeune homme, dit le vieillard, vous parliez tout à l'heure de votre Lonneétoile qui vous a conduit ici; estce bien votre bonne étoile? Je crois plu ti &, moi, que c'est votre mauvaise étoile,

— (Que voulez-vous dire ? S'écria I

— Qu'il faut vous empresser de

— Je ne vous comprends pas,

— Si je vous dis cela, croyez-le, c'est d

Je n'ai aucune raison d'en douter, cation serait nécessaire.

— Voulez-vous me répondre franchement ?

— Je le veux, n'ayant rien à cacher.

— Vous connaissez la demoiselle ?

— À qui j'ai parlé tout à l'heure ? certainement, point permis de lui adresser la parole,

— Depuis longtemps ?

— Depuis trois jours. Jeudi dernier nous nous sommes rencontrés à Grau, Mardoche parut éprouver une vive contrariété, — Savez-vous son nom ? reprit-il, — Oui, Blanche, —— Blanche est son nom de bapt’me ; l'autre ?

son regard se croisa avec celmx à la même place, dans un rève, lorsqu'il sentit une main apPpu ser

dmond fit an demi-tour et se trouva de.

j'ai quelque chose à vous dre, eë

le suivit sans hcsiter et sans faire

idmond surpris et inquiet, quitter ce pays-ci pour n'y revenir jamais.

ans votre intérêt, [line semble, toutefois, qu'une exp li

sans ’cela je ne me Prxis

me emma

TR ————————— 1 paysa if — Je l’ignore encore. N alimp ‘E nu vais vous l’apprendre, Blanche, qu'on appelle aussi la demoiselle du fi Blu { Seuillon, est la fille unique de M. Jacques Mellier, le plus riche propriétaire | et son fe du canton, peut-être de l'arrondissement. Votre regard, l'expression de votre | çu Rot fe physionomie m'ont fait découvrir un secret que vous croyez bien caché: vous À —J( ho aimez Mile Blanche... D voyé cl if. Le jeune homme ne put cacher son trouble. D nous p | : Mon Dieu, je ne vous en fais pas un crime, reprit Mardoche, on ne suu- Ë — B: [A ait la voir sans l'aimer ; elle répand la joie autour d'elle et on se trouve heu. M sures lé

" reux en entendant seulement le son de sa voix. Vous l'avez regardée, vous La je F l'avez aimée, cela devait être, Mais, jeune homme, écoutez bien ceci; pour une À — A1

4 où pour plusieurs raisons, que je ne connais pas, mais qui existent, il est défendu D plusieur

Fa d'aimer Melle Blanche Mellier. Croyez-vous que les amoureux lui manquent ? | —Tu il Non. Je ne saurais dire combien de fois déjà elle a été demandée en mariage, À AN La Mais tous ceux qui ont essayé de tourner autour d'elle, en faisant les jolis cœurs, BF railleuse DER en ont été pour leurs frais. On les à froidement éconduits, Je crois vous en — Às fl avoir dit assez pour vous faire comprendre que vous avez tort d'aimer Mile JR — Pa LE Blanche, E td: e EE Edmond, stupéfié, ne trouvait pas un mot à dire. Î — Oui {L — Vous êtes de la ville, continua Mardoche, eh bien, monsieur, vous pouvez Pont de me croire, l'ait de ce pays ne vous est pas bon. | — Des RE Puis, d'une voix sombre, il ajouta : | —Tes

ë — Oui, ce pays est fatal aux jeunes gens qui, comme vous, viennent de loin, R — Oui

te | croient à leur bonne étoile et s'oublient sur le chemin à admirer une belle jeune R — Ah 1107 fille brune ou blonde qui passe. A votre âge on n’a pas encore l'expérience des R — D'al Hi choses de la vie et j'ai pensé qu'un vieillard avait le droit de vous donner un RS vois song FA conseil. Maintenant je n'ai plus rien à vous dire, je vous quitte. Adieu, mon- La jeu 1154 sieur, k cle | ia Et il s'éloigna, laissant le jeune homme tout étourdi et cherchant à saisir le PS tinua Ro fl 4 sens énigmatique du discours bizarre qu’il venait d'entendre. D mefutp LEE — Voilà un singulier personnage, murmura-t-il, Que signifie son avertisse. —Jet LE ment et pour quel motif me l'a-tl donné? Ah! il a bien deviné ce qui se passe — Je c jh en moi. I a lu dans mon cœur ce qui n'état pas encore dans ma pensée. . Oui, D des instar

Î 4 je l'aime, je l'aime !.., Et je m'éloignerais, je m'en irais loin d'ici quand, enfin, — Cela th le rayon de lumière que j'attendais vient de n'éclairer ! Non, non, c’est impos- que des 1] pe sible ! Quelque chose de plus fort, de plus puissant que ma volonté me pousse dire, je n’ ‘| en avant, je marche... j'irai jusqu'au bout. Blanche Lt | n'était pas (1 4 ee ÿ Re — Va, c ni | XV—OU L’ON VOIT ROUVENAT MÉCONTEN' toaute-alte À J sûr

î D — Chère

À Quand la voiture, qui était venue chercher Blanche, entra dans la eour de ainsi !

LA la ferme, François Parisel, qui guettait Je retour de la jeune fille s'avança rapi- Ùehe ih dement pour lui tendre la main et l'aider à descendre, Mais Blanche le prévint à Joseph Pa en sautant lestement à terre, [la fivure di

LE — Non, cousin, ce sera pour une autre fois, lui dit-elle en riant, M cs veines Fe , Le beau François se mordit les lèvres avec dépit. Mais il y avait dans soi trouvé cont 4 regard une intention ironique, un air de satisfaction, qui frappèrent la jeune Je me

À fille. bonheur de Le jeune Parisel était un grand gars de vingt-huit ans, taillé en hercule: — Le pèr

mais cela ne justifiait pas suftisamment le qualificatif #“ beau ” que les gens du

i la demoiselle du iche propriétaire pression de votre bien caché: vous

oche, on ne saun se trouve heuez regardée, vous n ceci; pour une ent, il est défendu x lui manquent ?

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viennent de loin, ‘er une belle jeune e l'expérience des e vous donner un tte, Adieu, mon-

rchant à saisir le

fie son avertissené ce qui se passe na pensée... Oui, lici quand, enfin, non, c’est impos- ‘olonté me pousse

a dans la cour de ille s'avança rapianche le prévint

riant.

v avait dans son

ppèrent la jeune

allé en hercule:

” que les gens du

D Joseph Parisel est arrivé au Seuillon il y

nn er 2

bonheur de voir son père.

pays accolaient à son nom; ille devait à sa fatuité, à ses manivres prétentieuses, juet à la servante, jeta son livre

et son chapeau sur un meuble et courut au jardin où, de loin, elle avait aper-

çu Rouvenat se promenant en fumant sa pipe.

—Je viens te remercier, dit-elle en lui tendant son front, de nous avoir envoyé chercher ; mais tu me gâtes top, vraiment : par ce temps magnifique nous pouvions très-bien revenir à pied

— Bah! fit-il en souriant, tu es revenue plus vite sures légères, et les cailloux du chemin sont

La jeune fille eut un de ses r

— Avec cela, dit-elle, en passant son bras sous celui de plusieurs achats que j'avais à faire à Frémicourt.

— Tu les feras un autre Jour, Rien ne tempéche d'aller au village demain. —Avec des souliers moins légers, railleuse,

— Assurément,

; et puis tu as des chaus durs pour tes petits pieds, avissants sourires.

Rouvenat, j'ai oublié

répliqua la jeune tille aflectueusement

— Parrain, il me semble que tu es tude ; est-ce que tu es Contrarié ?

— Oui,

— Pourquoi ?

— Des idées qui me passent d

Préoccupé, tu n'es pas gai comme d'hahi-

ans la tête, des lubies.…,

— Tes souvenirs : c’est cela qui l'attriste,

— Oui, et autre chose encore,

— Ah!

— D'abord, depuis la foire de Gray, vois songeuse, agitée, inquiète,

La jeune fille tressaillit.

—Je cherche à m'expliquer pourquoi tu es ainsi et je n'y parviens pas, contüinua Rouvenat, Vois-tu. mignonne, quant il s'agit de toi, tout ne réjouit ou ne fait peur,

—Je t'assure que j

tunes plus la même, Blanche ; je te

mais je ne me suis trouvée aussi heureuse, — Je crois; d'ailleurs tu n'as rien à désirer, rien à envier, Pourtant, il ya des instants où je n'imagine que tu ne te plais pas à la ferme, que tu t'ennuies. — Cela n'est pas, je te le jure, cela n'est pas, répliqua-t-elle vivement pendant que des larmes mouillaient «es Paupières. Mon Dien, comme tu viens de le dire, je n'ai rien à envier. ‘ Blanche aurait pu dire tout le contraire : mais elle sentut que le moment n'était pas venu encore de faire à Rouvenat la contidence de ses secrètes pensées. — Va, continua-t-elle d’une voix émue, j'ai l'affection de mon père et ia tienne, je suis sûre de votre tendresse et je vous aime ! — Chère enfant, se dit: Rouvenat, ah !

ainsi !

— Ce n’est pas tout, reprit-il à haute voix,

puisse:t-elle rester encore longtemps

en fronçant ses épais sourcils, M.

a une heure : chaque fois que je vois ce qui se passe en moi, mon sang bout dans

mes veines et la colère me monte au cerveau, Voilà surtout Pourquoi tu m'as trouvé contrarié, de mauvaise humeur,

—Je m'explique maintenant l'air Joyeux de François, dit Blanche, c'est le

la figure de cet homme, je ne sais

Le père et le fils, je les hais autant l’un que l’autre, grommela Rouvenat.

5 ere pen D eg ee sr ge Dre

à | sant

horizons, Elle aimait toujours les fleurs, mais celles-ci ne parlaient plus à son

— Pourtant ils ne t'ont rien fait; parrain ?

— Soit, mais j'ai le pressentiment qu'ils nous seront funestes, qu'ils causeront

‘ei quelque malheur.

-—— Cowument, toi, si bon toujours, peux-tu avoir de pareilles idées ?

—- Cela ne s'explique pas ; mais, va, J'ai le fair d’un bon chien de garde, je ss de loin venir le loup. Parisel, avec ses allures cauteleuses, son sourire faux # son regard de fouine, a la figure d'un véritable coquin...

— Je l'ai dit : on verra bien plus tard si je lai mal jugé. En attendant, rien me 10 Ôtera de l’idée que ce cousin de Jacques Mellier a déjà fait plus de mauvais mrs que de miracles. Heureusement, je suis là.

—— Décidément, parrain, tu vois aujourd'hui tout en noir

—— Excepté quand je te regarde, répondit-il en l’enveloppant d'un regard de

tendresse infinie.

À ce moment la servante vint leur dire qu'on les attendait pour diner.

Lis rentrèrent dans la maison et passérent dans la salle à manger, où Mellier æ les deux Parisel se trouvaient déjà.

Habituellement, le beau François prenait ses repas dans la grande salle avec

es autres domestiques ; Rouvenat le voulait ainsi, afin, disait-il, de ne pas faire

de jaloux. Il n’admettait pas que François pût être dans la maison autre chose qu'un garçon de ferme, Exceptionnellement, quand son père venait au Seuillon, le jeune homme était admis à la table des maîtres.

= Ab !entin, voilà ma jolie petite cousine ! s’écr'a le père Parisel avec sa

“was Je trombone ; vrai, je la trouve encore embellie.

RE la prit dans ses bras sans façon et l'embrassa sur les deux joues. François regardait de travers en souriant, Ilse disait sans doute que son

père jouissait d’un agréable privilège et qu'il voudrait bien en faire autant.

Quant à Rouvenat, il s'était tourné du côté de la fenêtre pour dissimuler son vif mécontentement.

Or se mit à table, Le repas ne fut pas silencieux, grâce au père Parisel qui, œis en belle humeur par un excellent bourgogne, disait tout ce qui lui passait Par ia tête et, sans s'en douter, des bêtises grosses comme des montagnes. Du r#ste, toute cette loquacité rustique négayait ni Blanche, qui ne comprenait pas, ai Mellier, ni Rouvenat, Seul, le beau François faisait à son pére l'honmeur d'approuver, en se tortillant sur sa chaise comme s'il allait se pâmer d’aise,

Æ un moment,poussant M. Mellier du coude :

— Regardez donc Blanche et François mon cousin, dit le père Parisel en jetant sur Rouvenat un regard sournois, n'est-ce pas que cela fait un joli cou. ple’ Il a vingt-huit-ans, elle bientôt dix-neuf...

Et ii se mit à rire

Lu éclair jaillit des yeux de Rouvenat : mais il resta calme en apparence &? il se contenta de hausser dédaigneusement les épaules, .

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