‹ La malédiction d'un père [microforme]Chapitre 49 sur 109 · RE D PA RL TS · texte numérisé non relu

RE D PA RL TS

consolez celui qui porte la peine de coupables, prenez en pitié ma mère nfor. uée, protégez l'enfant du malheur ! ”

Il me fallait cette dernière épreuve, se dit Mardoche, le doute maintenant n’est plus permis

Edmond restait à genoux, absorbé dans ses pensées, le visage baigné de

rmes,

Mardoche lui prit le bras en disant

— Venez.

Edmond ramassa son chapeau et se leva.

[ls s’éloignèrent, silencieusemnt, passant à travers les croix de bois, les pierres tombales, et sortirent du cimetière, dont Mardoche referma ln grille, Il suivirent un chemin creux qui les conduisit hors du village, Ils étaient en pleine campagne, ils pouvaient causer.

Edmond était impatient de questionner le vieillard,

— Mardoche, vous avez connu mon père ? Jui demanda-t-il,

— Oui.

— Beaucoup !

— Non, je l’ai vu deux fois seulement : au moment de sa mort et le lende. main quand ce n'était plus qu’un cadavre,

Le jeune homme cacha son visage dans ses mains.

—Au moment de sa mort, reprit-il après un court silence, vous at-il parlé!

— Il m'a parlé, .

— Ah! dites-moi ce qu'il vous a dit, dites-le moi,

— Il y à dix-neuf ans de cela, j'ai oublié.

— Vous n'avez pas oublié, Mardoche, yous ne voulez rien me dire.

— Peut-être. Dans ce cas, ne me demandez pas ce que je crois devoir vous cacher. Si je ne vous dis pas immédiatement tout ce que je sais, c’est que j'ai des raisons pour me taire. Prenez patience, le moment viendra où vous devrez tout savoir, tout connaître...

Dans quelques jours vous aurez appris, sans doute, des choses que j'ignore moi-même,

— Par quel moyen, si vous refusez de me guider, de m'éclairer,

— Ecoutez : Il existe des papiers qui ont appartenu à votre père ; ce qu'ils contiennent, je n’en sais rien. Peut-être vous réveèleront-ils le secret que, seul, je suis parvenu à découvrir, Ce secret, je voudrais que vous ne le connussiez jamais... Ni les papiers, dont il s'agit, vous le disent, tant pis, vous saurez tout, mais ce n'est pas moi qui aurai parlé.

— Ces papiers, Mardoche, vous savez où ils sont ?

— Oui.

— Et vous me le direz?

—- 11 sont cachés dans un trou, sous les décombres d’une maison écroulée,

— Loin d'ici?

— Au village de Civry. Nous irons les chercher ensemble.

-—— Tout de suite, Mardoche, tout de suite,

— Non, la nuit prochaine ; j'aurai eu le temps de me procurer des instru ments pour remuer les pierres.

— Je n'ose plus vous faire de questions, Mardoche ; cependant...

— Je comprends votre curiosité, Eh bien, que voulez-vous savoir encore! Demandez, nous verrons si je peux vous répondre.

— Vous avez connu ma mère ?

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— Oui, je l'ai connue. Elle avait alors vin la plus belle, comme qui dirait Mlle Blanche, la demoiselle du Seuillon .

— Est-ce à elle ou à mon père que je ressemble ?

— De figure ? Non, vous ne ressemblez ni à votre père ni à votre more, —\h!.., Mardoche, ma mére était-elle des environs de Saint-Trt n ?

— Pas précisément, mais elle est née en Franche-Comté.

— Vous l'avez sonnue, vous avez également connu sa famille ?

— Oui,

—- Ah ! c'est Dieu qui Vous à placé sur mon chemin ! moi le nom de ma mère.

— Impossible, c’est le secret auquel je ne veux pas toucher.

Le jeune homme baiser tristement la tête,

Après avoir fait une quinzaine de pas il reprit :

— Mardoche, voulez-vous que nous

— Parlons de votre père,

— Îl n'était pas de la F ‘anche-Comté, lui ?

— Non ; il venait de Ja Champagne, paraît-il Reims,

parlions de mon père ?

, de la ville ou des environs de

— Et il est resté inconnu ?

— Je vous l'ai dit.

— Mais ma mère savait son nom ; elle à dû le dire,

— Votre mère avait quitté son PAYS ; ce n'est que longtemps après, probable ment, qu'elle a été instruite de la mort de votre père,

—Je pense à cette prière que ma mère n'avaitapprise et que J'ai retrouvée en partie dans ma mémoire : J'y pense, et, malgré mes efforts, je ne Lu s parvenir à en saisir le sens complètement, — * Pardonnez à celui qui m'a fait orphelin, consolez celui qui porte la peine des coupables, ” Qu'est-ce que cela veut dire ? Je ne comprends pas.

— Ah! je comprends, moi, se dit Mardoche,

Puis tout haut :

— Îl peut se faire que Vous ne vous rappeliez pas exactement les paroles,

Edmond secoua la tête.

— Enfin, c'est possible, dit.il.

I] reprit :

— Je n'ai pas oublié vos paroles d'hier, Mardoche : quand vous m'avez dit : “ Partez, éliognez-vous, l'air de ce pays n'est pas bon pour ceux qui s’oublient sur un chemin à admirer une jeune fille qui passe, ” à la mort tragique de mon père ?

— Vous ai-je vraiment dit cela ? Au fait, c'est possible. Danstous les cas, n’attachez aucure importance à ces paroles ; je n'ai point voulufaire allusion, à la mort de ire père.

Vous pensiez sans doûte

— Mardoche, il à été assassiné, il avait donc un ou plusieurs ennemis danse “ ce pays ?

— 1 n'avait pas d’ennemis : d'ailleurs, je vous ai dit que personne ne le: connaissait,

— Soit. ais, alors, quel a été le mobille de ce ce crime épouvantable ?

— Mon Di:u, je ne peux vous dire là-dessus que ce que j'ai entendu raconter : d'autres peuvent vous en dire autant que moi. On à assuré qe l'assassin avait commis le crime afin de voler sa victime.

— Est-ce que ce misérable a échappé à la justice ?

ss | di

LA MALÉDICTION D'UN piRE 169

St ans; elle était la meilleure et

.. Mardoche, dites-

ER Te

Pre

— Non, ce misérable, comme vous dites, a été arrêté le lendemain, Il a été jugé et condomné...

— À mort ?

- Presque ; aux travaux forcés à perpet té, — Vit-il encore ?

— Peutêtre, On n'a plus entendu parler de lui, — Quel était son non ?

-Jean Renaud, - Jean Renaud, répéta Edmond d'une voix sourde ; voilà un nom maudit que je n'oublierai jamais.

Mardoche souriait tristement !

— Est-ce que ce monstre était de Frémicourt ? reprit le jeune homme, — Non, mais des environs, — Etait-il marié ?

— Oui, avec une brave et dig — Existe-t-elle toujours ?

— Elle est morte de chagrin trois jours après la condamnation de son mari, en mettant au monde une petite fille.

— Et cette fille ?

— J'ai quitté le pays à cette époque, j'ai voyagé... je ne sais pas ce que la fille de Jean Renaud est devenue.

— Avant de nous séparer, Mardoche, je voudrais vons demander encore quelque chose.

ue femime.

— Je vous écoute

— Je vous ai raconté, d'aprés ce que m'a dit l’aubergiste Bertaux et un souvenir qui m'est revenu, qu'un homme, un paysan, était venu faire une visite à ma mère à Saint-[run : j'ai ajout. que les douze mille francs trouvés par Jérôme Greluche dans le sie de cui avaient été remis à ma mère par cet homme, le croyez-vous !

— J'en suis sûr.

— Vous le connais:e” donc aussi, Mardoche, cet homme qui m'a tenu sur ses genoux, qui m'a embrassé ?

— Oui, je le connais.

— Oh ! je vous en prie, dites-moi où il demeure, dites-moi son nom

Mardoche resta muet,

— Vous ne me répondez pa: ‘asista le jeune homme.

— Monsieur Edmond, répliy Ma ‘oche, je vous ai cadu en gardant le silence,

— Toujours le secret?

— Vous le connaîtrez assez tôt. Tout ce que je pouvais ous apprendre, vous le savez. Pour le moment, n’en exigez pas d'avantage, Demain soir, à neut heures, nous nous retrouverons.

— Où!

Sur le pent de Frémicourt,.

— J'y serai. Mais j'ai oublié de vous dire que demain vous deviez m'apporter à Frémicourt un message de la part de Mile Blanche Mellier.

— Ah! fit Mardoche étonné.

Puis il ajouta vivement :

— Je verrai Mlle Rlanche demain matin, si elle me charge d'une lettre pour vous, je vous la remettrai le soir.

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XX VI soir gr LARMES

Le lendemain, Mardoche arrivait de bonne heure au Se

Obéissant aux ordres qu'elle avait recus, Nér s'enipressi de lui servir ä déjeuner,

Le vieillard avait probablement fait la Veille très mauvaise chère, eur il man. sea, Sans se faire prier, avec un superbe appétit, Quand il eut fini :

— Eit-ce que M, Rouvenat est sorti? demanda:-t.il. — Oui, il est en v

uillon aphine, la servante-cuisinière,

Vage,

-— Pour plusieurs Jours !

— M, Rouvenat ne s'absen - Et M, Mellier ?

— Le maître ne descend Jamais avant midi.

— C'est vrai, Il va bien !

— Est-ce que je pourrai voir Mlle Blanche ?

—Je pense que oui :

Vous viendriez ce matin

unais pour longtemps ; il reviendra ce v,

elle m'a même chargée de vous dire, pensant bien que . de ne point partir sans lui avoir parlé, — En ce cus, je vais l'attendre, — Hier soir elle s'est trouvée indisposée,. . Gravement ? S'écria Mardoche ave le ne pense pas, Un peu de fatiou ‘ans le jardin, au soleil. ‘Ilest plus de us aller lui dire que vous êtes là, Séraphine grimpa l'ese —— Nil Ui

nes

(e inquiétude.

6, peut-être : elle à eu tort de travailler huit heures, elle doit être levée ; je

ulier et revint presque aussitôt disant :

* Blanche vn descendre, nt après la jeune fille parut, ] pâlies et ses yeux languis versées la veille, et probablement sussi pendant la nuit. En la voyant ainsi changée, Mardoche ne put S'empècher de tressaillir, et SON Cœur se Serre douloureusement, Le vieillard forma la porte de fille, Son regard inquiet était si che en fut pénetrée just — Vous m'aimez,

Sants portaient encore la trace des larmes

rrière lui et S'approcha vivement de Ja jeune plein de sollicitude et di adresse, que Blanqu'au fond de son cœur,

dit-elle avec un sourire doux et triste.

— Oh ! oui, je vous aime, répondit il :

autant, plus peut-être que votre parrain,

Il S'enrpara de ses «l

EUX mains Vous êtes mon ami, je le en vous la plus gr

, et, l'une après l’autre, les couvrit de baisers sais, reprit-elle, et vous m'êtes dévoué, aussi j'ai inde contiance.

— Oui, je suis votre ani, oui je vous suis dévoué, et vous pouvez avoir contance en moi, Pour vous, chère enfant, il n'y à rien que je ne puisse faire. Si, Pour vous sauver d'un danger, vous me disiez: “ Mardoche, il me fautta vie, ” ce serait fait tout de suite ; ma vie! elle vous appartient tout entière. Tout vieux et tout pauvre que je suis, pour vous, je puis encore quelque chose... Je ne suis rien, mais, S'il le fall ut, — he l'oubliez Pas, — je saurais vous protéser et vous défendre contre tous, contre Jacques Mellier et contre Pierre Rouvenat lui-méme.

Mademoiselle Blanche

. . è 7 » . , . La LE » CONtinua-t1], vous avez été indisposée hier soir, mat-on dit; je n’en crois ri

en. Vous êtes triste, vos joues sont pâles, vos yeux fatigués, rouges, comme si Vous n'aviez pas dormi de la nuit... Vou avez

pleuré, n'est-ce pas ? Eh bien, pour me Prouver que vous avez confiance en moi, dites moi la cause de votre chagrin.

La) U a | s , »

l LA MALÉDICTION D'UN PÈRE

Elle ne répondit pas ; mais de grosses larmes roulérent duns ses yeux,

— Voyons, dit Mardoche tout bas, ne s'agiraitil pus de ce jeune homme qui vous à parlé dimanche sur la place de l'église et que vous uvez revu hi duns le sentier au bord de l'eau ?

— Cominent savez-vous ?

— C'est tout simple, je l'ai aussi rencontré dans la journée d'hier, mu téresse à cause de vous, Je l'ai fait causer et j'ai pu me convuinere qu'il vou aimait sincorernent,

Blanche poussa un soupir.

Mardoche erut ne plus douter de la cause réelle de sa douleur, Ce ne pou vait être l'œuvre de Rouvenat

— Mademoiselle Blanche, repritl, estce que vous aimez ce jeune hon ne ?

— Je n'en sais rien, vépondit-elle tristement : d'ailleurs qu'importe, puisqu je ne dois vlus penser à lui.

— A! j'en étais sûr! s'écrin Mardoches Pierre Rouvenat s'est placé entr vous et ce jeune homme, il vous à dit que vous ne pouviez devenir sa femme, il vous à défendu de l'aimer !

La jeune fille secoua la tête,

— Mon parrain ne suit rien encore, dit-elle,

Comment, il ne vous à pas dit ?...

— Je devais lui parler de eela hier soir, mais j'ai senti que é'était inutile

Mardoche ne comprenait plus,

— Écoutez, reprit elle, je désirais vous voir ce matin pour vous prier d'alle: à Frémicourt,

Chargé d'une commission à lui faire, Il vous x prévenu ?

- Oui.

— Eh bien, vous irez, n'est-ce pas, mon ani? Vous le verrez et vous lui direz qu'il ne doit plus chercher à me revoir, qu'il ne doit plus penser à moi,

—- Je ne sais pas à quel sentiment vous obéissez en ce moment, répondit: d'une voix émue: mais vous ne songez pas, sans doute, que vos paroles peu vent le désespérer ?

— Je lui ai promis une réponse aujourd'hui, Mardoche, et c'est Ta seule que je puisse lui faire.

— Noit, fit le vieillard attristé, mais il est inutile que j'aille à Frémicourt : pour une cause que je ne puis vous faire connaître, M. Edmond ne s'y trouvera pas à l'heure que vous lui avez indiquée.

— Mardoche, savez-vous où 1l demeure ?

— À Saint-Irun, chez M. Bertaux, aubergiste,

— Merci, Je lui écrirai ce soir ou demain.

-— Permettez au vieux Mardoche de vous donner un conseil, mademoiselle Blanche : croyez-moi, ne vous hâtez pas d'écrire à ce jeune homme, si votre lettre doit lui porter une douleur, Sa vie est assez malheureuse déja sans qu'il recoive de vous ce coup terrible qui serait un complet écrasement. Réfléchissez, je vous en prie, réfléchissez. Dans quelques jours il sera encore temps.

— Mais il le faut ! s’écria-t-elle.

— Vous ne l’aimez donc pas ?

— Est-ce que je puis aimer ! exclama-t-elle avec un accent désespéré, estce que j'ai le droit d'aimer ?

Mardoche la regarda avec une doulourense surprise,

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LA MALÉDICTION D'U* PiRE L Fe

— Moi Dieu, tit il d'une vorx

qu ; Pourquoi parler ainsi?

Passe til done en vous

tremblante, (Que sc

Elle se mit fi pleurer,

Ah! je suis bien Millheureuse

Malheur use !

un éélair dun Mellier? it

promis, je

émnit elle, Vous êtes malheureuse ! s'écria Maurdoche en se tedressant, le veu. Que vous at-on fait? Dites-le Hoi,

‘ Pierre Rouvenat ? Oh! quoi qu'il puisse arriver, vous défencrni : parlez, parlez !

— Je n'ai Pis & ie plaindre d'eux, Mardoche, fuit Pour Me consoler

Mais, nlovs, Pourquoi ces pleurs ? Pourquoi ce désespoir ?

Mardockie dit-elle, un Jour j'ai fait un rêve épouvantable, et ce méme out dernière, Mon Pitrain et moi nous cCourions un effroyhonte accourut a hotre “ecCours et nous dlélivr & lui plonger uns le dus la ] élançcaient sur Nous SAUVE, C'était vou

Est-ce Jacques je vous l'ai

AU contraire : is ont tout

reve n'est revenu la able danger: 4, MON parrain d'un scélérat prét ne dun poignard, moi des hioi pour me dévorer . … Cet homme qui vint Mardoche, Depuis mon Premier rêve, je crois que Dieu vous à envoyé dans le PAYS pour nous Protéger tous, C'est pour cela, sans doute, que | éprouve pour vous une Si grande affection.

— Chère enfant, el ré enfant ! murmura le vieillard Uon eXtraordinulre.

«eux serpents qui

sous le coup d'une émo-

Je ne veux rien vous cacher, reprit Ja Jeune fille. ai appris hier Que je n'étais pns Ja fille de M, Mellier: Mardo: he devint pâle comme un iort, Qui donc vous à dit cela? demanda til d'une voix Le cousin de M. \ellier, François Parisel.

— Et Rouvenat it pas roy érable !

Je vais tout vous dire :

étranglée,

sous Je tulon de son soulier ] s'écrit Mardoche uvec fureur,

Il n'e:: plus à la ferine :

. Ainsi. c'est la Vérité,

& tête de ce mi-

où l'a chassé,

VOUS n'ôtes pas la tille de Jacques Mellier ?

Je ne suis pus su fille.

— Dans ce “as, reprit Mardoche tant de choses, — Oui, Alors, Votre pére Re Mardoche, vous allez fréimir, Le tualheureux tremblait déjà de ages \'o: pere se none J( Li entrecoupée pa: les larmes ; crime d'assassinat e

UINIOUX, ce Francois Parisel, qui sait

a dû vous dire qui était V'oti pere,

tous ses membres, lenaud, continua |:

lvae t envoyé au ba

, jeune fille, d'une voix

viron dix-neuf &us, il fut condaniné pour

ue, Je suis la fille d'un forçat !

Un cri, qui ressemblait à un rule, Séchappa de la gsorce de Mardoche, Maintenant, reprit-elle, “oinprenez-vous pourquoi M. Edmond ne doit

plus penser à moi. Pourquoi je n'ai pas le droit d'añne

Mardoche sentait son Cour se briser, - Mais Rouvenat ne Vous à donc pas dit ..., balbu t-il. = Hélas ! que P U Viut-il He «ire ?

— Je ne sai Pis Mais : il aurait pu vous

e crime à été commis.

— Je n'ai pas besoin de SAVOIr Mais il ÿ à autre chose que je voudrais Cobnaître, .. Mon parrain n'a promis de me raconter l'histoire de ma pauvre mére et de mon malheureux pere, le jour où J'aurai vingt ans.

Faconter, par exemple, dans quelles lrconstance

cela F

She ren nr

Mardoche buissa la tête,

— Oui, se dit-il, quand elle aura vingt ans : ila le droit d'attendre.

— Ah! comme il aurait voulului crier :

& Blanche, ton père a été condamné, c'est vrai, mais pour le ere dun autre: il est innocent !... Tu n'es plus la fille d'un forcat, cr Jean Renaud, ton pere, est devant toi !...

Ces paroles étaient dans son cœur et se pressaient sur ses lèvres, Prètes à lui échapper, il eut peur des conséquences multiples quelles pouvaient avoir.

S'il se faisait connaitre à sa fille, il ne lui était plus possible de continue son rôle de mendiant. 11 lui faudrait fournir les preuves de son innocence. A près s'être sacrifié pour Jacques Mellier, pouvaitil, maintenant, devenir sos

c'est la pr'oniesse qu'il mataite

accusateur ? Et puis Blanche, sachant la vérité, consentiraitelle à accepter] longtemps les bienfaits du fermier? Autant de choses dont il fallait 1 compte.

D'ailleurs, 1l ne croyait point que ce fût à lui de parler, Du moment qu Mellier et Rouvenat se tuisaient, il devait garder le silence,

Du reste, si l'heure de se faire connaître n'était pas venue encore, elle appro chait, Le fils de Lucile Melliér, qu'il avait retrouvé, allait forcément change la situation.

Ces réflexions passtrent rapidement dans sa pensée et il eut assez de force, en présence de la douleur de sa fille, pour ne jus écouter ln voix de son cœur et résister aux déchirements de son âme.

Blanche pleurait silencieusement,.

— Ah! je comprends votre désolation, lui ditil, le nom de Jean Renaud est pour vous, comme pour ceux qui l'ont connu, un nom mandit

Le visage de la jeune fille prit soudain une expression indéfinissable,

— Jean Renaud est mon pere; répondit-elle ; la justice des hommes Fa con damné, ce m'est pas à moi, sa fille, à le juger aussi. Mon devoir est de prier pour lui, ce que je ferai tous les jours, atin que Dieu le prenne en pitié et lu pardonnes

— Quoi ! fit Mardoche d'une voix vibrante, St Jean Renaud revenait un jour vous ne le repousseriez pas ?

Ah ! s'écria-t-elle avec exaltation, je me jetterais dans ses bras, il me serait doux de pleurer sur son cœur !

Le vieillard porta vivement la main à sa poitrine ; une joie indicible venait de pénétrer en lui.

Ne pouvant plus se contenir, il la prit dans ses bras et lembrassa avec pas

Sion,

— Ah! noble enfant, cœur jamais bénie !

Elle ne s'étonna point de cet excès de tendresse. — Ainsi, Mardoche, dit-elle, vous n'approuvez ? — Vous êtes un ange ! exclama:t:il,

vénéreux ! s'écria-til dans son ivresse, sois à

XXVIT--ESPÈRE !

Le mème jour, dans l'après-midi, Blanche se rendit à pied à Civry. Elle en. tra chez sa marraine.

— Quelle heureuse surprise ! s’écria la vieille paysanne en l’embrassant, On va bien au Seuillon? M. Mellier, le bon Pierre, tout le monde...

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