I. — Préparation du champ opératoire
Avant même de soustraire l’animal à la douleur (sauf lors de rachianesthésie), il faut préparer la région malade : la peau doit être rendue glabre et aseptique.
On se débarrassera des poils, d’abord aux ciseaux afin d’en faire tomber la plus grosse partie, puis au rasoir. Avec le rasoir, il est malaisé de suivre proprement les irrégularités lors de tumeurs tourmentées, en outre, un mouvement brusque de l’animal peut faire faire une échappée regrettable. Aussi, préférons-nous à ce procédé l’usage du sulfure de baryum. Il est conseillé de préparer, extemporanément, une bouillie aqueuse de ce produit et de l’étendre ensuite. Nous préférons étendre le sulfure pulvérulent sur la région à épiler, le mouiller en pluie, puis, à l’aide d’une stapule de bois, répartir uniformément le mélange. Au bout de une ou deux minutes, au maxi-
mum, le poil est dissous, et la pâte résiduelle enlevée, un lavage à l’eau tiède rend la région absolument nette.
Si on fait usage du sulfure de baryum, il faut être prévenu que ce corps chimique dissout, non seulement les poils, mais aussi toute production épidermique et l’épiderme lui-même. Il faudra donc éviter un contact un peu prolongé avec le tégument à épiler, et aussi avec ses propres doigts et ongles.
Rigoureusement débarrassée de ses poils, la région opératoire sera aseptisée avec soin : d’abord un savonnage énergique, puis la peau sera dégraissée à l’éther, une lotion d’alcool et un badigeonnage à la teinture d’iode termineront la désinfection.
Aussi bien pour l'épilation que pour la désinfection il faut aller au delà des limites prévues à l’opération.
IL, — Instrumentation
Cette instrumentation comprendra essentiellement : des bistouris (droits et courbés), une sonde cannelée, une pince à dents de souris, des ciseaux (droit et courbe), des aiguilles à suture, il faudra mettre des pinces de PÉAN en assez grand nombre et aussi quelques pinces de KOCHER, en outre des pinces à champ.
Dans l’ablation des tumeurs, ce sont les hémorragies qui sont le plus à redouter, aussi, aux nombreuses pinces hémostatiques, joindrons-nous un lot im-