ACTE I
envoyer celui-ci aux bains, ou bien que nous songions à quelque autre avenue qui me repaisse d’un espoir, sinon vrai alors faux, pour nourrir chez moi une pensée qui adoucisse en partie mes
nombreux tracas.
LIGURIO, — Tu as raison, et moi je suis prêt à le faire.
CALLIMACO. — Je le crois, bien que je sache que tes pareils vivent en
dupant les hommes. Toutefois, je ne crois pas être de ce nombre, parce que si tu le faisais et que moi jé m’en avisais, je chercherais à m'en dédommager, et tu en perdrais alors l’accueil de ma maison et l'espoir d’avoir ce que je t'ai promis à l'avenir.
LiGURIO. — Ne doute pas de ma foi“ : même s’il n’y avait pas le
profit que je pressens et espère, il y a que ton sang va bien avec le mien, et je désire presque tout autant que toi que tu satisfasses ton désir. Mais laissons cela. Le doffore m’a commissionné de trouver un médecin et de me renseigner à quels bains il serait bon de se a Je veux Sie tu fasses à ma façon: que tu dises avoir étudié ( eeta xpérience à Paris ; il le croira facilement, à cause —. sa tite et parce que tu es lettré et peux lui dire quelque chose en latin!
CALLIMACO. — À quoi ça nous servira ?
LIGURIO. — Ça nous servira à l’envoyer aux bains que nous voudrons
et à prendre un autre parti auquel j’ai pensé, qui sera plus court, plus certain, plus apte à réussir que les bains.
CALLIMACO. — Que dis-tu ?
LIGURIO. — Je dis que si tu as du cœur“ et me fais confiance, moi je
te règle cette affaire avant demain à cette heure-ci*. Même s’il était l’homme qu’il n’est pas, à s’enquérir si tu es ou non médecin, la brièveté du temps, la chose en elle-même, feront ou bien qu’il n’en parlera pas où bien qu’il ne sera pas à temps pour gâcher notre dessein quand bien même il en parlerait.
CALLIMACO. — Tu me ressuscites. C’est là une trop grande promesse,
et tu me nourris d’une trop grande espérance. Comment feras-tu ?
LIGURIO. — Tu le sauras le moment venu; il n’est pas nécessaire pour