ACTE I
s’apparient ”l» Parce que souvent on voit un homme de grand mérite avoir en partage une bête, et inversement une femme sage, un fou. Mais de la folie de cet homme-ci*, on en tire un bien: Callimaco à de quoi espérer. Mais le voici. Qu'est-ce que tu fais à guetter comme ça, Callimaco ?
CALLIMACO. — Je t'avais vu avec le doffore et j'attendais que tu t'en détaches pour entendre ce que tu avais fait.
LIGURIO. — Tu sais quelle sorte d’homme il est: de peu de prudence, d’encore moins de courage *. Il s'éloigne à contrecœur de Florence. Toutefois, je l’y ai réchauffé, et à la fin il m’a dit qu’il fera tout [ce qu’il faut]. Et je crois que si ce parti nous plaît, nous l’y amènerons; mais je ne sais pas si nous réussirons là notre affaire.
CALLIMACO. — Pourquoi ?
PICuROo= Le Sais- Er Tu sais que toutes sortes de gens vont à ces bains. ( e e
que toi. Dex sorte qu’on risque de prendre bien de la peine pour d’autres, et qu’il arrive que l'abondance des concurrents la rende Ars difficile, ou qu’en s’apprivoisant elle se tourne vers un autre
que toi.
CALLIMACO. — Je sais que c’est vrai ce que tu dis. Mais comment je vais faire ? quel parti prendre ? où me tourner? J’ai besoin de tenter quelque chose, que ce soit grand, périlleux, néfaste ou infâme. Mieux vaut mourir que de vivre de la sorte. Si je pouvais dormir la nuit, si je pouvais manger, si je pouvais converser, si je pouvais prendre plaisir à quelque chose, j’attendrais plus patiemment. Mais ici, il n’y a pas de remède, et si aucun parti ne me laisse espérer, je mourrai de toute façon. Et voyant que j’ai à mourir, je n’ai rien à craindre et suis prêt à prendre quelque parti bestial, cruel et abominable.
LiGurio. — Ne parle pas ainsi, refrène cette impétuosité de cœur.
CALLIMACO. — Tu vois bien qu’à la refréner, je me nourris de pareilles pensées. Il est alors nécessaire ou bien que nous poursuivions à
37. Ils s’assortissent, ils forment des couples appariés. 38. Nicia.