‹ La mandragoreChapitre 22 sur 91 · Scène I · texte numérisé non relu

Scène I

LIGURIO, MESSIRE NICIA, SIRO

LiGURIO. — Comme je vous l'ai dit, je crois qüe Dieu nous a envoyé cet homme pour que vous puissiez satisfaire votre désir. Il a acquis une très grande expérience à Paris, et ne vous étonnez pas s’il n’a pas fait profession de son art à Florence. La raison en est premièrement qu’il est riche et deuxièmement qu’il est sur le point de rentrer à Paris.

NicrA. — C'est là à présent, frère, un point important, parce je ne voudrais pas qu’il m’entraîne dans un sous-bois pour ensuite me laisser sur les bas-fonds “.

LIGURIO. — N'ayez crainte sur ce point; craignez seulement qu’il ne veuille pas entreprendre cette cure. Mais s’il entreprend, il ne vous abandonnera pas jusqu’à ce qu’il en voie la fin.

NICIA. — Sur ce point je veux te faire confiance, mais quant à sa connaissance, je te dirai bien moi-même, aussitôt que je lui parlerai, s’il est un homme de savoir, parce qu’à moi il ne me fera pas prendre des vessies pour des lanternes *.

LiGURIO. — C’est parce que je vous connais que je vous mène à lui, afin que vous lui parliez. Après quoi, s’il ne vous paraît pas, à son aspect, à son savoir, à son langage, homme sur les genoux duquel on peut reposer sa tête Ÿ, dites que je ne suis pas moi-même.

NICIA. — Alors soit, au nom du saint Agneau! Allons-y Mais où demeure-t-il ?

LIGURIO. — 11 demeure sur la place, à cette porte que vous voyez en face de nous.

NIcIA. — Dépêche-toil Frappe.

44. Je ne voudrais pas qu’il me mette dans un boutbier pour ensuite m’abandonner. Nicia aboute gauchement deux expressions idiomatiques.

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