Scène V
MESSIRE NICIA, SIRO
NiciA. — (À Lucrezia qui est dans la maison) En toute chose j'ai fait à ta façon, mais pour ceci je veux que tu fasses à la mienne. Si javais cru ne pas avoir d’enfants, j'aurais plutôt pris pour femme une paysanne. (À Siro) Quoi? C’est toi, Siro? Suis-moi. Comme j'ai eu du mal à obtenir cet échantillon de ma sotte femme! Ce n’est pas qu’elle n’ait envie de faire des enfants: elle en a l’idée plus que moi. Mais dès que je veux lui faire faire un rien du tout, c’est toute une histoire.
SIRO. — Soyez patient: avec de bonnes paroles, les femmes ont l'habitude de se laisser conduire où l’on veut.
NicrA. — Quelles bonnes paroles! parce qu’elle me fatigue Ÿ, Dépêchetoi: dis au maître et à Ligurio que je suis là.
SIRO. — Les voici qui sortent.
les fous], et c’est pourquoi mon personnage dit que si tous étaient comme messire Nicia, nous prendrions des pierres pour des fours, c’est-à-dire nous ferions tous des folies.»
67. Nicia fait une remarque chine si ce n’était de mon désir d’avoir un enfant, j'aurais mieux fait d’'épouser une femme simple, comme une paysanne, plutôt qu’une compliquée comme toi.
68. Mi ba fracido. Avere fracido signifie fatiguer, assommer, étourdir, importuner. C’est l'équivalent du verbe obfundere en latin, comme lindique Benedetto Varchi dans L'Ercolano.