Scène VI
LIGURIO, CALLIMACO, MESSIRE NICIA
LiGurio. — (À Callimaco). Le dottore sera facile à persuader. La difficulté viendra de la dame, mais nous trouverons moyen.
CaLLIMACO. — (À Nicia). Avez-vous l'échantillon ? NIcIA. — Siro l’a sous son manteau.
CALLIMACO. — Donne-le-moi. Oh, cet échantillon indique une faiblesse de reins!
Nicia. — Il me paraît trouble, et pourtant elle la fait il y a un moment.
CALLIMACO. — Ne vous en étonnez pas. Nam muleris urinae sunt semper maioris grossitiei et albedinis et minoris pulchritudinis quam virorum. Huius autem, in cetera, causa est amplitudo canalium, mixtio eorum quae ex matrice exennt cum urina*.
NicrA. — Oh, eh, pelote de saint Puccio ”! Celui-ci se raffine dans mes mains”. Vois comme il parle bien de ces choses!
CALLIMACO. — Je crains que cette femme soit mal couverte” la nuit, et c’est pour cela qu’elle à l’urine frisquette ”.
NiciA. — Elle à pourtant une bonne couette. Mais elle reste quatre heures à genoux à égrener des Notre Père avant de s’en venir au lit et c’est une bête pour endurer le froid.
CALLIMACO. — Bref, docteur: vous avez, ou non, foi* en moi, et je vous apprends ou non un remède sûr. Moi, pour ma part, je vous le donnerai, le remède. Si vous avez foi en moi, vous l’emploierez,
69. En latin: en effet, il y a toujours plus de graisse et de blancheur et moins de beauté dans les urines de la femme que dans celles des hommes. La cause de ceci, entre autres choses, est l’ampleur des canaux et le mélange de ce qui sort de la matrice avec l’urine.
70. Pofta di san Puccio: expression grossière mais assez courante. Il nexiste bien sûr aucun Saint Puccio, mais on retrouve par contre un frère Puccio dans Décaméron 11.4.