‹ La mandragoreChapitre 34 sur 91 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

pas qu’elle soit jamais disposée.

CALLIMACO. — C’est vrai. Mais je ne voudrais surtout pas être marié si je ne pouvais la disposer à agir à ma façon.

LIGURIO. — J'ai songé au remède.

NICIA. — Lequel ?

LIGURIO. — En passant par le confesseur.

CALLIMACO. — Qui disposera le confesseur ?

LIGURIO. — Toi, moi, l’argent, notre malice, la leur.

NICIA. — Je crains à tout le moins que malgré ce que je lui dirai, elle ne veuille pas aller parler au confesseur.

LIGURIO. — À cela aussi il y a remède.

CALLIMACO. — Dis-moi!

LIGURIO. — L’y faire conduire par la mère.

NicrA. — Elle a foi! en elle.

LIGURIO. — Et moi je sais que la mère partage notre opinion. Allons! essayons de gagner du temps, car le soir tombe. Va-t’en te balader, Callimaco, et fais en sorte qu’à vingt-trois heures nous te trouvions chez toi, la potion toute préparée. Le doffore et moi, nous nous en irons chez la mère pour l’y décider: c’est une de mes connaissances. Puis nous irons chez le frère et nous vous raconterons ce que nous

autons fait.

CALLIMACO. — Ah! ne me laisse pas seul.

LIGURIO. — Tu me sembles cuité*.

CALLIMACO. — Où veux-tu maintenant que j'aille, moi?

LiGURIO. — Ici, là, par cette rue-ci, par cette autre-là: Florence est si grande!

CALLIMACO. — Je suis mort.

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