ACTE I
par la sottise de la jeune fille, qu’elle se trouve enceinte de quatre mois, de sorte que si on n’y remédie pas prudemment, le doftore, les religieuses, la jeune fille, Camillo, la maison des Calfucci seront déshonorés. Le dortore fait si grand cas de cette honte qu’il a fait vœu, si elle ne s’ébruite pas, de donner trois cents ducats pour l'amour de Dieu.
NicIA. — Quel caquetage !
LiGURIO. — (Tout bas à Nicia) Restez tranquille ! (À Fr. Timoteo) Et il les
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donnera par l’entremise de vos mains; et vous seul et l’abbesse y pouvez remédier.
TIMOTEO. — Comment ?
LiGURIO. — En persuadant l’abbesse de donner une potion à la jeune
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fille pour la faire avorter.
TIMOTEO. — Ca, ça demande réflexion.
LIiGURIO. — Comment, ça demande réflexion? Si vous le faites,
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voyez tout le bien qui en découle: vous sauvegardez l'honneur du monastère, de la jeune fille et de la parenté; vous rendez une fille à son père; vous contentez messire ici et beaucoup de sa parenté; vous distribuez toutes les aumônes que vous pouvez avec ces trois cents ducats. D’autre part, vous n’offensez rien d’autre qu’un morceau de chair qui n’est pas encore né, qui n’est pas conscient, qui peut se perdre de mille façons. Je crois que le bien, c’est ce qui fait du bien à la plupart et ce dont la plupart sont satisfaits.
TIMOTEO. — Soit, au nom de Dieu! On fera comme vous voulez, et que toute chose soit faite pour Dieu et par charité. Dites-moi le nom du monastère, donnez-moi la potion et, si vous le croyez bon, cet argent pour pouvoir commencer les bonnes œuvres.
LIGURIO. — Maintenant vous vous montrez le religieux que j'avais cru
que vous étiez. Prenez cette part de l’argent. Le nom du monastère est... Mais attendez, il y a là dans l’église une femme qui me fait
signe. Je reviens tout de suite. Ne quittez pas messire Nicia, je vais lui dire un mot.