ACTE II
NYcIA. — Merci, mon père!
FR. TIMOTEO. — Qu'est-ce qui vous amène par ici ? NiciA. — Tout à fait bien‘,
LIGURIO. — Adressez-vous à moi, mon père, car pour faire en sorte qu'il vous entende, vous aurez à mettre cette place en rumeur.
FR. TIMOTEO. — Que voulez-vous de moi?
LiGURIO. — Messire Nicia ici et un autre homme de bien que vous connaîtrez plus tard ont à faire distribuer en aumônes plusieurs centaines de ducats.
NIcrA. — Cacachiasse!
LiGURIO. — (Tout bas à Nicia) Au diable! taisez-vous! ce ne sera pas beaucoup. (4 Fr Timoteo) Ne vous étonnez pas, mon père, de ce qu’il dit: il n'entend pas, mais il lui semble parfois entendre et il ne répond pas à propos.
FR. TIMOTEO. — Continue donc, et laisse-le dire ce qu’il voudra.
LIGURIO.— De cet argent, j'en ai une partie sur moi; et ils ont signifié que ce serait vous qui le distribuerez.
FR. TIMOTEO. — Bien volontiers.
LIGURIO. — Mais il est nécessaire, avant que cette aumône ne se fasse, que vous nous aidiez dans un cas étrange qui s’est présenté à messire ; et vous seul pouvez aider, là où il en va de tout l’honneur de sa maison.
FR. TIMOTEO. — Qu'est-ce que c’est?
LIGURIO. — Je ne sais pas si vous connaissez Camillo Calfucci, neveu de messire ici.
FR. TIMOTEO. — Oui, je le connais.
LiGurio. — Il s’est rendu en France, il y a un an, pour régler une affaire; et n'ayant pas d’épouse, puisque sa dame est décédée, il laissa sa fille en Âge de se marier à la garde d’un monastère — il n’est
8 8 pas nécessaire de le nommer pour le moment.
FR. TIMOTEO. — Qu'est-il arrivé ?
LIGURIO. — Il est arrivé, soit par la négligence des religieuses, soit