ACTE IV
LIGURIO. — Le dottore en a déboursé vingt-cinq. CALLIMACO. — Comment ça ?
LIGURIO. — Suffit qu’il les ait déboursés.
CALLIMACO. — La mère de Lucrezia, qu’a-t-elle fait?
LiGURIO. — Presque le tout. Dès qu’elle apprit que sa fille passerait une bonne nuit sans péché, elle n’a cessé de prier, commander, réconforter Lucrezia, tellement qu’elle l’a conduite au frère, et là elle travailla de telle manière que sa fille a consenti.
CALLIMACO. — Oh Dieu! Comment ai-je mérité de recevoir tant de bienfaits ? Je vais mourir d’allégresse.
LIGURIO. — (4 lui-même) Quelle sorte d’individu est celui-ci? Tantôt d’allégresse, tantôt de douleur, il veut mourir de toute manière. (À Callimaco) As-tu préparé la potion ?
CALLIMACO. — Oui, je l’ai fait.
LIGURIO. — Que lui enverras-tu ?
CALLIMACO. — Un verre d’hypocras 7, qui est propre à refaire l'estomac, ça réjouit la cervelle... Hélas, hélas, hélas, je suis fichu!
LIGURIO. — Qu’y a-t-11? Qu'’arrive-t-1l ?
CALLIMACO. — Il n’y à pas remède.
LIGURIO. — Que diable y a-t-1l?
CALLIMACO. — Tout est perdu, je me suis emmuré dans un four 7.
LIGURIO. — Pourquoi? Mais dis-le! Ôte-toi les mains du visage.
CALLIMACO. — Oh, ne sais-tu pas que j’ai dit à messire Nicia que toi, lui, Siro et moi, nous attraperons quelqu'un pour le mettre aux côtés de sa femme?
LIGURIO. — Qu'importe ?
CALLIMACO. — Comment, qu'importe? Si je suis avec vous, je ne pourrai pas être celui qui est pris; si je n’y suis pas, il s’avisera de la tromperie.
Licurio. — C’est vrai. Mais n’y a-t-il pas un remède ?
CALLIMACO. — Je ne crois pas.
121. Tisane à la cannelle faite avec du vin. 122. Je me suis pris dans une impasse.