ACTE IV
LiGuriO. — Si, il y en aura bien.
CALLIMACO. — Lequel ?
LIGURIO. — Je veux y penser un peu.
CALLIMACO. — Comme tu m’éclaires! Me voilà mal foutu si tu dois y songer maintenant.
LIGURIO. — J'ai trouvé.
CALLIMACO. — Quoi ?
LiGURIO. — Je ferai en sorte que le frère qui nous a aidés jusqu'ici fasse ce qui manque.
CALLIMACO. — De quelle manière ?
LiGuRIO. — Nous avons tous à nous déguiser. Je ferai se déguiser le frère : il contrefera ta voix, ton visage et ton habit; je dirai au doffore que c’est toi; il le croira.
CALLIMACO. — Ça me plaît. Mais moi, que ferai-je ?
LIGURIO. — Je compte que tu te mettes un manteau court, et qu’avec un luth à la main tu t'en viennes par ici, au coin de sa maison, en chantant une chansonnette.
CALLIMACO. — À visage découvert ?
LIGURIO. — Oui, car si tu portais un masque, il lui viendrait des soupçons.
CALLIMACO. — Il me reconnaîtra.
LiGURIO. — Non, car je veux que tu te tordes le visage ; que tu ouvres la bouche ou la rendes pointue ou grinces les dents ; que tu fermes un œil. Essaie un peu.
CALLIMACO. — Je fais comme ça?
LIGURIO. — Non.
CALLIMACO. — Comme ça?
LIGURIO. — Ça ne suffit pas ?
CALLIMACO. — De cette façon ?
LIGURIO. — Oui, oui; retiens cela. J’ai un nez postiche à la maison, je veux que tu te laccroches.
CALLIMACO. — Eh bien, qu’arrivera-t-il ensuite ?
LiGURIO. — Lorsque tu seras apparu au coin, nous serons là, nous