ACTE IV
t’enlèverons ton luth, t'attraperons, te tournerons, te conduirons dans la maison, te mettrons au lit. Le reste, tu devras le faire par toi-même.
CALLIMACO. — Reste le fait de s’y rendre.
LIGURIO. — Tu ty rendras. Mais de faire en sorte que tu puisses y retourner, cela dépend de toi et non de nous.
CALLIMACO. — Comment?
LIGURIO. — La gagner © à toi cette nuit, et avant de partir, te faire
connaître à elle, lui découvrir la tromperie, lui montrer l'amour que tu lui portes, lui dire le bien que tu lui veux; et comment sans infamie elle peut être ton amie et avec grande infamie, ton ennemie. Il est impossible qu’elle ne tombe pas d’accord avec toi et qu’elle veuille que cette nuit soit la seule.
CALLIMACO. — Tu crois cela?
LIGURIO. — J'en suis certain. Mais ne perdons plus de temps, il est déjà vingt heures. Appelle Siro, envoie la potion à messire Nicia et attends-moi à la maison. J'irai trouver le frère, le ferai se déguiser et le conduirai ici. Puis nous retrouverons le doffore et ferons ce qui reste à faire.
CALLIMACO. — Bien dit. Vas-y!