Scène IV
CALLIMACO SEUL
CALLIMACO. — J'attends que Ligurio revienne avec le frère : qui dit que c'est chose dure que d’attendre dit la vérité. Je perds cinq kilos à l'heure à penser où je suis maintenant, où je pourrais être d’ici deux heures, à craindre que ne naisse quelque chose qui interrompe mon plan. Parce que si cela arrivait, ce serait la dernière nuit de ma vie, parce que je me jetterai dans l’Arno, ou me pendrai, ou me jetterai par ces fenêtres là-haut, ou me frapperai d’un couteau sur le seuil de sa porte. Je ferai quelque chose pour ne plus vivre. Mais est-ce Ligurio que je vois ? C’est bien lui! Il a avec lui quelqu’un qui paraît bossu, boiteux ; c’est certainement le frère déguisé. Oh frères! Si tu en connais un, tu les connais tous. Qui est cet autre qui s’est joint à eux ? Ça m'a l’air de Siro qui aura déjà porté le message au doftore. C’est lui. Je veux les attendre ici pour me joindre à eux.