Vous avez eu un regain de jeunesse
158. Les trois pièces de Machiavel se terminent par une remarque
semblable aux spectateurs.
, (En hs ep: : WE L
| - | “ir; en : : en TOME AE
a à Cie ET :
= — x | = PENET LE L APTE TE Rte sm
Ph . à F— 2% "1 Le #1, s | su) vue a
| 1e 1116 2 L . AB d'asts # dau
= : « N 7e dé des ri ve A . ve vs F r :
mUULS crrhordratn ag 2 an ne QU rl artrAE : PA a À'anble dati) Én6 A nt ai. 2 Peas Égbi 2: Eat Es sat LT RT 70m ww | dir
à 21h AR ni Porn air on à .
D e.-7 MVL Re nas PE * = eme 4 » quil À Fa br 151 : . 1e mens LUE ET
L S 7 dd » — LU : A , ns L À ï ke ue E 1e D ca:
D ï . CE e 2 LA if .
de FR D 4.
ù se | Liu { LL . ‘ : »
és » dé à) É FT à = L D) ( purs j La.
| ÿL OR :
à ) À LEE .
nr | j ; - ee Caen L »
La Mandragore porte bien son titre. Plante médicinale et légendaire, la mandragore sert de prétexte dans la pièce, car c’est en lui attribuant des vertus de fécondité etun dangereux effet secondaire qu’on trompera Lucrezia. En fait, on ne lui servira pas une potion de mandragore, mais un simple verre d’hypocras (tisane faite avec du vin sucré) pour la disposer à la nuit d'amour. Ainsi, le titre annonce déjà une ruse, un mensonge. Pour séduire Lucrezia, il faut la tromper.
La Mandragore est l’histoire d’une séduction: séduction physique il va s’en dire, mais aussi et surtout séduction morale. Au départ, Callimaco cherche un moyen de passer une nuit d'amour avec la plus belle femme d'Italie, tout son bonheur et son inquiétude tiennent à cette obsession. Le fourbe de Ligurio le rassure: «Tu t'y rendras.» Et du même souffle, il fait une suggestion qui donne à la pièce sa vraie couleur : «Mais de faire en sorte que tu puisses y retourner, cela dépend de toi et non de nous.» Callimaco veut aussitôt savoir comment s’y prendre, et Ligurio de lui conseiller:
La gagner à toi cette nuit, et avant de partir, te faire connaître à elle, lui découvrir la tromperie, lui montrer l’amour que tu lui portes, lui dire le bien que tu lui veux; et comment sans infamie elle peut être ton amie et avec grande infamie, ton ennemie. Il est impossible qu’elle ne tombe pas d’accord avec toi et qu’elle veuille que cette nuit soit la seule (1v.2).
Le tournant qu’opère ce conseil est le point capital de la pièce. La séduction de Lucrezia ne sera pas l’histoire d’un écart passager suivi d’un retour à l’ordre, car Callimaco ne songe plus à une simple incutsion nocturne suivie d’une retraite les mains vides pour ainsi dire. Au contraire, il poursuivra son désir plus avant pour conquérir le cœur de Lucrezia. S'il s'était contenté «d’être une seule fois avec elle (1v.1)», il aurait suffi de la tromper, incognito, puis de rentrer à Paris. Mais à présent, pour qu’elle consente à poursuivre la liaison, il faudra prendre bien plus, il faudra transformer son cœur et sa nature, comme dans la nouvelle de Boccace (Décaméron 111.6). Sauf que dans cette nouvelle, le séducteur agit sans doute sous l'effet de la passion, ce qui peut l’excuser
COMMENTAIRE
en partie. Mais chez Machiavel la liaison durable est la suggestion d’un tiers, d’un conseiller rationnel, et Callimaco a suivi ses directives à la lettre ou presque, ainsi qu’il le raconte lui-même le lendemain.
Comme je te l’ai dit, mon Ligurio, je suis resté mal à l’aise jusqu’à trois heures du matin; et bien que j’éprouvasse grand plaisir, ça ne me parut pas bien. Mais après que je me fis connaître à elle et que je lui ai fait comprendre l’amour que je lui portais, et combien facilement par la simplicité du mari nous pouvions vivre heureux sans infamie aucune, lui promettant, du moment que Dieu fasse autre chose de lui, de la prendre pour femme; et ayant, elle, en plus des vraies raisons, goûté quelle différence il y a entre ma couchette et celle de messire Nicia, et entre les baisers d’un jeune amant et ceux d’un vieux mati, après quelques soupirs elle dit
Lucrezia comprend sur le coup et se métamorphose: son entourage s’est montré méchant envers elle, elle en fera autant. Elle abandonne sa vertu chrétienne par où elle fut dupe, pour poursuivre son intérêt et ses désirs. Ce virage moral est le moment de la victoire et le point culminant de la pièce. C’est parce que Lucrezia se fait un cœur nouveau que tous seront contents à la fin de la pièce: Nicia aura son fils, Callimaco auta sa bien-aimée, Lucrezia aura son amoureux et protecteur, Ligurio aura sa victoire, son salaire et un bon accueil chez Callimaco, Timoteo aura son argent, Siro aura un maître heureux et un peu d’argent, Sostrata aura un petit-fils et une fille à sa ressemblance. Tout est bien qui finit bien.
Cette harmonie plaisante et calculée où chacun trouve son compte est l’image de la république heureuse et stable que Machiavel prône dans ses écrits politiques. La Mandragore illustre une nouvelle morale comme Le Pnnce et les Discours sur Tite-Live proposent un régime nouveau. Toutefois, pour réaliser et cette nouvelle morale et cette politique nouvelle il faut changer les cœurs: tous (princes et peuples) doivent désormais poursuivent leur désir et non la vertu, à l'instar de Callimaco et de Lucrezia. Callimaco menait une vie équilibrée à Paris, une vie humaniste et sage; Lucrezia était tranquille et vertueuse à Florence, gardant la maison et priant le Seigneur afin d’avoir un fils. Puis Callimaco est bouleversé par les éloges qu’on fait d’elle et la vue de . sa beauté le met hors de lui: il lui faut conquérir cette beauté. Mais par lui-même, au début, Callimaco planifie à court terme. Il ressemble aux princes qui, convoitant un nouveau pouvoir ou un nouveau territoire,
COMMENTAIRE
ne tiennent pas en place et tentent aussitôt de s’en accaparer : souvent, n'ayant pas calculé les difficultés de s’y maintenir, ils doivent se retirer les mains vides. Machiavel veut enseigner l’art d'acquérir et de waintenir, c’est-à-dire l’art de la stabilité politique: ou bien on a les moyens de se maintenir dans le territoire convoité, ou bien on reste chez soi. Ceux qui tentent d'acquérir sans s’y maintenir sont risibles, et ceux qui s’y maintiennent sont loués (Le Prince m). C’est donc le calcul à long terme que propose Machiavel. D’où le personnage de Ligurio ici, et le rôle de conseiller que Machiavel joue dans ses écrits.
Le prince qui est bien conseillé et qui calcule par où il peut mieux maintenir son pouvoir le trouve du côté du grand nombre, qui désire sécurité et bien-être. De même que le prince doit abaisser les grands pour se gagner le peuple, de même Callimaco trompe Nicia et Timoteo pour devenir le seigneur et le protecteur de Lucrezia. Il faut donc que le prince se gagne et se maintienne ami le peuple, qu’il épouse leurs préoccupations et qu’il cesse de privilégier les grands et la grandeur humaine. Ce conseil est répété de diverses façons dans Le Prince: il ne faut pas croire au dicton gwi s'appuie sur le peuple s'appuie sur la fange (IX) ; pour évaluer les forces d’un prince, il faut considérer s’il est haï ou non par le peuple (x) ; les meilleures armes sont les armes propres (Ru à xIV); il ne faut pas surcharger son peuple d'impôts (xvi); il ne faut pas porter atteinte aux propriétés de ses citoyens (XVI) ; quelqu'un qui devient prince, soit par le soutien des grands soit par le soutien du peuple, doit se gagner ou se maintenir ami le peuple (1x) ; la meilleure défense contre les conjurations, c’est la bienveillance du peuple envers son prince (xIx); l'institution du parlement raffermit le lien entre le prince et le peuple, et mate les grands (x1x) ; «la meilleure forteresse qui soit consiste à ne pas être haï par le peuple» (xx); il faut récompenser les citoyens vertueux et les artisans habiles (xx1); il faut assurer les conditions qui permettent aux citoyens d’exercer paisiblement leur métier et il faut les tenir occupés par des fêtes et des spectacles (xx1). Tous ces conseils proposent un rapprochement inédit entre gouvernant et gouvernés, et cette alliance nouvelle est au principe de nos régimes politiques modernes et de leur quête d’un bonheur stable.
Mais une telle alliance entre prince et peuple n’est possible que si l’un et l’autre font passer le bien-être avant le salut de l’âme. C’est ce que font Callimaco et Lucrezia en préférant leur plaisir à la vertu. Si Callimaco avait recouvré ses esprits et était retourné à Paris, si Lucrezia
COMMENTAIRE
avait repoussé Callimaco pour défendre sa vertu (à la manière de Lucrèce chez Tite-Live), il n’y aurait pas eu d’alliance durable. Machiavel est le premier à affirmer en son propre nom qu’il faut être rationnellement égoïste pour vivre heureux, que ce qui passe pour vice est souvent plus utile que ce qui passe pour vertu. Toutefois, ce n’est pas là le laisser-aller et le chaos. L’art du politique, et la tâche du prince habile, est de plier l’égoïsme de chacun à un égoïsme collectif en amenant les citoyens à trouver leur sécurité et bien-être dans l’obéissance au prince et aux lois. Cette œuvre politique trouve son écho poétique dans le discours nocturne de Callimaco: il fait comprendre à Lucrezia que son entourage est égoïste et que son avanfage personnel tient à une liaison avec lui. Une personne de bien ne tient pas au milieu de tant de méchants, il faut qu’elle apprenne à être méchante à son tour (Le Prince xv). Lucrezia délaisse sur le coup son obéissance à sa mère, à son père spirituel et à son mari pour s'attacher à ce nouveau protecteur, et en retour, elle le défend devant tous, à la fin, en lui donnant les clés de la chambre dans la galerie.
L'Italie de la Renaissance, fragmentée en une douzaine de petits États, était un terrain de bouleversements continuels, comme s’en plaint Machiavel (Prince XxIV). Les princes italiens faisaient sans cesse des conquêtes temporaires en territoires voisins, et cette instabilité invitait les princes étrangers, comme l'Espagne, la France et l’Allemagne, à venir y faire des incursions. Machiavel propose qu’on unifie l’Italie pour la rendre stable et prospère: c’est l’appel qu’il lance à la fin du Prince (xxV1). C’est là un appel audacieux, car le Pape, à l’époque, est le chef politique d’une partie de l’Italie, c’est-à-dire d’un pays bien à lui qu'on nommait les États de l'Église, dont la capitale était Rome. Par conséquent, l'unification de l’Italie requiert non seulement un prince qui ose se dresser contre le Pape pour lui enlever son pouvoir temporel, mais en même temps un peuple italien qui soutienne ce prince nouveau et l’accueille comme son vrai protecteur. Pour unifier l'Italie, il faut transformer les cœurs italiens. Machiavel veut changer les cœurs, comme Callimaco à changé le cœur de Lucrezia.
Comment s’y prendre? Callimaco a réussi en révélant à Lucrezia son astuce à lui, la sottise de son mari, la simplicité de sa mère et la méchanceté de son confesseur. Pareillement, Machiavel y travaille en révélant à ses lecteurs son astuce propre, la sottise des princes de l’époque, la simplicité du peuple et la méchanceté des papes. Le
COMMENTAIRE
christianisme avait soumis les princes et les peuples à l’autorité romaine. Mais on n’a jamais vu des Papes aussi fourbes et ambitieux qu’Alexandre VI et Jules IL: le premier se montra parfait renard en étendant les terres de l'Église jusqu’en Romagne par l’entremise de César Borgia (Le Prince Vn et xt), le second à été un lion en poursuivant les conquêtes romaines vers Venise (Le Prince x1 et xxv). Machiavel veut faire une mauvaise réputation à l'Église et à tous les princes médiocres pour amener les Italiens à proclamer devant un prince nouveau ce que Lucrezia à déclaré à Callimaco: «Je te prends comme seigneur, maître et guide; je veux que ce soit toi mon père, toi mon défenseur et toi tout mon bien.» Cette alliance entre prince et peuple est le fondement sûr de l’État moderne. Elle passe par le refroidissement des ardeurs religieuses, ou si l’on veut par la séparation de l’État et l'Église. Elle requiert des cœurs moins chrétiens et plus patriotiques.
César Borgia sert d'exemple dans L+ Prince. I] fut grand conquérant à l’époque, sauf qu’il est demeuré comme un Callimaco sans Ligurio et n’a pas su maintenir ses conquêtes. Il a pourtant montré beaucoup d’adresse : il sut ne pas compter trop longtemps sur une armée auxiliaire, il sut abaisser les puissantes familles romaines et se faire siens leurs soldats, il sut apaiser les troubles de la Romagne par l'intermédiaire d’un homme cruel. Mais il ne sut pas se rendre indépendant de son père le Pape Alexandre VI pour qui il fit ses conquêtes: il nosa pas se déclarer prince des territoires de l’Église, en tout ou en partie. S’il fut exemplaire en tout autre chose (et Machiavel en fut témoin), s’il montra une #rfà qui rappelait celle des Romains, il lui manqua l’audace de s’assurer contre le pouvoir de l’Église. Sans doute il lui semblait inconcevable de détourner le peuple de son respect pour Rome pour se le gagner à lui en qualité de prince suprême. C’était le cas aussi de Baglioni, tyran cruel de Pérouse (Discours sur Tite-Live 1.27), qui n’osa pas se rendre maître du Pape Jules II, qui était venu lexpulser avec seulement sa garde du corps. Baglioni, entouré de sa compagnie de soldats, laissa passer l’occasion à la stupéfaction de tous (y compris Machiavel qui accompagnait le Pape). On peut imaginer que César Borgia et Baglioni auraient mieux réussi s’ils avaient eu auprès d’eux un conseiller comme Ligurio ou Machiavel.
. Un prince trop chrétien fait un mauvais prince et un peuple trop chrétien fait un mauvais peuple. Il faut donc un prince et un peuple plus politiques que religieux pour établir un Etat stable et prospère.
COMMENTAIRE
Ils seront l’un et l’autre à l’image de Callimaco et Lucrezia, osant poursuivre ensemble la sécurité et le bien-être, peu honteux d’être mauvais chrétiens. Cette nouveauté est si importante que Machiavel la compare lui-même à la découverte d’un nouveau continent (Discours Introduction). Et puisqu'on l’a suivi par la suite, Machiavel est devenu le grand conseiller de nos princes modernes, il est le Ligurio lointain de nos Callimaco politiques.
Si Callimaco est l’image du prince moderne et Lucrezia, l’image du peuple moderne, Nicia par contre est le portrait des princes anciens. N'a-t-il pas puisé dans Boèce le droit ancien et la morale ancienne (Prologue) ? Dans sa prison, Boèce avait fait l'éloge de la philosophie qui enseigne à se consoler des mauvais coups du sort: la Fortune est notre maîtresse, et les hommes, simples mortels, n’ont pas mieux à faire que d’accepter qu’elle ait le dernier mot. Il faut accepter le sort qu’elle nous réserve, à l’exemple du pêcheur qui sait que la mer est une maîtresse sévère, et qu’elle distribue selon son bon plaisir la bonne et la mauvaise fortune. Les chrétiens adoptent un peu la même attitude face aux bontés et aux épreuves que Dieu veut bien leur envoyer, avec cet avantage qu'ils peuvent espérer que son Fils à conquis la mort et qu’il y a un paradis à la fin de leurs jours pour les consoler de leurs épreuves. Machiavel enseigne une nouvelle attitude, qui n’est ni grecque mi chrétienne, et qui pourtant s'inspire de l’une et de l’autre: il donne l’espoir d’un certain paradis sur terre. Ce ne sera plus l'intervention divine qui assurera le bonheur mais l’intervention humaine. Ce n’est plus le Dieu chrétien et la fortune grecque qui se partagent harmonieusement la gouverne des choses, c’est l’homme et la fortune, mais d’une façon antagoniste. L'homme démontrera une puissance quasi-divine à conquérir la fortune dès cette vie, il deviendra son propre sauveur et tentera de vaincre les misères humaines. Il doit dès lors battre la fortune et la bousculer, comme Callimaco a bousculé tout le monde, et surtout Lucrezia qu’il a tirée de sa vie vertueuse, qu'il a conduite à une action qui lui semblait inconcevable, et qu’il a poussée à tromper à son tour.
En somme, La Mandragore est une illustration poétique de la transmutation politique que propose Machiavel. Callimaco est le beau guerrier qui devient prince nouveau, modèle pour un Médicis ou tout autre qui serait à la hauteur. Ligurio est son conseiller machiavélique. Lucrezia est le peuple italien, très chrétienne, soumise au clergé,
COMMENTAIRE
fidèle à son mari, mais qui se laisse séduire à une nouvelle vie sous un protecteur nouveau. Nicia est le prince ancien ou héréditaire, le prince impotent, imbu de leçons stériles, qui se fait renverser par le prince nouveau (Le Prince XXIV); on pourrait aussi voir en Nicia un reflet du général athénien, Nikias, dont la naïveté et les superstitions le ruinèrent, lui, son armée et toute la puissance d’Athènes (voir Discours 1.53 et u1.16, ainsi que Plutarque, [/%e de Nikias). Timoteo, quant à lui, est une image satyrique de l’Église qu’il faut discréditer. Dans toute cette symbolique, ce n’est pas seulement la potion de mandragore, c’est la comédie La Mandragore elle-même qui sert de prétexte. La pièce peut bien paraître le divertissement d’un moment, mais en réalité elle se veut une séduction profonde. La séduction morale de Lucrezia préfigure la séduction morale des spectateurs, comme nous l’annonce Machiavel lui-même dans son prologue:
Et moi je voudrais que vous fussiez séduites comme elle.
D SL L Ve RE NT RE LOT PL e Le L :
# . “ x] DOS + DE x 4 ES = L lssetr Sort el QE « . set L 4 . Lu De Eat ” Dr gr tv p PDL | é CRE ETS tuent té , L “mn fre Es ds OS L v ‘re , k k y age om ap phisempéents el un ñ svitabpreur tt osé sudéfe é: , À Lo er or M PCR TT DT d “ agite it … + ngml valait Le. se (WA #i és EC à : | 7 le NT RES … PME : ns, Lo" LS er", = À Val a re rp 2e eu Al Je à Le Lo rr TE ‘ Le " > Es A À he. ) PR Ê L'r6l avr % À LEA de | Sage Fate = ip Û Lei! UE Li of "E y > + 8 res Nu vie = Ar ® s E é Re D "| : r- Sa, 2 ne + ÿ L ee Gi TPS + mn. ; se l Kaas < : ï æ : . 4 + . = | Le dif en. Mimi a+ re n L p a tre à Lépiagy Qu és | 7 | hi : « * 2e € re 2 . Ihr a NS Ï ne , à à ap ” |! = vos = OR } = te … 0 ou = 0 : 2 & £ 5 > 5 à = RE se nb su = n Re fi = dé on : + : - 19 044 > m4,S PT io & +”: » = fai AGE SPA HT Le Si 2 ff dé. heiv no en, fo) t e L] L ‘a “ arte me Téhrem | ms | k - ta CRE # M À .® {x ‘ L bo L2 LD & | . dt re a k ne LE ; à CEA 2 éd Pt 6 Le E = Si “ cr & & é FR CAR " hype # =», 4 ve 4 HSE dd | me Ps ' = f D Le «( | ren + F&be Qe= Le u L tipui lard rs .
# . en A
LE VIOL DE LUCRÈCE
Tite-Live, Histoire romaine 1.53 et 56-60
LIIT. En qualité de roi, Tarquin ? a été tyrannique et injuste, avec la réserve qu'en temps de guerre et à titre de général, il ne fut pas mauvais. On peut même affirmer qu’il aurait eu tout ce qu’il fallait pour égaler les rois précédents, si plusieurs autres dépravations de sa part n’avaient pas éclipsé sa gloire militaire. C’est lui qui provoqua contre les Volsques une guerre qui persista encore deux cents ans après son règne. Contre eux, il s’empara avec violence de la cité de Suessa Pometia*, La vente du butin consécutif à cette conquête ayant rapporté quarante talents‘ d'argent, le roi de Rome décida d'employer cette somme pour ériger un temple à Jupiter®. Il décréta que les proportions de l’ouvrage seraient à la mesure de la grandeur et de la magnificence du souverain des dieux comme des hommes, à la gloire de l'empire romain, de même qu’à la majesté du lieu. Ainsi, l’argent pris à l’ennemi fut réservé à cette fin
Fa]
LVI. Tout occupé à achever la construction de ce temple et ayant fait venir des ouvriers de tous les points de l’Étrurie”, Tarquin engloutit dans l’entreprise, non seulement les fonds publics mais aussi le travail
1. En plus de Machiavel, on notera qu’Augustin, Shakespeare et La Fontaine ont consacré quelques pages de leurs œuvres à commenter le viol de Lucrèce.
2. Lucius Tarquinius Superbus, septième et dernier roi de Rome (534- 509). II monta sur le trône après avoir assassiné Servius Tullius, son beau-père; il abolit la constitution de Servius et ne put maintenir Rome que par la violence. D’après la tradition légendaire, Rome eut sept rois en ses débuts (750-510): Romulus, Numa Pompilius, Tullus Hostilius, Ancus Martius, Tarquin l’Ancien, Servius Tullius, Tarquin le Superbe.
3. Nation de l’ancienne Italie, établie au sud-est du Latium. Ce peuple a été soumis par les Romains vers 310 av. J.-C.