‹ La mandragoreChapitre 9 sur 91 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Si, par sa frivolité, le sujet présenté n’est pas digne d’un homme qui désire paraître sage et grave, excusez-le avec ceci: qu’il s’ingénie par ces vaines pensées à adoucir sa triste vie, parce qu’il n’a pas d’autre côté où tourner la face; car on lui a interdit de démontrer en d’autres entreprises autre vertu, ses peines demeurant sans récompense *.

La récompense espérée est que chacun se tienne à l’écatt et ricane, médisant de ce qu’il voit ou entend.

De là vient, sans aucun doute, qu’à tous égards, le siècle présent dégénère de l’antique vertu:

voyant que tout est objet de blâme, les gens ne s’éreintent pas et ne se tourmentent pas pour réaliser, avec mille embarras, une œuvre que le vent gâche ou que le brouillard recouvre.

14. Les Médicis, au pouvoir à Rome et à Florence, n’acquiescent pas aux demandes répétées de Machiavel, qui souhaite être employé par eux. Voir Le Prince, lettre dédicatoire et chapitre xxvi. Voir également la correspondance entre Machiavel et Vettori au printemps 1513 où il cherchait à se faire recommander auprès du nouveau pape Léon X (Jean de Médicis). Sous le règne de Clément VII, on lui confie enfin quelques responsabilités mineures.

Cependant, si quelqu'un, en médisant de l’auteur, croit le prendre aux cheveux et l’effrayer, ou le faire reculer quelque peu, je l’avertis et lui dis que lui aussi sait médire, que ce fut là son premier métier, et que, dans toutes les parties du monde où résonne le 5}, il n’a d’estime pour personne, bien qu’il joue le serviteur à celui qui peut porter meilleur manteau que lui ".

Mais laissons médire qui voudra.

Revenons à notre cas pour ne pas perdre de temps.

On ne doit pas faire grand cas des paroles, ni avoir d’estime pour quelque monstre qui, peut-être, ne sait pas s’il vit encore.

Callimaco sort avec Siro, son domestique ; il fera connaître l’état des choses.

Que chacun soit attentif,

et n’attendez pas d’autre commentaire pour le moment.

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