SCÈNE VII
At’GUSTE. VICTOR.
VICTOR
Tiens, vois toi-méme. . el dis-moi s'il est permis de pousser plus loin l’insolence.
AUGUSTE, parcourant le billet.
«t Adorable mignonne... » Point de signature... et c’est une déclaration d'amour qu'on ose adresser à Camille ! (Avec colère.) Morbleu ! (Se reprenant.) C’est ce matin, quand elle est sortie, qu’on lui aura glissé ce billet dans son panier.
VICTOR
Hé bien!... tu vois maintenant ce que je le disais tantôt!... c’est nous qui l’exposons à de pareilles insultes... c’est la position où elle se trouve ici.
AUGUSTE
Tu as raison... mais il faut t’avouer la vérité... il me serait impossible de ne plus voir Camille ,
de me séparer d’elle Pendant long-temps ,
comme loi, j'ai cru que ce n’était que de l’amitié ; mais je ne peux plus m'abuser : c’est de l’amour.
VICTOR
Que dis-tu !
AUGUSTE
Je l’aime ; je veux l’épouser; et c’est là le projet dont je voulais te parler ce matin.
victor, à part.
Ah! malheureux que je suis! (Haut.)
Air: Restes, restes, troupe jolie.
Quoi ! l’amour régnait dans ton ame,
Et tu ne nous en parlais pas ?
AUGUSTE
C’est qu’en pensant à celle flamme ,
Je me la reprochais tout bas.
Oui , de l'aimer à la folie Je m’accusais... car c'est, hélas !
Le premier bonheur de ma vie Que vous ne partagerez pas.
Ou plutôt je disais... c'est ma femme et moi qui tiendrons le ménage : par ce moyen nous ne nous quitterons pas , nous resterons ensemble... Je sais que le moment n’est pas favorable , puisque nous n’avons rien que des dettes , et que notre loyer même n’est pas payé; mais enfin, les circonstances peuvent changer , et si jamais je fais fortune , ce sera pour la partager avec vous, mes omis, el avec elle... Hein ! que dis-tu de mon plan?
VICTOR
Qu'il meparnlt très raisonnable, très convenable.
AUGUSTE
Tu l'approuves donc? A merveille. Voici
notre ami Scipion; ne lui |>arle pas encore de mon amour... parce qu'il est goguenard et qu’il se moquerait de moi.