LÉGION D'HONNEUR
Les mesures dont j'ai esquissé les dispositions générales dans ce chapitre sont la conséquence et l'application du programme que je m'étais imposé : j'avais, avant tout, en vue la régénération de la manufacture et le désir d'en assurer le fonctionnement par la formation d'un personnel actif et instruit; convaincu, d'autre part, qu'on ne peut rien obtenir des collaborateurs d'un établissement voué par essence aux recherches et aux découvertes, sans les intéresser aux succès de la maison par leurs propres succès, je me suis appliqué à exciter leur émulation, à améliorer les conditions de leur existence, à faire reconnaître par le gouvernement les mérites et les efforts personnels de chacun. J'ai pensé que j'atteindrais mon but, plus, en développant l'intimité de nos rapports, en créant une sorte de vie de famille, qu'en formulant des prescriptions sévères et en me tenant éloigné de chacun ; les résultats ont été conformes à mes prévisions, jusqu'aux derniers mois de mon administration : le personnel éclairé que j'ai laissé à la manufacture de Sèvres a su faire de 1879 à 1887 des œuvres remarquables; il est capable d'en faire d'autres.