‹ La manufacture nationale de Sèvres 1879-1887Chapitre 91 sur 106 · PORCELAINES DE GRANDES DIMENSIONS · texte numérisé non relu

PORCELAINES DE GRANDES DIMENSIONS

Les vases ou autres grandes pièces qu'on voit dans les jardins, les galeries et les palais qui, sur leur piédestal, constituent des morceaux indépendants d'architecture ornementale sont soumis aux règles précises de cet art.

Ce ne serait pas sans péril, en effet, que pour en déterminer la forme on s'abandonnerait aux inspirations d'une imagination fantaisiste ou aux réminiscences d'un art exotique. Certains contours capricieux peuvent convenir à tel milieu dont l'ornementation générale affecte un caractère identique, mais ils s'accommoderaient mal de l'entourage qui leur serait sûrement réservé chez nous.

La beauté d'une pièce céramique dépend à la fois de sa forme et de l'accord parfait de cette forme avec la décoration.

L'expression de fierté, de grâce ou de magnificence dans la forme commandera le caractère de hardiesse, de délicatesse ou de richesse que devront prendre les sculptures et les peintures concourant à la décoration.

Il semblerait que la composition des grandes pièces décoratives, soumise à des règles si simples en apparence, dût être facile pour celui que des études suffisantes ont préparé à ce genre de création.

Mais, sans parler des vases commémoratifs dont la décoration principale sera toute seule un sujet de laborieuses recherches, ni des vases destinés à une place déterminée pour lesquels un entourage connu commandera la forme, le décor et jusqu'à la coloration, ne faudra-t-il pas, en toute circonstance, s'astreindre au respect absolu des règles et des préceptes sur la division de l'espace? Ne faudra-t-il pas conserver une proportion exacte entre chacune des parties de la décoration et la pièce elle-même; rechercher les combinaisons d'une coloration harmonieuse avec des couleurs franches et éclatantes, éviter surtout les complications et les multiples détails qui conduiraient inévitablement au papillotage ou à une tonalité générale sans effet qui rappellerait les plus mauvaises productions de Sèvres, entre les années 1825 et 1850?

En résumé, les pièces d'une importance capitale que la manufacture est appelée parfois à fabriquer doivent réunir tous les

caractères de la beauté qui sont de tous les âges et être en même temps l'expression la plus élevée de l'art céramique à leur époque.

Après avoir rappelé les principes généraux de l'art céramique, il nous reste, monsieur le Ministre, à conclure en ce qui concerne l'ensemble des œuvres actuellement exposées.

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