‹ La MaratreChapitre 25 sur 93 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les Mêmes, moins FERDINAND, LE JUGE et BAUDRILLON.

GODARD

Je vais savoir, dans l'instant, si Pauline aime monsieur Ferdinand. Ce gamin, qui demande en quoi est faite la justice, me paraît très-farceur, il me servira. (Félix paraît.)

GERTRUDE

Le café. (Félix apporte le guéridon où lestasses sont disposées.)

godard, qui a pris Napoléon à part.

Veux-tu faire une bonne farce ?

NAPOLÉON

Je crois bien. Vous en savez ?

GODARD

Viens, je vais te dire comment il faut t'y prendre. (Godard va jusqu'au perron avec Napoléon.)

LE GÉNÉRAL

Pauline, mon café. (Pauline le lui apporte.) Il n'est pas assez sucré. (Pauline lui donne du sucre.) Merci, petite.

GERTRUDE

Monsieur de Rimonville.

Godard!...

GERTRUDE

Monsieur de Rimonville.

LE GÉNÉRAL

Godard, ma femme vous demande si vous voulez du café ?

GODARD

Volontiers, madame la comtesse. (Il vient à une place d'où il peut observer Pauline.)

LE GÉNÉRAL

Oh ! que c'est agréable de prendre son café bien assis,

NAPOLÉON

Maman, maman, mon bon ami Ferdinand vient de tomber, il s'est cassé la jambe, car on le porte.

VERNON

Ah 1 bah !

LE GÉNÉRAL

Quel malheur !

PAULINE

Ah! mon Dieu! (Elle tombe sur un fauteuil,)

Que dis-tu donc là ?

NAPOLÉON

C'est pour rire ! Je voulais voir si vous aimez mon bon ami.

GERTRUDE

C'est bien mal, ce que tu fais là; tu n'es pas capable d'inventer de pareilles noirceurs?

napoléon, tout bas.

C'est Godard.

GODARD

Il est aimé, elle a été prise à ma souricière qui est infaillible. gertrude, à Godard, à qui elle tend un petit verre.

Savez-vous, monsieur, que vous seriez un détestable précepteur! C'est bien mal à vous d'apprendre de semblables méchancetés à un enfant.

GODARD

Vous trouverez que j'ai très-bien fait, quand vous saurez que par ce petit stratagème de société ; j'ai pu découvrir mon rival. (Il montre Ferdinand, qui entre.)

gertrude, elle laisse tomber le sucrier. Lui!

godard, à part* Elle aussi !

gertrude, haut.

Vous m'avez fait peur.

le général, qui s'est levé.

Qu'as-tu donc, ma chère enfant?

gertrude.

Rien, une autre espièglerie de monsieur, qui m'a dit que le procureur du roi revenait. Félix, emportez ce sucrier, et donnez en un autre.

le docteur.

C'est la journée aux événements.

gertrude.

Monsieur Ferdinand, vous allez avoir du sucre. (A part.) Il ne la regarde pas. (Haut) Lh bien, Pauline, tu ne prends pas un morceau de sucre dans le café de ton père ? napoléon.

Ah bien, oui, elle est trop émue ; elle a fait : ah !

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