ACTE I, SCENE lV
PAULINE
Veux-tu te taîre, petit menteur, tu ne cesses de me taquiner. (Elle s'assied sur son père et prend un canard.)
GERTRUDE
Ce serait vrai? et moi qui l'ai si bien habillée. (A Godard.) Si vous aviez raison, votre mariage se ferait dans quinze jours. (Haut.) Monsieur Ferdinand, votre café.
GODARD
J'en ai donc prix deux dans ma souricière ! Et le général si calme, si tranquille, et cette maison si paisible... Ça va devenir drôle... je reste, je veux faire le whist ! Oh ! je n'épouse plus. (Montrant Ferdinand.) En voilà -t-il un homme heureux ! aimé de deux femmes charmantes, délicieuses ! quel factotum ! Mais qu'a-t-il donc de plus que moi qui ai quarante mille livres de rentes !
GERTRUDE
Pauline ! ma fiîle, présente les cartes à ces messieurs pour le whist. Il est bientôt neuf heures... s'ils veulent faire leur partie, il ne faut pas perdre de temps. [Pauline arrange les cartes.) Allons Napoléon, dites bonsoir à ces messieurs, et donnez bonne opinion de vous en ne gaminant pas comme vous faites tous les soirs.
NAPOLÉON
Bonsoir, papa. Comment donc est faite la justice ?
LE GÉNÉRAL
Comme un aveugle ! bonne nuit, mon mignon !
NAPOLÉON
Bonsoir, monsieur Vernon. De quoi est donc faite la justice?
VERNON
De tous nos crimes. Quand tu as commis une sottise, on te donne le fouet; voilà la justice,
NAPOLÉON
Je n'ai jamais eu le fouet.
VERNON
On ne t'a jamais fait justice, alors I
NAPOLÉON
Bonsoir, mon bon ami ! bonsoir, Pauline 1 adieu, monsieur Godard...
GODARD
De Rimon ville.
NAPOLÉON
Ai-je été gentil. (Gerirude V embrasse.)
LE GÉNÉRAL
J'ai le roi.
VERNON
Moi, la dame.
Ferdinand, à Godard.
Monsieur, nous sommes ensemble.
gertrude, voyant Marguerite.
Dis bien tes prières, ne fais pas enrager Marguerite... va, cher amour.
napoléon ■.
Tiens, cher amour!... en quoi c'est j fait l'amour. (Il s'en va.)