‹ La MaratreChapitre 60 sur 93 · VERNON, GERTRUDE · texte numérisé non relu

VERNON, GERTRUDE

GERTRUDE

Ah! je les ai... je vais les brûler dans ma chambre... (Elle rencontre Fernon.) Ah !

VERNON

Madame j'ai renvoyé tout le monde.

GERTRUDE

Et pourquoi?

Pour que nous soyons seuls à nous expliquer...

GERTRUDE

Nous expliquer!... de quel droit, tous, vous le parasite de la maison, preiendez-vous avoir une explication avec la comtesse de Grandchamp?

VERNON

Parasite, moi! madame, j'ai dix mille livres de rentes outre ma pension ; j'ai le grade de général, et ma fortune sera léguée aux enfants de mon vieil ami ! Moi, parasite ! Oh! mais je ne suis pas seulement ici comme ami, j'y suis encore comme médecin: vous avez versé des gouttes de Rousseau dans le thé de Pauline.

GERTRUDE

Moi?

LE DOCTEUR

Je vous ai vue, et j'ai la lasse.

GERTRUDE

Vous avez la tasse?... je l'ai lavée.

VERNON

Oui, la mienne que je vous ai donnée!... Ah! je ne lisais pas le journal, je vous observais.

GERTRUDE

Oh ! monsieur, quel métier !

LE DOCTEUR

Avouez que ce métier vous est en ce moment bien salutaire, car vous allez peut-être avoir besoin de moi, si par l'effet de ce breuvage Pauline se trouvait gravement indiposée.

GERTRUDE

Gravement indisposée... mon Dieu, Docteur, je n'ai mis que quelque gouttes.

VERNON

Ah ! vous avez donc mis de l'opium dans son thé.

GERTRIDB.

Docteur... vous êtes un infâme!

VERNON

Pour avoir obtenu de vous cet aveu. ..dans le même cas, toutes les femmes me l'ont dit, j'y suis accoutumé. Mais ce n'est pas tout, et vous avez bien d'autres confidences à me faire.

gertrude, à part.

Un espion! il ne me reste plus qu'à m'en faire un complice. (Haut.) Docteur, vous pouvez m'ètre trop utile pour que nous restions brouillés; dans un moment, je vais vous répondre avec franchise. (Elle entre dans sa chambre et s'y renferme.)

VERNON

Le verrou mis ! Je suis pris, joué ! Je ne pouvais pas après tout employer la violence... Que fait-elle?... elle va cacher son flacon d'opium... On a toujours tort de rendre à un homme, les services que mon vieil ami, ce pauvre général, a exigé de moi... Elle va m'en tortiller... ah ! la voici.

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