‹ La MaratreChapitre 69 sur 93 · PAULINE, FERDINAND · texte numérisé non relu

PAULINE, FERDINAND

PAULINE

Ah! mon ami, mon Ferdinand !

FERDINAND

Moi qui croyais ne plus te voir ! Marguerite sait donc tout?

PAULINE

Elle ne sait rien encore; mais cette nuit, elle apprendra notre fuite, car nous serons libres : tu emmèneras ta femme.

FERDINAND

Oh ! Pauline, ne me trompe pas !

PAULINE

Je comptais bien te rejoindre là où tu te serais exilé ; mais cette odieuse femme vient de précipiter ma résolution... Je n'ai plus de mérite, Ferdinand... Il s'agit de ma vie!

FERDINAND

De ta vie!... Mais qu'a-t-elle fait?

Elle a failli me tuer, elle m'a endormie afin de me prendre ses lettres que je portais sur moi ! Parce qu'elle a osé, pour te conserver, je juge de ce qu'elle ferait encore. Donc, si nous voulons être l'un a l'autre, il n'y a plus oour nous d'autre moyen que la

fuite. Ainsi, plus d'adieux! Cette nuit, nous serons réfugiés

Où?... Cela te regarde.

FERDINAND

Ah! c'est a devenir fou de joie!

PAULINE

Oh! Ferdinand ! prends bien toutes les précautions , cours à Louviers, chez ton ami, le procureur du roi , car ne faut-il pas une voiture, des passeports?.. Oii! que mon père , excité par cette marâtre, ne puisse pas nous rejoindre! il nous tuerait; car je viens de lui dire dans cette lettre le fatal secret qui m'oblige à le quitter ainsi.

FERDINAND

Sois tranquille. Depuis hier, Eugène a tout préparé pour mon départ. Voici la somme que ton père me devait. {Il montre un portefeuille.) Fais-moi ta quittance, [il metdel'orsur un guéridon) car je n'ai plus que le compte de caisse à présenter pour être libre... Nous serons à Rou en a trois heures; et au Havre pour l'heure à laquelle part un navire américain qui retourne aux Etats- Unis. Eugène a dépêché quelqu'un de discret pour arrêter mon passage a bord. Les capitaines de ce pays-là trouvent tout naturel qu'un homme emmène sa femme, ainsi nous ne rencontrerons aucun obstacle.

Page 1