‹ La MaratreChapitre 79 sur 93 · ACTE IV, SCENE XVI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE XVI

LE GÉNÉRAL

Que vas-tu lui dire ?

PAULINE

Vous allez voir.

godard, entrant.

Ah ! mon Dieu , mademoiselle est indisposée, j'ignorais , et je vais... (On lui fait signe de s'asseoir.) Mademoiselle, permettezmoi de vous remercier avant tout de la faveur que vous me faites en me recevant dans le sanctuaire de l'innocence. Madame de Grandchamp et M. votre père viennent de m'apprendre une nouvelle qui m'aurait comblé de joie hier, mais qui, je l'avoue, m'étonne aujourd'hui.

LE GÉNÉRAL

Qu'est-ce à dire, M. Godard?

PAULINE

Ne vous fâchez pas, mon père : monsieur a raison. Vous ne savez pas tout ce que je lui ai dit hier.

GODARD

Vous êtes trop spirituelle, mademoiselle, pour ne pas trouver toute simple la curiosité d'un honnête jeune homme qui a quarante mille livres de rentes et des économies , de savoir les raisons qui le font accepter à vingt-quatre heures d'échéance d'un refus... car, hier, c'était a cette heure-ci... (Il tire sa montre.) Cinq heures et demie que vous...

LE GÉNÉRAL

Comment? vous n'êtes donc pas amoureux comme vous le disiez? Vous allez quereller une adorable fille au moment où elle vous...

GODARD

Je ne querellerais pas, s'il ne s'agissait pas de se marier. Un mariage, général, est une affaire en même temps que l'effet d'un sentiment.

LE GÉNÉRAL

Pardonnez-moi, Godard, je suis un peu vif, vous le savez?

Pauline, à Godard.

Monsieur... (A part.) oh! quelles souffrances... Monsieur, pourquoi les pauvres jeunes filles...

GODARD

Pauvre!... non, non, mademoiselle, vous avez quatre cent mille francs...

PAULINE

Pourquoi de faibles jeunes filles...

GODARD

Faibles?...

PAULINE

Allons, d'innocentes jeunes personnes ne s'inquiéteraient-elles

pas un peu du caractère de celui qui se présente pour devenir leur seigneur et maître. Si vous m'aimez, vous punirez-vous ?... me punirez-vous?... d'avoir fait une épreuve.

GODARD

Ah! vu comme cela...

LE GÉNÉRAL

Oh ! les femmes ! les femmes !...

GODARD

Oh ! vous pouvez bien dire aussi : Les filles ! les filles !

LE GÉNÉRAL

Oui. Allons, décidément, la mienne a plus d'esprit que son père.

scèsiE xvn.

Les Mêmes, GERTRUDE, NAPOLÉON.

GERTRUDE

Eh bien, monsieur Godard?

GODARD

Ah! madame! ah! général! je suis au comble du bonheur, et mon rêve est accompli ! Entrer dans une famille comme la vôtre, moi... ah! madame! ah' général! ah! mademoiselle! (A part.) Je veux pénétrer ce mystère, car elle m'aime très-peu. napoléon, entrant.

Papa, j'ai la croix de mérite... Bonjour, maman... Ouest donc Pauline?... Tiens, tu es donc malade? Pauvre petite sœur!... Dis donc, je sais d'où vient la justice?

GERTRUDE

Qui t'a dit cela?... Oh ! comme le voilà fait?

NAPOLÉON

Le maître ! Il a dit que la justice venait du bon Dieu !

GODARD

Il n'est pas Normand, ton maître.

Pauline, basa Marguerite.

Oh! Marguerite!... ma chère Marguerite! renvoie-les.

MARGUERITE

Messieurs, mademoiselle a besoin de repos.

LE GÉNÉRAL

Eh bien ! Pauline, nous te laissons, tu viendras dîner

PAULINE

Si je puis... Mon père, embrassez-moi?... le général, V embrassant.

Oh ! cher ange ! (A Napoléon.) Viens, petit. {Ils sortent tous, moins Pauline, Gertrude et J\ apolèon .)

napoléon, à Pauline.

Eh bien? et mot, tu ne m'embrasses pas.,, quequ' Cas donc?

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