‹ La marchande du temple drame en cinq actesChapitre 32 sur 55 · LA MARCHANDE DD TEMPLE · texte numérisé non relu

LA MARCHANDE DD TEMPLE

BifNoxo Voyons, madame!. , puisque voua le voulez absolument, comptons.

H a * Gérard. avec empressement . Voilà, monsieur: qui lre-v icijst dit mille francs dans ce portefeuille, et un peu plus de dix nulle, représenté» par ce billet de banque, ce livret de la Caisse d'épargne, et une inscription de trois cents francs de renié à quatre c l demi.

lumovn, après oçoir prié et rJo«iw « que lui lionne I /*• Gérard . Vous me permettrez de trous laisser cri deux titres jusqu'à régularisation t je n'en pourrais rien faire maintenant... {Il rend à il Gérard le livret d’ inscription.) I.e legiiûaleur a prévu l'abus des richesse* ... trouvées, (Il prend du papier, une plume, et icr il u« reçu.) Pour swlde de tout compte et fin a tous intérêts entre feu monsieur Philippe Gérard et moi. . » Maintenant, j'ai touché, n ‘est-ce pas, madame, et vous a»ei le reçu ?... Je prends pour moi le billet de banque et je vous demande de me laisser offrir la monté de ret autres chiffon» à chacune de mes gentilles marchandes de ce matin.

M“* Gérard, avec indignation. Monsieur Raymond, nous ne jouons pas la comédie, sarhex-lc bien: Croyez-vous que uns pitié ni merci pour personne, la mere aura pleuré trois an* le saug de scs entrailles sur un labeur infernal pour vous donner aujourd'hui le facile plaisir de faire l’auniùne a ses deui enfant* f rvyhond, iausani tomber le portefeuille. Oh ! pardonnez-moi, madame, c'est vrai, j'aurais dû y songer; offrir de l’argent est une insulte; c'est pourquoi je me suis senti si froisse tout à l'heure quand vous m'avez parlé de m'en donner!... j Madame, je ne suis que riche, je ne suis pas heureut ! La Action des poètes était waie ; les coeurs j se glacent a mon approche; ce que je touche devient métal. Oh! si Philippe tût vécu... J'avais j bien une ambrlionqui était, je vous l'ai dit, notre j rêve à tous deux. Si j'orais ! Tenez, madame, sous parliez de tache tout a l’heure , vous craigniez pour l'honneur du nom de vos curants-.. Si j'osais, je vou» demanderais de la couvrir, cette ticbc.de le prendre pour moi, cet honneur. Donner moi en mariage une de vos filles ? couronnez ma vie! Que je puisse enfin m'appeler auBii Gérard, moi, due», voulez- vous !

sIthuik, à part. Être su femme. {EUc regarde Eugénie.)

et r.vMK. le k mains jointes. Oht mon Dieu !

Timothée. à Ji“ # Delarue. Ksl-co beau, hein ! «“• ntt vécu. Bl votre fils qui voudrait être son beau-frerc l

TiuorHBtt. Polisson... et avec qui ?

u Bf n sla ni p. Il n’a pas choisi encore.

TIMOTHÉE. Dréle !

u"' Gérard. après avoir réfléchi. Mon Dieu, monsieur Raymond, une proposition faite ainsi e»l tout ce qu'il y c de consolant et de beau sans doute... Mais vous ne savez pas, vous, et je ne tout souhaite de l'apprendre jamais, combien le malheur rend les meilleures impressions douloureuses et suspectes. . Vos paroles sont sincères, ti'esi-cc pas ?... C’est une demande, au inouï»? Ce n'est pas une transaction, ce n'est pas un marché? fixé vie, entraînée. Oli ! maman !

n vr il vue. l'arrêtant, Eugénie!

Raymond. Je suis à plaindre, madame, *cl ne puis que me taire- (Arec émotion ) J'espérais pourtant que mes parole» auraient meilleure chance d’être entendue*.

iiuoriiÉK. Madame Gérard, je crois aue tu as tort!... La vertu, cela ne veut pas dire qu’on >oil de bois, et à marchander cet homme-là comme tu le marchande*, on dirait vraiment que c’est lui quia péché. Je n'ai jamais vu la vérité, et je ne sais pas si Hle est bien de figure ; mais je suis sûr que quand elle pari", c* doit être cette to-i-là qu'elle prend.

i®‘ okl» nue. C'est logique ..

u m * Gérard Mai* songez donc, monsieur, vous »i riche et si haut! nous si pauvres et »i tombées! Sou s espion* ici... nous Sommes tranquille#, l’ob- » urité n'attire point le regard... Mais à voa célés ! dao* votre éclat ! Si quelqu'un .savait, si quelqu'un parlait u n jour ? Si eetnalhrureui condamné allait retenir, quel regret, dite»? Vous êtes chevaleresque et avcntureui, monsieur Raymond, ce qui vous plaît surtout, c'est de ne pas faire comme tout h monde : mai.» vous été* fort dans votre armure d honneur, et pour vous suivre impunément, il faudrait vous reaiemblor. Üonnei-moi du temps; que je consulte me* enfants Je leur dois

la paix à defaut du bonheur... hn attendant, reprenez ce qui vous appartient.

h » vuomi. Je le fais, madame, mais à une condition. Je voua dirai comme vous m'avez dit : car eu vérité, nos pensée* se ressemblent, et cette communion me plaît dans sa tritletse. I jl-ce sincèrement que vous me demandez d attendre, ou n’est-ce qu'un piéietie pour me faire prendre cet argent? Car j'ai peur, moi, madame-.. Je sais bien comme je suis; j'ai L'Age ou l'on ne se marie plu*... Le pané ne dirricn à l'avenir. Aussi n’esi-ee pj< une femme que je vous prie de me do nrr; mais une fille pour mon adoption paternelle, une fleur qui veuille bien seller à moi, vieil arbre qui m'offre pour lui servir d’appui ... Et toute voit se taira, je vous le jure bien; tout orage s'épuisera sur ma tête plutôt que de l'atteindre Elle n'aura pis b*‘oin de vivre pour moi... c'cst moi qui chercherai A mourir pour elle. Vous voyez que votre répoosd peut êlre prompte : plus vite je serai à vous, plus vile je vous défendrai .

m“* r.ÉHAHn, arec émotion. Le vœu de monsieur Gérard était le vûtre, en effet, monsieur, et je n'ai plus rien à vous opposer, quant A moi... Je suppose que mes lûtes feront comme leur mère, (elfe tes consulte du regard). Car enfin, je vous l'ai dit, vous êtes le maître ici; mais je suis aigrie, monsieur Raymond, et je craignais de vous vo : r faire avec nous de l'ostentation ou du roman. Lù richesse donne tant de fantaisie*! A revoir donc, monsieur. (Elle fui tend la main.)

Raymond. A quand, madame?

a** Gérard. Eh bien, voyons... à quinze jours ?

unon. Cestd.tr u*" géraud. C’est dit!

ravmomd. Une preuve!

a*** Gérard. U.jorüe?

Raimond. Que j'aie le bonheur de vous conduire ce soir toutes trois à la fête de cet hoiinèlc homme. {Il montre Timothée.)

Timothée. Oh! c'est pour le coup que ma fête sera la tienne, manie Gérard.

h“* Gérard. Cria vous fera-t-il hien plaisir?

RAYMOND. Oui.

m 01 * gf.rard, regardant tout le monde et souriant. A tous ?

TIMOTHÉE. Oui!

M** IHHIlUE. Oui!

fiiT.éwe. Oui!

a®» gérard. à Nathalie , muette . Tu ne di« rien, Nathalie? Kh bien, me* enfants, À notre toilette... la première depuis trois ans, pauvre» jeune* Olle»! (A II" Delarue et à Timothée.) Merci, mes amis , de m'avoir assistée dans ce bienheureux rachat. L'ombre errante qui plane sur nous en aura remercié Dieu! (A Raymond.) Voua êtes vraiment un ciecllent homme, monsieur.

Raymond , fati ûaisanr la mam. Je serai à votre porte d.in« une heure. (71 sort, il mt Gérard le reconduit.)

timothée. à II Delarue. Haut, marne Lame!

la dent est arrachée... à no* rangs I ( A Eugénie et à Nathalie. ) Faites-vous belle*, me* petites chattes. Il tort avec 17*»» Delarue, i

ki génie, à Soi huhe sur la rampe. Nous allons au bal toutes les dcui, bonne sœur. Que je suis donc heureuse!... et toi?

Nathalie, arec amertume. Moi! pourquoi moi?

Tu et bien plus heureuse que tu ne cro'is, Eugénie!... C'est loi qu'il épousera... Il l'aime!...

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