RAYMOND, HERNANDEZ
lilRNaNblt, frappant sur f'r'pauJe de Baymond. Qu'esl-ce que voua faite» donc la. mon nui ?... naTMOND, rurprif, r tnfcrruiNjMnL Ilot?... rien. BIMMMI , souriant. Est-ce que je TOU* gronde? Voti* fouillez dans le- meubles de votre femme, vous?
hiymond. Oui. aprè#?.,. D'alileur*. comment savez-. ou» que ceci est a madame Ray moisd ? Vous •avez donc au»ii ce qu elle y met ?...
iiMTAVDti. Je le lui ai vu dan* les main* hier. Lite serre là dedans tes secrets, sea papier».
havuoa©. Scs lettres?
Mr.Ni aniiez Oui. parbleu! Eh bien?... Pourquoi y regarder, heu., comme fvraii une femme Je li ambre ou uuuauiic intime? <.e n'ett pa* v->tra
«Ha ire» cher Uwiumal Non» de voua, uoua aau<* (
tk M AllCHANOE 1)U TEMPLE
quand la wgcase nous manqua, «voir assez d'eap/il pour deviner c« qui nous mquicm : uni clef* ou»re«l le* rotsacieuces, quand elie» sont buiuir*. non le* serrures Remette* ce rofTret « i* place, voulez- tou* ?... Si Ion vous voyait!
rayno.nd. Et ai je ne le voulai* pas, Hernandç»?
irRRNAJtvn. Ce *er*H malhonnête et m*ladroil, voila tou I. Mai* vous allez lu faire, mon ami . car vous ète* tout hnntena, n'est-oe pasf...
■ avmond. Comment doue étet-voui entré? ..
J a roi» dit...
URURANMrz, haussant légèrement lYÿoufe Où était-ee, dites f.'i
iuv aso mi désigne le lieu machinalement. Là. HRRMARDRZ. La, soit... Venez, (ff le conduit an pu <neou.) Raymond replace le coffret. A la bonne heure ' (fferenrtnJ et arec affection ) Voyons. Itaj* moud, mette*- vous là. (Il le fait auront Qu'a* czvou*?...
Raymond Qu’est ce que fêla vous fait?...
iiarnandu. Quoi? eu êtes- vous ÎI me parier comme un enfant boudeur?... Pauvre mul.nle!
je sàU bience que vuus avez ; vous éu* jaluui de voire femme.
Raymond, étouffant ta voix dan» un tony lut.
Oui!...
hcananiuu. Et pourquoi êtes-vous jaloui , Uaytnood ?...
MTaoiD, «Dec explosion. Vous me Jem«ndet pourquoi 1 Si c eu la «mre semirl, ne vous en «auto pas, médecin*. à qui il faut dire pourquoi l'on souffre I
HtRNAAB**. C’est ainsi, cependant. P.t nul que je sache ne p*ut quelque chine tout seul- C’est la raison qui fait que nous soignons si mal 1rs en* faut*... et le* fous. .
ratmok». Mal*, quand vou* la voyez, vous ne la regardez donc pas?,., oh! que oui. vous la regardé*! et de façon singulière, souvent! Regardez moi donc aussi en face. Urruaudri I.... Eli* est jeune, et je luis viruv... Elle brille et te ni’dteip»... Ou l'adore et l’ou me vénère! Voila pourquoi je suis jaloux.
rehnand* x Prétextes faut I ami thèse* d'amour propre que tout cela.
■aviso si», omc ditetpoir. Je l’aune enfin... et elle ne m’ai >m pa».
hbdnanoky. Imagination*!...
Raymond. Pourquoi ne me IVl-elle pas dit?...
Je voulais bien être son père, ne pouvais-je être son atm? J’aurais tout snuiîert de sa bourbe; la douleur de son aveu m’eû- elle ô.é le bmheur de mon pardon? Est-ce que je ne sais pas comme c’eitrtmpte? Dieu met ensemble 1rs jeunesses; les colibris nichent dans 1rs viens arbre* . mais leur vie est Rtre 1rs (leur*. J'aurai* compris que moftCerrle n* était pas le sien, pauvre étoile!... je lui txrtaîf pardonné, je vou* dis t RKRNA 9 &B 1 , à part. Et tu eu serai* mort, mal* hcumisU.
■as mono, continuant. Et maintenant j’aurai* oublié I Pourquoi pas? Je me serou con-olé en faisant le bien selon ma puissance et ma force . J 'jurais réformé dan* ee pays le commerce qui ruine et l'iudu*lriequi affame. Tant de prublèmi'i attendent peut-être de nmi leur solution! Ou se purifie sur ces hauteurs, Hernandez 1... le refard quitte l'individu, n*je*tueui erilévrmenul... Au lieu qoe rien J, . je n’ai plu* de volonté ; je ■‘ai plus dème! Ce qui agit ■’.ippi-lle de mon iuioi, mal* c» *1 tout: mes commis pensent pour moi; Ose» télégraphe parle pour mot. Je fais aao* voir ce q»c je fais, aujourd'hui comme hier! Plus d initiai!' e, de» habitude» . plus de cerveau. Je* doigts Tout î celte passion ba-se. vile, qui m’enveloppe de les haillons. Pour elle j interroge l'air, 1‘oiukre, l'eau; je soupçonne, j'interprète. iV|&; misérable ! je sms les gens qui passant! fout* l’heure, j'allais forcer un eoffn-; bur.j'ai failli décacheter une lettre! ! Il t'attied. ) Htavsivinz. Cher ami, je vois dan* tout cela de* résultat!... fort triste*, sans contredit ; mai* j'y cherche en vain dr* raisons. Qu’avez.) ou* saisi? Qu’avez-vous vu? On n'est pe* volé parce qo'Rti a peur dr Titre, que diable !
Raymond. Croyci-vous donc mon malheur enfant de tue* rêverie*?.,. Qu’est- re que cette tri* l*Mé qui l’accable? telle préoccupation qui me
la soustrait? Dans le monde enrlianté que je lui ai donné pour royaume, dans les fête* qu'on lui invente, variées a lasser la fantaisie, dans c»-l or qui rouie a ruisseau» autour d'elle, dan* ce pciprtuel holocauste de fortune a ses dé»ir», pourquoi son regard plein de ténèbre*?,.. Pourquoi son absence du milieu où elle vit?... Pourquoi, quand nous «ommi-s seuls, ses soubresauts a mon approche ou à ma soi»?..,
iichnandiz Alors, guérissez -vous, Haymond.
»ii ju plus jaloux: c’est assez d elle.
H itMOau. Comment?... que voulez-vous dire?.. iiumnandkï. Eh oui. elle est jalouse, cette modiste d'hier, de votre mondeau plumage éclaianl, de va* cantatrices, de vos danseuses, de vos fem- ‘ mes célèbres .. fout cela lui fait peur-, elle craint d’v pnrnitre inférieur*. pctiie, gaorlte. Elle connaît le péché mignon dr* langues bien pendues: l'idée de la comparaison l'irrite, relie des rappro- • bei-enl» la trouble, le souvenir du Temple, Il faute de «ou père, que sais-je I Vous connaissez mal les femmes, iffliocent millionnaire ; leur bonheur n‘r*i pas dans re que nous imaginons, mai* dan* ce qu’elle* veulent : no* invention* ne prévoient jamais leurs contradiction*. Il fallait lui demander sa guise et «on lui donner la vôtre K'sayez d’un voyage À deux, sans maison, sans train, à I avontuc-, comme Jean et Jeannette. Votre luxe l’écrase; vo* éternels trénemenls lui donnent de* nausées. A chaque estomac >a carte!
Raymond Je le lu> proposé. Vou* pensez dune que je ne cherche pas?.. N ou* devions partir aujourd’hui; elle ne l'a p«* Voulu. « Pas ee jourla, v a'rst-ell* écrire d un air étrange- J'ai fait autre chose: sa mère e*t soulTraote et ne vient jamais ici : clc hait <eU* maiaou, qui était au («■re de son mari; j’ai proposé a ma femme do conduire sa mère aux eaux, sans moi. « Jamais seule avec ma mère, » m a-t-elle répondu.
hhrnandez. Eli bien ?
raywovo. Cette crainte de sa mère, ce refuade partir aujourd'hui. qu'e«t-ee encore?
iiehxandrz. Malu-'C à soupçon , parbleu !
comme tout re qui pnin*e. fleurit. tonne et chante à la ronde! (RéjléchiseaiU.) Avez-vous remarqué qu elle eût rn aversion certains quantienir*?... certains jours ? ..
Raymond. Oui. le jeudi... et le vingt-deux.
HKu vamikz. C’est aujourd'hui le vingt deui, précisément. Et a quoi cette répugnance i-ouri ai t-eiln se rapporter, selon voua ? A quel maliieur ou à quel acculent de sa vie, par exemple ?. ..
Raymond. Je l’ignore; les deut malheurs de sa vie sont la mort de son p>-re et la mort de *a sreur - point de rapport. . J’ai demandé a madame Gérard, qui q a pu ou voulu me rien dire. Je le lui ai demandé a elle, qui a paru blessée.
iicnNSMiK/ Avez-vous observé que les dispositions atmosphérique* fussent pour quelque chute don* ses agitations?
Raymond. Oui. le temps orageux.
iiKHVANDaz L'époque de la journée 1 Raymond. Le soir.
liNRMtvnrz, réfléchissant. Nerveuse... passionnée .. superstitieuse . hiitnl. . Mon ami. je vous plains «iiir-arement, vous a«e» fait de la chevalerie, et l'evéïjement ne vous ,i donné que du petit prosaïsme. j'en ai peur au moint. Dites-moi. Ce qui vous fait le plus souffrir, c'est de ne pa* vous rendre Compte de vos soulïrauct* ?
Raymond. Sans contredit, lleriiandél.
nBNNANDtz. Ainsi, pour vou», la certitude est motus que la crainte?
raymond. La mort quand on voudra, il l’on me dit que c’est la mort.
iif.hv A\ntx. Oui, le mal connu, vou* été* fort, je vous «i vu a l'épreuve... Eh bleui...
Raymond, frémissant. Qu'allez- vou» médire?
hvrvvnim t. Moi? rien.CVit elle qui vous dira. Il y a, je crm*, un myster* dan* son hi*tnire : ce n'est p<s-equ« vous supposer, non. leoei vous à le savoir absolument?
RAYMOND. Oui.
hkrvanoks A tout prix?
RiYMosn. Pas au prit de ses jour», pourtant ! iiurv AVDE z. El si c'était des vôtres ?
■ vf MONO. Obi très-bien.
li*nvAvr>f;z. Jeu formidable de* passion*!... Il !
y jetterait «a vie pourtant, «an* songer j toute* celle* dont il répond. Les, ricins comme vous ont un peuple â nourrir, Insensé! Enfin, voyons!
( Il s'assure que peru,nnt n'éioutt.) Croyez-vous au magnétisme. Kaymood?
Raymond. Quoi? relie erreur de sens? ce charlatanisme ?
tiRRNANPn. Je ne vous parle pas du magné* Usine de» aflirhes, moi, ni ur celui de Cagliostrn. Je vous parle de la loi reronnue et coufruea depui* Hésiode, par Van Hi'lmuitt, par kirchrr, par Maxwell, par Campanrlla, pnr Jussieu, par Hufeland, qui assujettit le faible au fort, l'être aimant a I être aimé, comme l'action au regard , et le* esprits a la parole. Croyez-vous à ces rap- I port* merveilleux ?
Raymond. Je ne condamne pas co que je ne
comprends pis.
ucrnakdfz. Vous m'avez vu l'autre jour endormir cette jeune fille presque écrasé- par vos rbevans, et 1rs larmes vous en soi<t venues. A Is première crise où tombera madame il*ymond, fait s rumine vous m'avez vu faire ri veuillez fortement. C’est facile. Le sommeil obtenu sera déjà du calme pour votre pauvre léU; car, ti «aire foninic était coupable envers vou*, elle se défendrait et vous ne pourriez rien. Quand elle sera endormie...
Raymond. Eh bien ?
itr RNANDiz. Eh bien, parlrz-ltii ai vou* o»exl... El peut-être saurra-vous e- que vou* voulez savoir... A vo* risques et péril», entendez-vous, imprudent I .. C'est aux secrets de I* nature que vou* alb-z touch-r, et plut d'un qui vou* valait Men y e*t tombé f-udrojé.
RiTMONO. Mais je n'apprrndrai rien peut être, et elle me reprochera de l’avoir interrogée?...
iikrnandiz. Elle ne le saura pa*.
Raymond. Ilrniamlrt. . tout à l'heur* vou* m'avez empêché de violer un meuble, et à présent vou* me pruposes de viol-r une âme'* C’est étrange Voulez-vou* que je vou* dire, mon ami, vous me traitez en enfant, et vous me donnez une chimère pour joujou. Prend garde cependant 1 ai j 'allai* apprendre que je suis trahi?...
ntRNANDtz. C'est pour cela que vous allez me faire une promesse.
Raymond. Laquelle?...
iiKRxiM'Kz. De respecter, quoi que vous sachiez et voyiez, l’être sans conscience et sin» défense que la nature va vous soumettre. Quand l'homme t exhausse a ce point au-drs-u* des communs procédés. il emprunte o l'infini qu Ique chose de sa grandeur : en abuser «erait urul» fuit sacrilège. Vou* n'allei plu* être partir au prores, vous allez être le confcstrur de la victime. Vous avez voulu «avoir, voua saurezl Mats jurez mot de rrstet grand jusqu'au bout. Ni défiance, ni vengeance; de la loi, et de la charité !...
Raymond. Je vous le promets I
hrrmandrz. doRMMl h MM, Dlcn r .lt regarde dehors.) Je l'entends ; je vous laisse.
RxvunNn, gardant la Rwiin de H mandes. Je tr-mble !... Qu'avai* je donc encore à tous dire?... Ah! Rlreomoro est revenu.
iiRNüANnii*. Bah I
Raimond. Ou», il est à Paris. L’ami d* madame Gérard, Timothée, vient de inc l'apprendre.
HERXANiiu. C’est qu'il n'a plus d'argeut... Kl ü en veut. Comme cela coûte cher, un mvnsonge?