‹ La marchande du temple drame en cinq actesChapitre 5 sur 55 · LA MARCHANDE DO TEMPLE · texte numérisé non relu

LA MARCHANDE DO TEMPLE

r. fouir», t'aperçoit et court à lui. Von»

avez un malheur a ni annoncer. monsieur 1 ut aéorcrx. Calmez-vous, madame.

x" e cbrvhd. Oui, n'e*t-c« paa... mon mari r,i mourir?

ib médfliv Bonne madame Gérard, la nais- Mure peut ête* nue joie et la mort doit Aire une douleur pour eeui qui tmil témoins lorsque quelqu'un de plus arrive ou s'en va sur celle terre; et r'est pourquoi, sam doute, U nature a voulu que la nai«sanoe vînt à jour litr, et la mort on ne sait quand. J'ignore absolument si votre mari va mourir.

«“• Gérard. Vous l'arn dit h madame Delarue, pourtant.

TiuoruÉB, à part. Allons, bon! (On tonne.) J'y vais, i il tort, i

lk MéuaeM. J'ai dit à votre garde deux choie» qu'elle ni «es pareilles ne font jamais ; obéir et s« taire. Ce» femmes-la nous tuent la mui ié de nos malade». Mai» lai«»om tranquille madame Delarue; ma fooetlon n'est pnlnl de donner de l'esprit aux bête*. Madame Gérard, vous êtes une femme noble, courageuse et digne. Le devoir vous a trouvée Infatigable, comme le sacrifice, j'eu sol» sûr. tout trouverait résignée, rlTiftfurtuiie augus’e : j’ai pour vous un r««pert profond.

Veuiller me dire si vous avez été satisfaite de mes soins et si vous croyez fermentent que j'ai fait' pour votre mari tout ce qui était en mon pouvoir.

«•* gérard. S«n» contredit, monsieur; et j'ai r< tnercié Dieu chaque jour de vous avoir envoyé a non*, quand le désordre et les larme» remplissaient déli celte maison, quand tous disaient a la femme qu'elle allait être veuve et au« enfant* quHs allaient être orphelin* .. Si vous n'a*ci pas conjuré la mort, vous l'avez fait reculer au motus!... Soyez béni, monsieur, par 1rs miens et par moi !

Lt xÉnerix. Quel singulier htMrd cependant!

voyez, madame. Je quittais l'Espagne, mon i>*y«, jadis trrre sacrée de U grande médecine. aujourd'hui livrée nui Pigams et aut marchand* d'urviétan: au moment de m'embirtlner, je rencontre à Bilbao, un Français-* qui l'on avait tiré un coup de -pistolet par méfard* le prenant pour un douanier... Un furl mauvais cas, ma foi! Cependant il fai-alt froid, le sujet était sain, je le saute. Il veut me payer : je lui réponds que la vie est uqo marchandise fort variable dans «a valeur ci que je ne sais pas le prit de la sienne. Je suie ain«ï. volontiers, mot.t ciaire la médgr a ne une choie qui n'e»t pas à vendre, m>n plus que la conseil eu la cousolation. Qu'en dites-vous?

»•• 6r.ti.tnt>, préoccupée. Que voulez-voua, monsieur, il faut pourtant bk*n que chacun vive de ce qu'il sait faire !

L* nétM»T» Il faut que tort le monde vive, ce n'rst ras la quesdoa. Mol aussi |e vis, pirblctl ! d'un revenu qu'on m a laissé, bien ou mal gagné, je f ignore. Je revtena à mon blessé.

H*" c.gatnn. M m Dieu, mon» eur. ces détails sont pleins d'intérêt sans doute, mais. .

U Niitiici* Vont le» trouvez étranger» au sujet qui vou* occupe, n’esl-cc pas? lin peu de patience, chère madame Gérard! Mon Frnnç.iis, homme particulièrement ronflant et sy mpathique, quoique Singulièrement éprouvé. se prend pour moi d'amitié vive et me dit s n aff Grès; v.mt êir* cumme cela dans ce pays-ci Je venais en France, il allait au Brésil; il ava t à Paris des intérêt* graves, il m'en charge. Ma mission m'appelait pr uripalemeni cbez vous...

n** Gérard. Ab?.*.

Lt utORcm. Oui. Je me présente, tout un préleste, et je trouve malheureusement monsieur Gérard hors d'étal de m'entendre.

x“* of-riru. Mourant, aani voua... Oh! munsieur!...

U ■Koocin. brurfuemera. Mon Dieu, il ne (aut pas me remercier ni surtout ma bénir! je serais vraiment fâché de vous surprendre une reconnaissance que je ne mérite pas. Attendez. .. J ai d'abord été ici te chargé d'affaires plutôt que le médecine je vous en réponds ; et si j'ai essayé de ranimer i lotit prix ce que les autres croyaient éteint, c' était afin que votre mari m'entendit et ■ne parlât, madame.

«"* «Éa.tnn, à part. Cet homme me fait peur I te uenKciv. Puis, fat regvrdé, et la compassion n'rst venue a vous voie, vous, vua deux tilles et celui qui «Mit la tout a l'heure, professer comme un culte pour l'homme que j'éuls venu interroger. iJfolUKmriU Je V mr <»Y rurd.j Oui, je me »ui* dit que quirouque souffre» ce point, même p.ir «a f.iule, est inviolable comme le mineur, touchant et sacré coin me l'enfant, et j'ai soigné monsieur Gérard sans rés-fve. au risque de ne jamais remplit le mandat sévére qui m'avait été eonlié. La dualité ne vaut jamais rien, voyezvous. Aujourd'hui, madame, mon devoir est de vous le dire i la science ni les hommes, à mon avis du moins, ne peuvent plut beauroup en ce qui regarde mouleur Gérard; la nature, source éternelle qui donne et reprend tout, a seule le sccn-t de la durée actuelle de relie existence mystérieusement aitaquee. Vous n'avez d ne ni à espérer ni a désespérer ; vous ave* a être forte.

u“* GÉRARD. Je le serai, monsieur, je suis mère ! Mars, qu'est -re donc que cetie mission dont on vous avait chargé prés de muu mari?

IR néoeciv. Avant de voua counaltee comme vous êtes , madame, je Vous eusse probablement répondu sans trop Dlhar. Aujourd'hui, pour le faire, il me faudrait lYttremilé, et itou» n'en sommes point la encore. D'un moment a I autre, qui sait?... la situation du malade peut changer... ur.e erlse favorable...

■*• gérviid. De quoi donc peut-il être question. monsieur, qu'a moins d’un miracle, je n'en doive rien $»volr. moi?

lit xidcon. Madame, il y a des fait» qui meurent ei s .».«*vclis»ent av<-c leurs auteurs. A quoi sert de savoir ce qui peut-être ne -sera plus demain?

x** r, eus ko, arec anjnitte. Sitôt!...

U; mm cia. Pardon !... (4 Iiawi/i/rçai rentre.) Eli bien? ..

tixothék. Je crois qu'il dprt.

«■"* cérvid. Monsieur, vous avez vos secrets, et lu H-édcnn c«t un cunfe»œur. Uns question seulement. U seule qui me touche] 1. honneur du nom que nous portons, mes deux bile» et moi, a-t-il sa part dans re que vous ma cachez?...

lk. «admis. L'honneur du pom que vous portez ? Mais G- nom vaut par h f«çon dont on le ■porte, madame; on abaisse ainsi Ica plus grand». Comme on relève les plus abaissés.

m** Gérard. Oui. monsieur; mais le monde n'est pas composé que de $c*'érats et de héros II y a des gens «impies, et non* en tommes ici, qui trouvent plus facile de garder une bonne renommés toute faite, en imitant ni plus ni moins ta conduite de ceux qui la leur ont laissée. Je ne sais pas qui vous êtes, moi, monsieur!... Vous vous appelez llrrnandez, et vous venez d'Espagne. c’en très-bien. Je ne puis vous croire un méchant homme, puisque vous navet encore fait que du bien parmi nous : cependant, vos paroles cachent un mystère funeste, je le «en» 1 Elles testent sur mon errur, lourde» comme une Insulte . et me brûlent le* jouea comme une houle ... Qu'y a-t-il eulin? que savez voua de mon mari? J'ai quarante ans, monsieur. J'ai pesté avec Gérard la moitié de ma vie. J’étais une honnête bile quand il m'a prise, demandez! une ’-nfani du Temple, qui n'a point rougi de» «iens et ne les fera point rougir d'pile. A Timothée. F.*t-ce vrai, mon ami? {A Hernaudes ] Il sait cela... il répond de moi, loi qui m a mariée!. . Elle M jette eu pleurant dans le* brut de Timothée ) Gérard était riche d abord, et pui« des malheurs lui Sont venus; on ne sait jm toujours ce qu'on fait dans le commerce! Mais uu homme uc devient pas suspect pour avoir perdu, enfin! .. Si e'éialt pour avoir gagné, a la bonne heure... J'avais dé|.v mes deux enfants c'éiait mon tour de travailler... J'ai repris la boutique de ma mère, quoiqu’elle m’eût plus un bitieusemen* élevée dans iun amour! «I jamais depuis, sur l'homme courbé par l'infortune, ni sur la femme fortifiée par le devoir, uo mol méchant n a été dit. que je tache, pis plus qu'on compte deux fols réclamé!... Que voulez-vous de plus?... Je connais toutes les action* démon rnari depuis vingt ans, et j'en témoignerais devant le monde et devant G» juges, moi, sa lemme, glorieuse et flère do lui; entendez-vous, mon sieur?

i.r xlliiKCix. Madame, tout Ht possible, et l'erreur surtout. Que sais-je. moi? Une chose qui m'a été diie! Je ne l'ai pas vue. Un mot seulement : ronnirisiez-vous un Portugais du ikoi de lUecomoro ?

x-« gé«aro. cherchant. Rkcomoro?... un Portugais... Timothée?

TiMotnitR. Est-ce que ce ne serait pas un homme jaune, qui est venu ici il y a trois ans?

Gérard, tnmhUe. M«f* Il n’a fait qu’entrer et sortir, ret homme?., il n'a pas dit son nom...

timotiié»'. Faites excuse, znaine Gérard : c’est que tu ne l'as pas entendu.

x“* cérard. Visite fatale, en effet!...

lk médkcix. Il y a trois ans, c'est cela... Ainsi, vous l'aies vu, et vuu» savez qui c'est?.,..

m*” Gérard. Mou mari l'a vu, et non pas moi.

Qui est-ce donc?...

i l mRokuiv. C'est la victime d'une erreur judiciaire; un homme condamné pour un fait qu’il n'avait pus lornmis. Non qu’il fût irréprochable, d'nDleors. foin de la : rt il faut reconnaître que ses antécédents lui ont beaucoup nui dan» le procès. .Naturellement, sa peine finie, il a Cherché celui dont il avait occupé la place, et il parait qu'il l’a trouvé.

S“‘ GÉRARD. Où cela?

lk xÉnccix. Ici. A Paris, a" gérahd. Et que pouvait-il vouloir a mon mari ?

! B médecin. A monteur Gérard?..- Oh I je ne sais pas... Lui demander, peut-être, des renseigneitii’iiis... ou un secours.

iitsorués. Il n’était toujours pas poli, je m'en vante.

x*" Gérard. Vrfiis ne parlez pas de bonne fol, monsieur! Vous avez e,v ce moment une pensée qui me fait frémir. Pou 'quoi cet homme a-t-ll été condamné, je vous prie ?

LF vtsokciv. Pour falsification d'écritures, madame.

M** géra an. Timothée, sais-tu ce que monsieur me dit, a moi, è deux pas du lit uù Gérard se meurt?.,.

TiMornra. Quoi done, mon enfant?

X"* cérabd. Il me dit, Timothée, qne mon mari est un faussaire! %

TIxorurK. Ab! mon Pieu!

ut uÉnacii*. Ja ne vous «I rien dit de semblable, madame.

■••Gérard. Eté quoi donc tend votre discours depuis que nous somma* la, vous rt moi ? Qu'est-re que Imites Ce* plues** ténébreux» cl ces ouvertures eolre-bàGlée* ? True/, monsieur, je ne sais qui vous envoie, cl je vous avais ac cepté comme nous venant du cit-l! Pourtant si vous n'êles entré dans cette maison, e| si vous n'avez prolongé U vie d'un malheureux condamné, que pour donner* unepaulfé femme, qui ne vous a rien fait, mauvaise opinion de l'hniwne dont elle va porter le deuil, »ous vous fâ< lierez si vous voulez . fous nous abandonnerez si vuu* en avez le cie«tr; mais c'est la une Action détestable et impie, dont je vous éMBMlifii compte un jour, au nom de mon mari et deiant Dieu !...

le xÉntctx. Tardon, madame: je suis médecin, moi, et mon «ut me défend de mettre de la passion dans ce que je fais; que dn tend raie ni mes malades? .. Vous êtes, vous, une femme grande et enthousiaste, qui vous croyez, à l'heure qu'il e*t, outragée P ir moi dans votre mari... LAdessus il y aurait fort a dire : mais que m'importe, et à quoi’ sert que nous liiUlon* ensemble ?. .. Plu» un mot, tenez. J'aïmr mieux rester votre ami. si vous m en croyez toujours digne, .qne de m» fuire le juge de qui que ce soit. Après tout, j'ai promis ce que je pourrais, non ce que je ne pourrais pas.

M" r Gérard. Mais ce n’csl rien réparer, cela, monsieur !... Ce n'esl rien changer à ce que vous avez dit, entendez-vous?...

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