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mauvaise herbe, pour remplacer les machines usées par du tieuf, pour rémebtre en Ordre nos misérables chemins de fer, Et puis nous devrons travailer pour produire toutes les marchandises avec lesquelles nous paierons le tribut aux vainqueurs, Dans de pareilles circonstances nous restera-t-il assez de forces pour produire par notre travail, dans uñe mesure suffisante, ce dont nous avons besoin pour nousmêmes : denrées alimentaires, linge, vêtements, habitations ?
Nous sérohs pauvres, indiciblement pauvres. POuvons=hous dans une pareille misère nous offrir encore le luxe d’acquitter, sur le produit de notre tra-
.vail, un tribut à de gras prélats, à des comtes arTO-
gants, à dorgueilleux profiteurs de guëfre, à des rentiers oisifs ? Un peuple dévenu aussi pauvre peutil encore supporter que les maigres fruits dé son travail soient partagés de façon si inégale ?
Nous sommes {trop pauvres pour partager encore avec les capitalistes et les grands propriétaires le fruit de notre travail. fl est assez pénible qué sous forme d’'indemnité de guerre, nous devions payer tri-
but aux capitalistes étrangers : nous ne pouvons pas,
en sus, demeurer tributaires des capitalistes de chez nous. Dans notre détresse économique il n'y à qu'une issue : le socialisme ! La güérre, qui a mené là démocratie à la victoire, nous a contraints aussi à Marcher au socialisme.
-Mais comment viendrons-nous à un ordre socia-
- liste de la société ? Comment ferons-nous passer à -la collectivité nationale la propriété des fabriques et des mines, des forêts et des terres, des grands do- “maines et des gros capitaux qui appartiennent aüjourd’hui aux capitalistes et aux grands proprié-
taires ?
La révolution politique peut être l’œuvre d'un jour. Mettre à la place de la Monarchie la République, à la place des privilèges de quelques-uns légalité des droits, c’a toujours été l'affaire d'un seul coup, d'une
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12 LA MARCHE AU SOCIALISME grande heure. Beaucoup s’imaginent que la révolu- | tion sociale peut s’accomplir d’une manière aussi rapide, aussi soudaine que la révolution politique. En un jour, les travailleurs pourraient s’emparer d'un éeul coup de toutes les fabriques, mines, maisons de commerce, banques, propriétés foncières, 1ls pourraient en déloger purement et simplement les capitalistes et les directeurs : ce qui était le matin [a propriété des capitalistes et des grands propriétaires serait au soir la propriété du peuple qui travaille. Mais en est-il vraiment ainsi ? La révolution sociale peut-elle vraiment s’accomplir si vite et si simplement ? | Notre bien-être dépend de deux choses : 1° la quantité des marchandises qui de façon générale sont produits dans le pays; 2° la facon dont cette quantité est répartie entre les différentes classes de la société. Le socialisme veut d'abord changer la répartition des produits. Aujourd’hui le capitaliste oisif, qui à hérité sa propriété de Monsieur son papa, reçoit sur l’ensemble des produits de la communauté, une pari beaucoup plus grande que l’ouvrier assidu et capable. La société socialiste né connaîtra pas de telles différences. À la vérité elle ne partage pas les produits. dune manière absolument égale. Elle aussi devra payer mieux le travailleur assidu que le paresseux: sans Cela, il n'y aurait plus beaucoup d'assidus ; l'inventeur qui découvre de nouveaux. procédés,
l'homme industrieux, qui ouvre de nouvelles voies à
l'économie publique, seront aussi payés par elle davantage que ceux dont la tâche quotidienne s’accom-, pli sans souci : sans quoi il n’ÿ en aurait pas beau--
coup qui se donneraient du mal pour perfectionner
les procédés de travail. Mais c’est seulement le service
véritable rendu à la société, et non la propriété héri- …
tée, non le capital amassé sans scrupules, qui donnera des titres à une plus grosse part sur le produit du travail social, Aïnsi le socialisme changera d’abord. la répartition de l’ensemble des produits de là com-
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munauté. Mais la masse du peuple qui travaille ne pourra s'en réjouir que si en même temps la production n’est pas limitée. Car s’il arrivait que dans la société socialiste, il était produit moitié moins de marchandises que dans la société capitaliste, Iles travailleurs ne vivraient pas mieux dans cette société e£ >robablement même beaucoup plus mal que sous la tyrannie du capital : la répartition plus juste ne nous servirait de rien s’il y avait moins à répartir, Voila par conséquent qui trace sa route au socialisme : il doit organiser de manière plus juste la répartition des produits, sans que la production elle-même s’en ressentie.
Nous sommes devenus terriblement pauvres. L'avarie de tout notre appareil de production, le manque de matières premières, la diminution de Ia puissance | de travail chez des hommes non-alimentés fait que à nousproduisons infiniment moins de marchandises que ;
nous ne faisions en temps Ge paix. Gomme nous pro- | duisons moins, il s'ensuit que nous avons moins à F1 consommer. Plus le produit du travail est faible dans
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