‹ La maréchale d'AubemerChapitre 126 sur 155 · CHAPITRE XIIT. 'ITA · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIT. 'ITA

assez gauche et rougissant comme une fille. Le comte de Saveuse a insisté pour qu'on les plaçât dans un cabinet tout seuls, voulant, disait-il, pouvoir s'y reprendre à plusieurs fois pour retrouver le coup, sans être gêné par la galerie. Nous l'avons entendu donner des instructions au jeune homme, en lui recommandant de tenir fortement son arme. Un instant après, deux cris simultanés et la chute d'un corps ont frappés nos oreilles. Nous nous sommes précipités dans le cabinet, où nous avons trouvé le jeune homme debout, immobile comme une statue , un tronçon de fleuret ensanglanté à la main, et M. de Saveuse tombé à terre en proie à d'horribles convulsions. Un médecin qui se trouvait présent lui a donné les premiers secours ; mais le fleu-

ret cassé l'avait atteint au-dessus de l'œil et pénétré jusqu'au cerveau ; il n'a survécu que peu de minutes, et n'a articulé aucune parole. Gomment cet accident estil arrivé? nous en sommes réduits aux Conjectures , car l'infortuné qui a eu le malheur de le tuer, n'a pas pu prononcer une syllabe depuis le fatal événement. »

La maréchale, s'étant un peu remise pendant ce récit, remercia le narrateur qu'elle reconnut pour un des complaisants de Lionel, et après avoir donné des ordres pour la réception du triste cortège, et pour faire appeler, à telle fin que de raison, les gens de l'art les plus accrédités, elle retourna près de sa nièce pour la préparer au coup dont elle devait être frappée.

Deux jours plus tard , madame d'Au-

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