‹ La maréchale d'AubemerChapitre 125 sur 155 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

tomber sur la première chaise elle lui dit :

u Eh bien, monsieur?

— Hélas ! madame la maréchale, ma tâche est bien cruelle, mais j'ai cru devoir vous prévenir en précédant ici de quelques instants le corps, malheureusement tout à fait inanimé, qu'on y transporte.

— Où le duel a-t-il eu lieu ?

— Le duel? ah ! madame, il n'y a pas eu de duel ; le comte Lionel est venu de bonne heure chez ma mère lui demander à déjeuner. Tandis qu'on le préparait, il nous a entraînés, mon frère et moi, au tir de Jasmin, où il a brisé quelques poupées. 11 s'y trouvait d'autres jeunes gens; M. de Saveuse les a tous invités à venir déjeuner dans un café voisin, en envoyant mon

frère nous excuser près de ma mère. Il paraissait fort excité. On a bu du vin de Champagne, cependant il n'était pas gris. Il a proposé de se rendre à la salle d'armes; il n'est pas fort à l'épée et a été souvent touché , ce qui a paru l'exaspérer. — Je veux pourtant, a-t-il dit, apprendre à tuer un homme ; j'ai vu une fois en Italie un coup qui m'a paru immanquable. — Essayez-le, avons nous crié de toutes parts. — Non, non, il me faut, avant de vous le montrer, le répéter vis-à-vis de quelqu'un qui ne puisse pas le deviner. — J'ai votre affaire, a repris le maître d'armes, voilà monsieur qui en est à sa seconde leçon, et ne sait que tenir son fleuret d'un poignet fort vigoureux, — en indiquant un grand garçon

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