‹ La maréchale d'AubemerChapitre 132 sur 155 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

ignorant que Gudule du piège que la méchanceté de la princesse avait failli jeter sous leurs pas (car le pauvre Lionel en avait emporté le secret dans la tombe, et la maréchale s'était gardée de répéter le propos qu'on lui avait révélé), celui-ci ne conservait aucune animadversion et la rencontrait avec une complète indifférence.

Malgré les soins de Henri et l'empressement de ses amis, la maréchale retrouva avec un redoublement d'ennui l'isolement du foyer domestique. Les visites, si agréables qu'elles puissent être, suppléent mal aux habitudes de la famille ; madame d'Aubemer en faisait l'épreuve d'une façon sensible et ne songeait qu'aux moyens de se les assurera l'avenir. L'ennui ramenait ses souffrances, et l'hiver enfin achevé, elle

appela sa nièce à grands cris. La bonne Caroline, toujours prête à se sacrifier, ne s'opposa pas aux vœux de la maréchale ; et, pourquoi ne l'avouerait-on pas, Gudule elle-même n'y était nullement récalcitrante; l'anniversaire était passé, il ne restait plus que six semaines pour achever son deuil , et madame d'Aubemer proposait de les passer à JMagnan ville Ma-

gnanville rappelait de fort doux souvenirs qu'à présent madame de Saveuse se permettait de comprendre , et c'est avec une satisfaction fort réelle qu'elle s'y retrouva dans les derniers jours d'avril. Gudule était plus charmante encore qu'à sa première arrivée à Paris : à l'expression calme et sereine, quoique forte, de sa physionomie, s'était ajoutée celle d'une sensibilité

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