CHAPITRE XIV
et après avoir échangé leur étonnement en regards, elles l'exprimèrent en paroles : que pouvait-il être devenu? La maréchale avait bonne envie de sonner pour le demander ; mais Gudule la retint :
« Peut-être, se trouvant chiffonné de sa course, a-t-il été faire sa toilette?
— Ah ! ma tante !
— Eh bien, non, ne te fâche pas
Alors le saisissement l'a fait évanouir, et il est en travers de la porte ; veux-tu que j'y aille voir ? »
Gudule aurait admis cette version de préférence à la première ; mais ni l'une ni l'autre n'étaient exactes. Henri, inquiet de ne pouvoir maîtriser ses transports, et craignant de déplaire à madame de Saveuse, s'était arrêté au seuil du cabinet où il savait
ces dames seules, et s'était dirigé vers ia chambre de M. Ghevreux, voulant faire du naïf savant, qui certainement ne verrait que ce qu'on lui dirait, le témoin d'une entrevue que sa présence rendrait nécessairement plus calme. Le temps pris par M. Ghevreux pour ranger ses papiers avait causé le retard dont la tante et la nièce s'étonnaient ; mais, en voyant entrer Henri encore tout couvert de poussière, 'Gudule lança un regard de triomphe à la maréchale. — Sauf un peu de vermillon sur les joues, suivi d'une assez grande pâleur, sauf un tremblement insolite dans la voix pour dire des mots insignifiants, la réunion des jeunes gens n'eut rien de remarquable, et la maréchale, qui prenait vivement part à leurs amours, en fut assez désappointée. —