‹ La maréchale d'AubemerChapitre 2 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

quoi ?... Ah ! ce sera bien le dernier, j'en réponds. » Elle reprit sa lecture, puis la quitta : « Allons voir, pourtant, se dit-elle, ce que font ces ouvriers, éviter quelque bêtise... Puisque enfin je donne ce sot bal, il le faut convenablement arrangé. »

Les tapissiers ne faisaient aucune bêtise; ils démeublaient les appartements, accrochaient les lustres de relais, plaçaient des gradins pour l'orchestre, pour les fleurs, dressaient les tables des buffets et du souper.

Tout se préparait selon l'habitude des fêtes données fréquemment par la maréchale depuis nombre d'années ; il n'y avait rien à reprendre ; elle revint nonchalamment au salon qu'elle habitait le matin ; il n'était point soumis aux dérangements

imposés à ses voisins plus magnifiques et moins confortables. — Assise sur une pe- tite chaise devant le feu, les coudes sur ses genoux, la tête dans ses mains, madame d'Aubemer se prit à réfléchir profondément. Le résultat de ses méditations fut de faire appeler son maître d'hôtel et de lui donner de nombreuses instructions sur la façon de distribuer les rafraîchissements. Au dernier bal, elle avait remarqué un peu d'encombrement : elle pensait y remédier en installant un second buffet à l'extrémité des appartements. M. David y trouvait des impossibilités : comment le service y arriverait-il ? cela ne s'était jamais fait... La maréchale, assez impatientée de ces objections pour négliger de prendre son mantelet, le con-

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