‹ La maréchale d'AubemerChapitre 3 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

duisit vivement dans les salons et lui prouva qu'en se servant d'un escalier de dégagement rien ne serait plus facile.

M. David fut forcé d'en convenir ; mais il faudrait que madame la maréchale en prévînt elle-même mademoiselle Julie, qui ne permettait à personne de passer par cet escalier. Il conduisait chez elle, et elle n'entendait pas qu'on le salît. La maréchale ouvrit une porte qui donnait dessus, le vit très-bien ciré et couvert d'un tapis, haussa imperceptiblement les épaules et dit :

« Cela ne fait rien, David, je veux

un buffet là, et servi par cet escalier.

— Ce sera fait, madame la maréchale. »

Et M. David s'éloigna en se répétant

à lui-même que les fantaisies de madame

0 LA MARÉCHALE D'AUBRMER,

devenaient de jour en jour plus étranges. Madame d'Aubemer avait été saisie du froid en traversant ces grandes pièces dont on avait ouvert les fenêtres pour éviter la poussière, elle se sentit beaucoup de malaise. S'enveloppant dans son mantelet et rapprochant son fauteuil du feu, elle reprit sa lecture qu'un plateau couvert de lettres vint interrompre : « Encore ! » s'écria-t-elle, en jetant un regard de détresse sur sa table à écrire, déjà encombrée de billets. Tous, dans des termes plus ou moins familiers, plus ou moins exigeants, demandaient, au nom de sentiments éminemment touchants, des invitations au bal pour des danseurs charmants qu'il fallait encourager au goût de la bonne compagnie, des demoiselles naïves à leur pre-

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