‹ La maréchale d'AubemerChapitre 28 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sion, il obtint l'approbation de sa mère; elle se chargea d'expliquer au marquis, dont Lionel lui - même respectait les volontés, qu'un changement d'air étant propre à fortifier sa petite-fille, il en résulterait peut-être cet héritier qu'il souhaitait avec tant de passion ; c'était la bonne corde à toucher, et la baronne, avec sa grosse finesse vulgaire, l'avait senti. Une fois cette idée admise par le marquis, il devint le plus zélé partisan du voyage. Caroline n'osa s'y opposer; sa fille, élevée par elle à ne point faire les événements plus gros qu'ils ne le sont en effet, se résigna sans chagrin à une absence de quelques semaines qui plaisait à son mari et lui montrerait ce fameux Paris dont tous les habitants des provinces se faisaient

une si brillante image lorsque les communications, moins faciles, les en tenaient plus éloignés. — Elle n'aurait pas voulu y résider, mais elle était charmée ^ d'aller regarder les lieux dont sa mère l'avait si souvent entretenue, et fit ses apprêts de départ avec la gaieté sereine inhérente à toutes ses actions, la même dont elle accompagnait Lionel jusqu'au bout de l'avenue lors de ses fréquentes excursions dans les environs, la même dont elle saluait son retour, sans se plaindre lorsqu'il l'avait retardé au delà du terme fixé. — La comtesse Gustave observait le calme de cette âme pure dont elle connaissait toute l'énergie, et tremblait à la pensée de voir troubler une vie fondée tout entière sur un sentiment qui n'existait pas. La

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