CHAPITRE II
destinée s'accomplit sans lui causer aucun souci. Les quelques jours donnés aux fêtes des noces passés, la comtesse Lionel revint avec délices à sa vie de douce affection et de studieuse occupation. Cette paisible existence ne suffit pas longtemps à Lionel : sous prétexte de rendre des devoirs à ses parents, il passait une grande partie de son tempschezsamère,àGrosmenil,àUzerche, à Limoges, où il était accueilli comme un charmant cavalier par les belles dames du canton, et où ses chevaux, qu'il prêtait quelquefois, et la chasse étendue dont il disposait à Grosmenil aussi bien qu'à Saveuse lui assurait un succès égal auprès des hommes. Cette prépotence à laquelle la bonne compagnie ne l'avait pas accoutumé lui rendait fort agréable le séjour de
C8- LA MARECHALE D'AUBEMER.
la province, quoiqu'il professât hautement s'y déplaire beaucoup ; il n'avouait à personne l'ennui dont il avait été atteint à Paris pendant une dizaine de jours qu'il y avait passés peu avant son mariage ; il l'attribuait, à la vérité, aux visites de cérémonies imposées par son père ; c'est alors que le baron le présenta chez madame d'Aubemer ; nous avons déjà constaté quel avait été son succès auprès d'elle.
Dix-huit mois écoulés depuis le mariage de Lionel n'avaient rien changé à l'intérieur du château de Saveuse; mais le baron était mort, laissant à son fils une jolie fortune et une assez grosse somme d'argent comptant qu'il brûlait d'aller manger librement à Paris. Sous prétexte d'affaires de succès-