CHAPITRE III
— Gomment madame a-t-elle pu faire pour la voir ?
— Mon Dieu, j'ai regardé ; mais pourquoi d'ailleurs me le dissimuler ?
— Madame déteste tant les figures nouvelles.
— Ah ! des figures comme cela !.. où est-elle ?
— Nous craignions tant que sa présence ne déplut à madame, et nous pensions l'avoir si bien cachée !
— Mais enfin, qui est-ce P je veux le savoir.
— Hé bien, madame, ne vous agitez pas comme cela... c'est, puisqu'il faut vous le dire, c'est madame la comtesse Lionel de Saveuse.
— Quoi ! ma nièce avec cette figure d'ange !
— Ah ! madame peut bien le dire, et elle en a plus que la figure, car c'est un ange en effet.
— Gomment, c'est là ma nièce ! . . . Si elle revient, il faudra la laisser entrer dans ma chambre.
— Oh ! cela ne tardera guère, » reprit mademoiselle Julie en regardant la pendule, « elle n'est jamais deux heures absente. »
Bientôt, en effet, la comtesse Lionel fut introduite chez la maréchale ; elle ne fit aucune explosion de sentiment, ne prononça aucune phrase arrangée, se contenta de baiser la main que sa tante lui tendit et s'assit tranquillement près du lit.