‹ La maréchale d'AubemerChapitre 77 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de cour ne tentaient ni sa paresse, ni son intelligence, et il tournait ses vues vers les distinctions civiles. Arriver de bonne heure au gouvernement d'une province éloignée et arriérée dans la civilisation, ou bien d'une colonie importante, où il pourrait, en exerçant une sorte de vice-royauté, appliquer au bonheur des hommes les théories dont il s'enthousiasmait dans la solitude de son cabinet, tel était le but de ses désirs qui ne manquaient pas de grandeur ; il y rêvait une immense renommée et s'occupait constamment de son accomplissement. Marié très-jeune à une fille de grande maison qui lui apportait, avec une belle fortune, le crédit très-établi de sa famille à la cour, il se tenait pour satisfait de cette alliance, à la condition de

l'exploiter à son profit; car il avait promptement reconnu l'impossibilité de retenir la princesse de Montford dans les bornes de ses devoirs, et renoncé à toute prétention de lui plaire. Dans un temps où le ridicule était une puissance, il avait deviné combien il s'en attacherait à la jalousie de l'éléphant courant après un si léger papillon, et avait semblé lui donner la plus libre volée. Bien moins complète cependant qu'elle ne le paraissait ; car la princesse Simon n'ignorait pas qu'il lui fallait toujours obtempérer aux volontés de son mari dans ce qui pouvait être utile à ses vues d'avancement; elle s'y prêtait, au reste, de bonne grâce et ces deux époux, également immoraux, employaient à leur profit mutuel, l'un ses succès de mode.

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