‹ La maréchale d'AubemerChapitre 76 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

nant, laissait apercevoir un gracieux col de cygne éclatant de jeunesse; ses cheveux, séchés et roulés négligemment sur ses jolis doigts pour les écarter de ses yeux , avaient repris leurs souples et soyeux anneaux ; la lourde robe de drap restait encore, mais sa mauvaise coupe ne suffisait plus à satisfaire l'animadversion de la princesse de Montford contre celle qu'un instinct secret lui dénonçait pour rivale ; la haine n'eut pas de peine à descendre dans un cœur irrité et méchant, et elle s'y installa dès lors méditant sa vengeance.

Lionel cependant nageait dans la gloire; l'érudition de la maréchale lui paraissait, à cette fois, on ne saurait mieux placée, et il jetait autour de la table des regards

modestement orgueilleux qui voulaient dire : « vous voyez combien j'ai droit à prendre place parmi vous. » Sa femme était retombée sous le bavardage de la marquise de Rieux, et le prince Simon soutenait une conversation animée avec la maréchale et Henri d'Estouteville. On se serait fort trompé en prenant le prince Simon de Montford pour l'être apathique qu'il paraissait au sujet de sa femme ; il avait au contraire beaucoup d'esprit, des connaissances très-variées et infiniment d'ambition ; menacé, dès son adolescence, d'un rare degré d'obésité, il avait de bonne heure renoncé à la carrière militaire, aussi bien qu'à toutes les distractions ordinaires à la jeunesse, et s'était fait des habitudes studieuses ; l'activité oiseuse des places

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