‹ La maréchale d'AubemerChapitre 86 sur 155 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

de coquetteries envers ce mari qu'elle voulait avoir dans sa dépendance pour en tourmenter la femme; elle ne savait pas au juste comment elle s'en servirait, mais c'était un moyen à ne point négliger. Si elle réussissait en même temps à exciter la jalousie de Henri, dont le refroidissement lui devenait sensible, ce serait un double profit. Elle n'osait trop s'en flatter tant cela lui semblait absurde ; mais les hommes ont aussi leurs petitesses ; .Lionel était très-beau, plus beau que d'Estouteville incontestablement, et madame de Montford, les regardant tous deux, se l'avouait en expliquant par là l'humeur de Henri. La soirée ne fut pas agréable. Le comte d'Estouteville paraissait triste et ne faisait de frais pour personne ; Lionel,

encouragé par ses succès, était insoutenable. Madame de Saveuse, accaparée par madame de Rieux, s'ennuyait bien un peu. Le whist, le rëversis et le trictrac occupaient le reste de la société ; la princesse de Montford, seule, se divertissait également de l'humeur de Henri et de la joie de Lionel.

On faisait cependant de grands projets d'amusements pour les jours suivants ; la duchesse proscrivait la comédie comme trop mondaine pour l'époque de l'année, mais tolérait les proverbes, supposés impromptus, quoiqu'on dût faire le matin des répétitions ; M. de Rieux, le grand imprésario^ distribuait les rôles, Henri d'Estouteville acceptait sans difficulté tout ce qui lui était proposé ; la maréchale re~

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