‹ La maréchale d'AubemerChapitre 89 sur 155 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

(( C'est une horreur ! . . . C'est punissable ! . . . le mari d'une jeune femme!... En sa présence!... Brouiller un ménage!... et désoler de plus ce pauvre Henri!... car, soyez-en sùve, ma chère, je le connais bien, et, comme je vous le disais, il est parti au désespoir, uniquement pour fuir ce spectacle... »

Madame de Saveuse était bien aise de pouvoir s'expUquer à elle-même le sentiment d'isolement, de souffrance qu'elle ressentait depuis son séjour à la campagne, par la douleur poignante que lui causait les révélations de madame de Rieux. Les tendres assiduités de Lionel devaient tout naturellement l'affliger, puisqu'elles choquaient autant les autres, et, retirée dans sa chambre, les larmes vinrent à son se-

cours pour exhaler le chagrin de son cœur. — Elle avait ignoré jusque-là les relations de Henri avec la princesse, car elles étaient trop établies pour qu'on en parlât encore. Elle s'en étonnait un peu, ce qui faisait qu'elle y pensait beaucoup. Il lui semblait qu'il y avait peu de rapport entre leurs goiàts, leur manière de voir, de s'exprimer, et surtout de sentir; elle se laissait tellement envahir par ces réflexions qu'elle en oubliait presque son propre chagrin. Ses larmes pourtant coulaient toujours abondamment , son amère aversion pour, la princesse Simon ne s'adoucissait pas : elle lui en voulait plus qu'à Lionel ; cela n'était peut-être pas très-juste, mais enfin il en était ainsi. — La nécessité de reparaître au salon la força à prendre sur elle

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