‹ La maréchale d'AubemerChapitre 98 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

révoltée... D'Estouteville, au reste, ne lui

avait-il pas assuré qu'habilement dirigée la petite jouerait d'autant mieux son rôle qu'elle le comprendrait moins? Toujours inquiet de la supériorité qu'il ne pouvait s'empêcher de reconnaître à sa femme, Lionel se trouvait extraordinairement flatté que Henri le plaçât si hautement en première ligne.

Avertie par la lettre de madame d'Aubemer, Caroline avait engagé la baronne de Saveuse à rappeler péremptoirement son fils ; mais celle-ci, avec l'obstination entêtée qui lui était ordinaire, affirmait que Lionel désirait fort revenir, et s'il restait à Paris c'est que sa présence y était effectivement indispensable. Caroline n'ayant pu la tirer de cet ordre d'idées

écrivit à sa fille que son devoir la devait retenir auprès de M. de Saveuse; et la triste Gudule dut se conformer aux ordres qui lui arrivaient ainsi de tous côtés. Cependant elle dépérissait, ses belles couleurs se fanaient, sa gaieté s'altérait. Madame d'Aubemer remarquait ces changements et les attribuait aux inquiétudes causées par la conduite de son mari. La voyant très-pâle un matin, elle lui dit ; a Vous êtes souffrante, Gudule?

— Un peu, ma tante ; ce beau soleil m'attriste au milieu des murailles de Paris.

— Eh bien, allons à Magnanville, vous y trouverez au moins des arbres et de l'eau, à défaut de vos montagnes.

— Ah! oui, matante, allons à Magnan-

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