‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 119 sur 145 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Vous n'avez donc pas entendu qu'il a dit: — Je ne me battrai pas avec un misérable enfant trouvé?

— Si c'est la vérité, monsieur, qu'y faire?

— Qu'y faire? ô mon Dieu! mais ce qui est vrai aussi , monseigneur , c'est que vous m'avez pris pour écuyer , c'est que celte épée m'a été donnée pour vous suivre partout où il y aurait péril , partout où il y aurait à éloigner de votre poitrine Tépée du duel ou la pique de la bataille, et cela , sans m'informer si elles étaient tenues par un noble ou par un vilain!... C'est pour défendre votre nom , votre bonneur, que cette arme m'a été remise 1 et ce qu'elle doit faire pour vous, elle ne le ferait pas pour moi ! Mais si je ne puis la tirer, celte épée, pour me venger, pour tuer celui qui m'a outrajjé, je ne le pouvais i.on plus pour soutenir votre querelle, pour f;iire Irioniplier voire <;ri d'armes et vos couleurs!... et vous dites : Qu'y faire?... Mais vous m'avez donctrompé, indignemenllroinpé, en me laissant prendre une arme qui. bonne apparemment pour vous servir et vous défendre, devaitétrc', quand j'en au lais besoin pour moi, moins qu'un roseau enlro mes mains! En me livrant à l'outrecuidance de voire indigne cousin , vous saviez donc (|ue j'avais les mains liées devant son indolence!

— Salnt-Sornin a eu tort en vous insultant, s'il est vrai qu'il ait été l'agresseur; mais s il refuse de se battre avec vous, qui n'êtes pas geutilliomme, je vous le répèle, je ne puis qu'y faire.

— Quoi! vous ne forcerez pas Tinfâme à nie rendre l'honneur , à croiser son épée contre la mienne? Les couleurs que je porte sont les vôtres, monsieur; il vous plaît donc de savoir qu'un lâche les a flétries?... Mais non, monsieur, il est impossible que vous vouliez cela, que vous me disiez : Enfant, je t'ai pris auprès de moi avec la pensée que tu serais déshonoré à la première occasion où tu te trouverais avec des bravaches et des fanfarons ; et celte occasion ne peut manquer de venir , car je me plais dans la compagnie d'un fanfaron, d'un bravache ! !

— Monsieur!...

— 11 est impossible que vous ne disiez pas à l'infâme de répondre à ma provocation, que vous ne lui ordonniez pas de me tuer honorablement, au grand jour, devant ceux qui ont été les témoins de son outrage! 0 mon seigneur, mon seigneur, j'embrasse vos genoux! c'est ma destinée que vous tenez entre vos mains... je ne

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