‹ La maréchale de Saint-AndréChapitre 144 sur 145 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

— Vous les aurez, quand nous serons tous les deux à Paris... seulement le temps d'aller faire un tour chez le trésorier de la couronne.

— Ce maudit deSion, il fait des affaires avec Tunivers entier !... Tu prêtes peut-être aussi de Targent à Catherine.

— Non , monseigneur , c'est elle qui m'en prAte.

— C'est possible , car celte femme-là paie "* tribut à Satan.., C'est une rude partie que nous

avons engagée hier, monsieur notre ami , ajouta M. de Saint-André en secouant la tête.

— Monseigneur se repent-il déjà de ce qui s'est fait et dit pendant la conférence?

— Je ne dis pas cela... Ouvre un peu les rideaux de cette fenêtre , Isaac , et vois le temps qu'il fait... Aurons-nous un beau jour pour revenir à Paris? Cetie Catherine est une terrible femme , ajouta le maréchal en se mettant sur son séant, et je ne sais vraiment où j'avais l'esprit, moi, quand je me suis ainsi avancé contre elle !

— Il fait un temps superbe, dit le juif en regardant par la fenêtre. Les portes sont iléj;i ouvertes... et voici deux voyageurs qui se mettent en route.

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— Sonl-ceMM. de Montmorency et de Guise?

— Non... c'estunhommenoirà pied, qui suit un jeune homme à cheval... Je ne me trompe pas... voilà qui est singuher... ce jeune homme est voire écuyer, Mézières. . .

— Pas encore parli ! s'écria Saint-André avec colère, et que fait-il depuis hier qu'il devait se mettre en route? Mais enfin il s'en va, dis-lu?bon voyage! m'en voilà débarrassé... J ai autour de moi, ajoula-t-il en regardant du côlé du juif, bien assez de figures qui me déplaisent!... En vérité, je nai que trop longtemps gardé à mes côtés cet espion , et mon brave Saint-Soruin , qui m'en a délivré, m'a rendu un service dont je lui tiendiai compte.

Il attira à lui son manteau dont il s enveloppa comme pour se lever.

— J'ai peu doimi cette nuit, reprit-il... Oui, Isaac , c'est une rude ennemie que nous nous mettons là sur les bras... c'est toi , ce sont tes conseils qui m'ont poussé si avant dans la déclaration de guerre que nous avonssignéehier. ..

— Voici , dit le juif toujours à la fenêtre , voici une litière qui se met aussi en roule. M. de la Bourdaisière l'accompagne chapeau bas... Il y a dedans deux femmes.

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